26 septembre 2008

Le vrai Lepetit n'est plus

L'usine Lepetit à Saint Maclou (Calvados) va fermer ses portes.

Le berceau historique de la marque normande est la victime expiatoire de la mévente des camemberts. Mévente imputée à la hausse du prix des matières premières, qui oblige les Camemberts à passer la barre psychologique des 2 euros dans une période ou le pouvoir d'achat a tendance à couler - genre vieille pâte très molle.

Mais l'usine est aussi et surtout victime de la décision prise par Lactalis, son propriétaire, d'arrêter la production de fromage au lait cru, et donc de sortir de l'AOC Camembert de Normandie. Non sans avoir essayé auparavant d'en changer les règles.

Inutile, dans ces conditions, de rester à Saint Maclou, autant rationaliser l'outil et le process, comme on dit chez les technico-marketeers.

Au risque de me répéter, le lait cru n'est pas dangereux. Au contraire, les bactéries naturelles du fromage au lait cru le défendent contre les pathogènes, ce que le fromage thermisé ne peut pas faire.

Mais le gros désavantage du lait cru, pour des producteurs à l'optique 100% industrielle comme Lactalis, c'est qu'il demande une très grande rigueur dans la production, et ne permet pas les mélanges de gros volumes de lait de plusieurs journées. Toujours dans l'optique mercantile, il a même le défaut de ses qualités: son goût. Les produits typés n'ont pas toujours la cote dans les gondoles. Le Category manager de grande surface préfère le banal, car s'il ne plaît pas forcément au plus grand nombre, il ne déplaît ni aux handicapés des papilles ni aux aculturés du goût - la masse du troupeau, en somme.

Finalement, la fermeture de Saint Maclou est sans doute un moindre mal: pour autant qu'ils l'apprennent, elle permettra peut-être aux consommateurs de prendre conscience qu'ils ne mangent plus le même fromage.

Quoi qu'il en soit, je garderai un souvenir ému des vieilles pubs de Lepetit, avec la vache qui meuglait "C'est normal, c'est normand". A chacun sa madeleine, Marcel, la mienne, c'était un Calendos, un vrai.

 

Normande

17:57 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : fromage, cheese | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

24 septembre 2008

Prix René Renou 2008

L’Association Nationale des Elus de la Vigne et  du Vin (ANEV) et la Fédération Internationale  des  Journalistes  et Ecrivains du Vin & des Spiritueux  (FIJEV)  ont créé en 2008 le Prix René RENOU  «ANEV / FIJEV» .  Avec ce prix, les deux associations entendaient récompenser la collectivité française ayant le mieux œuvré, au cours de l’année écoulée, pour la défense et la promotion du patrimoine culturel lié à la viticulture, au travers d'un projet d’ordre éducatif, environnemental ou œnotouristique ayant valeur d’exemple. Elles ont eu rapidement l’adhésion à leur projet de partenaires motivés comme eux pour la défense de la Culture du Vin: Vitisphère, winetourisminfrance.com, et les Crus «Vinsobres» et «Bonnezeaux».

Les organisateurs ont décidé d’appeler ce prix «René RENOU», en hommage au vigneron et ancien président du Comité Vins de l’INAO (1952-2006), personnalité porteuse des valeurs de la viticulture.
Ce prix  sera doté par les deux associations. Il donnera également lieu à la réalisation d’un dossier de presse qui sera gracieusement diffusé dans tout le réseau des journalistes de la FIJEV et des Elus du Vin de l’ANEV.
Le journaliste auteur du meilleur article paru dans les 6 mois de clôture du concours, sera également récompensé.

La sélection des projets a permis de recenser puis de sélectionner 9 puis 4 collectivités. A l’unanimité, le choix du Jury s’est porté sur la Ville de Grenoble (Isère) et la manifestation «Le Millésime».

Pour rappel, depuis 1995, le Millésime s'installe chaque année au mois d'octobre en plein centre de Grenoble sur la place Victor Hugo.
Dans un cadre urbain exceptionnel, l’association des vins et des musiques — principalement la musique de chambre — donne à ce festival une ambiance particulière. Le programme s’adresse autant aux mélomanes et aux œnophiles avertis qu’aux néophytes de toutes générations, dans un subtil équilibre entre œnologie, musique et marché aux vins ...

"Sans équivalent en France et probablement en Europe, le Millésime est un véritable appel aux sens et à l'intelligence, cherchant à allier convivialité, plaisir et connaissance. A la fois populaire et exigeant, le Millésime revendique une approche culturelle du vin, et offre à tous les publics l’occasion d’une découverte ludique de l'œnologie, et d’une balade détendue à travers l'histoire de la musique occidentale". (André Deyrieux).

La remise du prix aura lieu à Grenoble, à l’occasion de la 14ème édition du Festival Millésime, qui se tiendra cette année
du 16 au 26 octobre. Pas moins de 50 ateliers de dégustation sont prévus, de l’initiation à l’atelier thématique. Plus de 12 000 visiteurs sont attendus.

 

Millésime


 

17:00 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |