09 avril 2008

Marcel Lachiver, l'historien du vin, disparaît

Corinne Lefort (RVF - In Vino BFM - Université Populaire du Goût) nous fait part de la disparition de Marcel Lachiver, le grand historien français de la Vigne et du Vin, à l'âge de 73 ans.

 

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Petit-fils de paysans, instituteur, puis professeur d'histoire moderne à l'Université de Paris-X-Nanterre, Marcel Larchiver poursuivit les études menées par l'historien Roger Dion sur l'histoire de la vigne et des vignerons, en publiant en 1982 sa thèse: Vin, vigne et vignerons en région parisienne du XVIIe au XIXe siècle.
 
Homme humble et généreux, passionné par le patrimoine agricole, il contribua à mieux faire connaitre au grand public la place prépondérante de l'agriculture et de la viticulture française à travers les siècles. Dans un souci de véracité historique, il aura contribué à redéfinir et positionner la part du vin dans sa globalité culturelle, économique et sociale.
De renommée internationale, il restera à jamais l'historien du vin.

 

Corinne Lefort

 

21:14 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

08 avril 2008

Faut-il croire dans la révolution française du vin?

Même si les ventes du Champagne et des grands crus masquent le problème, la France des vins est handicapée à l’exportation. Et c’est Viniflhor (office interprofessionnel français  ayant le vin dans ses attributions) qui le dit.

Ce handicap, curieusement, ce n'est pas tant vis-à-vis des pays du Nouveau Monde qu'il se fait sentir, que vis-à-vis des autres pays européens producteurs. On lit souvent que le vigneron français ne peut lutter contre les prix de revient de ses homologues du Chili, de l'Afrique du Sud ou de l’Argentine. Mais ses principaux concurrents, sur les marchés internationaux, sont l’Espagne et l’Italie. Et la comparaison avec ces deux pays ne tourne pas à l'avantage de la France.

Viniflhor a comparé les prix de revient du kilo de raisin dans 15 pays producteurs. Si l'indice 100 est la moyenne de cet échantillon, alors la France est à 124 (Champagne exclu, car avec le Champagne, on monte à 153). L'Espagne, elle, est à 47.

Surtout, l'écart se creuse. Entre 2000 et 2005, le rendement moyen dans le vignoble français a baissé de 5%. Dans le même temps, il augmentait de 4,5% en Italie, et de 31% en Espagne.

Bref, avec des couts de revient toujours plus élevés (et pas vraiment de maîtrise de ses rendements, fixés par décrets), le vigneron français ne peut guère espérer s'en sortir que par une différenciation qualitative. Oui, mais il y a-t-il un potentiel de clients suffisant dans les pays émergents pour des produits de première classe? Pas certain, et c'est pourquoi l'idée d'un secteur à deux vitesses (de vraies AOC d'une part, des vins purement marketing de l'autre) fait son chemin. 

Difficile de prédire l'avenir de cette "révolution" du vin (révolution pour la France, particulièrement conservatrice sur ce chapitre jusqu'à présent).

Tout dépendra, comme d'habitude... des décrets d'application!

06:53 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |