02 avril 2008

En Primeur

Mes oreilles à Bordeaux me rapportent les premiers commentaires sur les 2007 dégustés en primeurs: "Plutôt fruités, agréables à boire jeune". Le genre de sentence pas vraiment pertinente pour l'achat en primeur! A moins qu'on s'intéresse à la revente immédiate en primeur...

Plus sérieusement, j'entends dire que les meilleurs vins ont du charme (dixit Steven Spurrier dans Decanter) - pas la structure d'un grand millésime, mais du charme.

On dit aussi que les Graves s'en sortent particulièrement bien. Pour avoir visité Malartic Lagravière au moment au pointait le fameux "été indien" qui a sauvé le millésime, je peux comprendre. Idem pour Sauternes - mon ami Bernard Sirot (Château Closiot) m'avait déjà fait le topo.

Ce n'est que le début de la semaine des Primeurs, bien sûr. Mais déjà, on se prend à sourire: et si l'on attendait quelques années de barrique avant d'émettre un jugement?

08:30 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

01 avril 2008

Vin et grande distribution

Je lisais récemment dans la Revue des Vins de France ce commentaire d'un acheteur de Carrefour France, Benjamin Stainmesse: "Notre rayon vins, qui est pourtant l'objet de nombreuses mises en avant dans nos catalogues, n'est pas rentable".

Deux questions angoissantes me viennent à l'esprit.

Primo, où Carrefour regagne-t-il l'argent perdu? Il y a forcément des marges trop élevées sur d'autres articles, puisque l'entreprise déclare des bénéfices.

Secundo, pourquoi Carrefour n'abandonne-t-il pas purement et simplement la vente de vin? Ce que Migros, en Suisse, dit faire pour des raisons éthiques, Carrefour pourrait le faire pour des raisons économiques. On ne voit pas pourquoi un grand distributeurs mondial se condamnerait ainsi à vendre à perte - d'autant que la vente à perte est interdite, non?

Imaginons demain un secteur du vin où les très grandes surfaces de ce type seraient absentes. Cela fait peur, non? Il faudrait bien sûr organiser cette sortie. Trouver de nouveaux débouchés pour les vins de GMS. Déboucheurs liquides? Anti-gel? Vinaigrerie? On devrait aussi rééduquer certains consommateurs qui achètent au prix. Leur faire comprendre qu'à moins de 5 euros, il est difficile de faire un vin de rendement normal.

Bon, c'est le genre de chronique qui ne me vaudra pas que des amis, mais il fallait que ça sorte. Et ce n'est pas la Compagnie des Vins du Grand Sud-Ouest,  mise en liquidation pour avoir cru pouvoir faire des affaires avec le hard discount, qui me contredira...

18:41 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |