25 juillet 2008

Cognac La Menècle

Si vous êtes un jour, comme moi, en vacances dans le Périgord Vert, l’envie vous prendra sans doute d’aller explorer le Cognaçais voisin. Et comme je vous connais, vous voudrez ramener quelque souvenir liquide de cette belle contrée.

Deux possibilités : la voie royale qui mène à Cognac et ses grandes maisons. C’est sûr, la ville et ses vieilles pierres valent le détour, les musées des fabricants aussi. Rien à redire.


Mais vous pouvez aussi choisir la route buissonnière, celle qui passe par Aubeterre.
Aubeterre-sur-Dronne, joli bourg angoumois ; sa colline, ses remparts, ses loueurs de kayaks, son église monolithique souterraine, son musée de la poupée, son marché du dimanche... Comme je n’ai pas l’ambition de monter un Office du Tourisme, je m’arrêterai là. Ou plutôt, je poursuivrai ma balade en direction de Chalais. Là, passé Saint Romain, vous arrivez à Rouffiac. Un peu avant l’entrée du bourg, un panneau annonce fièrement «Domaine de La Menècle, Cognac, Pineau des Charentes». Alors vous vous dîtes que c’est gagné; pas du tout, le paradis se mérite, et c’est en pleine cambrousse charentaise, après quelques détours, que vous apparaîtra le Graal. La Menècle, c’est ce qu’on appelle un écart, en jargon toponymique. D'ailleurs, c'était une commune à part entière jusqu'au milieu du 19ème siècle.

 

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La Menècle vous attend (photo H.Lalau)

 

Commune ou pas, le jeudi midi, La Menècle, c’est assez calme. Sauf que deux chiens menacent de mordre vos roues, et que vous hésitez à descendre pour sonner et annoncer votre arrivée. Heureusement, une gentille dame vous sauve la vie et rentre les chiens (sympathiques, au demeurant, mais on ne pouvait pas savoir).

Comme je demande à faire la visite des installations, la dame me présente à M. des Courtils, Bernard de son prénom. C’est son fils Jean qui s’occupe aujourd’hui des vinifs. Mais le paternel connaît encore très bien son affaire.
D’emblée, il me tend deux petits verres et prends les rènes de la dégustation : «Je ne vous fais pas goûter mon trois étoiles, pas que j’en ai honte, mais c’est plutôt pour les cocktails». Alors la mise en bouche se fait avec le VSOP.

Il est à peine midi, alors j’accroche solidement mes papilles; mais j’ai tort, on a beau être au bout du bout du Cognaçais, ici, on ne fait pas dans le tord boyaux. Le nez, très expressif (écorces d’agrumes, cannelle) vous mène vers une bouche onctueuse, plutôt civilisée.
Puis le maître de céans débouche une bouteille de Vieille Réserve. Et là, c’est l’illumination.
C’est comme un escalier. Imaginez le produit précédent, mais tout un cran au-dessus.
Le nez est encore plus complexe – aux écorces d’oranges se marient les épices orientales (cardamome, curry), la badiane… en bouche, l’élevage plus long se traduit, non pas par des notes plus boisées, mais par une matière plus fondue encore, avec de notes de poire et de prune. Aucune trace de ce caramel qui séduit les cuistres. Et quelle longueur... Le beau Cognac authentique, quoi ) à l'image de M. Descourtils, qui à mon départ, exhibe un superbe T-shirt "fier d'être fermier".

 

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Bernard Des Courtils (Photo H. Lalau) 

 

Bon, ce n’est sans doute pas cette ce genre de produits qui fera grimper au rideau les vieux Chinois. Et je doute qu’un rappeur de Philadelphie y consacre un jour une chanson. Hennessy et Les Courtils ont beau orner leurs flacons de la même AOC, ils ne jouent pas dans la même pièce. Mais dans le verre, je me prends à douter. Les Cognacs de Menècle sont le fruit d’un seul terroir – l’extrême sud des Fins bois – l’outil de production (alambic, barriques) est correct, mais sans fioritures. Rien à voir avec les superbes chais des grandes marques, et je ne vous parle pas des approvisionnements.

Me revient en tête tout ce qu'on m'a raconté des crus de Cognac, sur la complémentarité de la Grande Champagne et des Borderies, et j'ai soudain comme un doute. Il me faudrait aller vérifier sur place...

Si vous n’avez pas le temps de passer par la Menècle, vous pouvez aussi acheter les produits du domaine sur la place d’Aubeterre. Mis à part les Cognacs décrits ci-dessus, on y découvrira une jolie  gamme de pineau (j’ai flashé pour le blanc Vieux), ainsi que des VP Charentais.

Domaine de La Menècle, F-16210 Rouffiac, 00 33 5 45 98 10 97

20:38 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

09 juillet 2008

Une étude voit le vin français reculer d'ici 2015

Une étude du Crédoc, réalisée pour les Vignerons Indépendants, prédit que la production française de vin passera de 52,8 millions d'hectolitres (moyenne sur la période 2000-2004) à 43,9 millions en 2015.

Ce qui placerait l'Espagne devant la France. En terme d'exportations françaises de vin, l'étude prédit aussi une baisse de 1,1% par an jusqu'à 2015. 

09:23 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |