09 mai 2008

Sarko, un an après

Sur Vitiblog, un certain Guillaume "fête" à sa façon l'anniversaire de l'arrivée de Nicolas Sarkozy à la tête de la France des buveurs d'eau... et des autres. 

 Un an après son élection, Nicolas Sarkozy a-t-il tenu les promesses faites aux vignerons ?

Cela fait aujourd'hui un an que, pour la première fois de son histoire, la France est dirigée par un buveur d'eau.


Mais avant son élection, le président de la République avait pris des engagements en faveur de la viticulture, obtenant ainsi le soutien de nombreux vignerons qui, oubliant l'abstinence du candidat, lui avaient accordé leurs suffrages.

Le 5 février 2007, invité de l'émission "Posez-moi une question" sur TF1, Nicolas Sarkozy avait été interrogé par deux vignerons auxquels il avait présenté "trois mesures" pour soutenir la viticulture :
"D’abord je veux un meilleur partage de la richesse avec la distribution. Il faut que vous les viticulteurs vous vous organisiez et vous vous rassembliez plus fortement parce que la création de valeur est trop prise par la grande distribution par rapport aux viticulteurs.
 
Deuxièmement, je veux qu’on arrête avec des importations de vins qui ne correspondent pas aux critères de qualité qu’on vous oblige à respecter. Et vous voyez à quoi je fais allusion.
 
 Et troisièmement, je veux qu’il y ait une vraie campagne sur le vin, qui est un produit du terroir et que l’on ne doit pas culpabiliser. On ne peut pas vous imposer une règle qu’on n’impose à aucun autre en Europe."
Un an après, force est de constater qu'aucune de ces trois mesures n'a été mise en œuvre.
Concernant la première, on peut craindre au contraire une aggravation du problème que soulevait Nicolas Sarkozy, si le gouvernement décide de suivre la commission Attali qui propose de supprimer purement et simplement la loi Galland et d'instaurer le principe de liberté tarifaire dans la grande distribution.
 
Concernant la seconde, il faut rappeler au Président de la République que les importations de vin en France sont relativement stables, qu'elles ne représentent que 10 % de la production française et qu'elles proviennent à plus de 88 % de pays de l'Union européenne (Espagne et Italie pour l'essentiel) où les producteurs respectent les mêmes règles d'Organisation Commune du Marché du vin que les vignerons français. Il n'est donc pas certain que cette deuxième proposition, vaguement protectionniste, réponde aux attentes de la filière. Et il faut de toutes façons constater que rien n'a été fait dans ce domaine.
 
Concernant la troisième proposition, on chercherait en vain dans le bilan du gouvernement le lancement d'une quelconque "campagne sur le vin". Tout au contraire, depuis l'élection présidentielle, la justice a remis en cause la possibilité de publier des articles de presse sur le vin et interdit toute publicité pour le vin sur internet ! On continue donc, avec la bénédiction du ministère de la Santé, d'imposer aux vignerons français une règle "qu’on n’impose à aucun autre en Europe".

Monsieur le président de la République, puisque le vin a des vertus protectrices contre la maladie d'Alzheimer, nous ne pouvons que vous encourager à consommer, avec modération il va sans dire, les meilleurs crus de nos terroirs. Cela vous aidera sans doute à ne pas oublier vos promesses...


Guillaume

18:32 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

30 avril 2008

Michel Rémondat prend une grande décision

Mon collègue Michel Rémondat (Vitisphère) pousse un petit coup de gueule bien senti à propos de ces études et contre-études sanitaires ou autres qui nous inondent, nous pauvres journalististes - ou simples citoyens. Et si encore on avait les connaissances nécessaires pour tout comprendre...

"Vous avez tous entendu parler de l’étude de PAN Europe. Vous savez, l’étude qui démontre que les vins contiennent des pesticides. Une étude qu’il faudra refaire, sous le contrôle de commanditaires moins engagés, sur des échantillons plus grands, avec des laboratoires plus indépendants… En tous cas, son retentissement dans la Presse et chez les consommateurs confirme l’extrême sensibilité du public et des professionnels du vin à ce thème de l’alimentation et de la santé. Les accords de Grenelle ont fixé que les quantités de pesticides sur les cultures seraient diminuées de moitié au cours des 10 prochaines années. Une commission technique nationale travaille pour préciser l’objectif et rechercher le moyens pour l’atteindre. Mesdames et messieurs, membres de cette commission, hâtez-vous, le sujet est devenu brûlant…

La même semaine que je lisais que les vins contenaient des pesticides, j’ai aussi lu que l’espérance de vie humaine continuait d’augmenter d'un trimestre par an en Europe. La même semaine, j’ai lu que boire beaucoup d’eau ne faisait pas maigrir, et qu’un individu normalement constitué pouvait se contenter de deux verres d’eau par jour. La même semaine, j’ai lu que, au-delà de 2 verres par jour, le vin était très dangereux pour ma santé...

C’est bon. J’ai compris. C’est décidé, j’arrête de lire."
 
 
1218 Rémondat
Michel Rémondat

 

Plus d'info: www.vitisphere.com 

07:27 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |