22 juin 2008

Michel Smith et Jean-Pierre Coffe

L’émission dominicale de Jean-Pierre Coffe sur France Inter vient de s’arrêter. On aime ou on aime pas le gars, mais reste que c’était la seule émission du genre (en dehors des chroniques de Petitrenaud sur Europe 1) à parler du plaisir du bien manger et du bien boire. JPC a été victime du jeunisme ambiant – il a 70 ans, mais il est bien plus jeune que bon nombre d’entre nous – et son émission captait un large public. Pour lui, pas de problèmes : vu sa notoriété, il va assurer... Mais pour les gens qui travaillaient avec lui, c’est plus grave : on les a informé directement par téléphone il y a quatre jours. Bref, on peut toujours aller sur le site de France Inter pour écouter la dernière de “Ca se bouffe pas, ça se mange” !

 

Michel Smith 

10:14 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

19 juin 2008

Ah, les Foires aux Vins!

Ah, les Foires aux Vins! Toute une ambiance... La Culture du vin à la portée du plus grand nombre... quelle belle idée!

Carrefour France annonce que 229 de ses hypermarchés en proposeront cette année. Les dates sont déjà arrêtées: du 10 au 20 septembre. A croire que le réchauffement climatique avance aussi la floraison... des promotions. 

 

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7 millions de bouteilles! 

L'enseigne française a déterminé 6 grandes zones par type de consommation de vin, afin d'adapter son catalogue de promotions, qui devrait comporter 50 pages pour 450 produits.

La sélection a été établie par 350 dégustateurs, sur la base de 6.000 produits, nous dit-on. Cette année, ce sont les Bordeaux 2005 qui auront la vedette, mais aussi les Champagnes de récoltants. La gloire, pour ces gentils enfants de la treille!

En 2007, les ventes vins de Carrefour lors de sa foire aux vins se sont élevées à 7,2 millions de bouteilles, dont 600.000 de Champagne. C'est un peu moins que son concurrent Intermarché (7,7 millions de cols). Mais si l'on ajoute à cela les ventes de Casino, de Système U, de Cora et de Leclerc, on ne doit pas être loin d'une bouteille par Français. 

Produit d'appel 

Si je vous en parle aujourd'hui, ce n'est certainement pas pour promouvoir la vente de vin dans les grandes surfaces. Carrefour lui-même avouait récemment à nos confrères de la RVF que cette activité n'est pas rentable. 

Dans la plupart des enseignes, et notamment lors des Foires aux Vins, le vin n'est qu'un produit d'appel. La passion pour le produit, mise en avant dans les catalogues, est toute relative. Parlerait-on de passion pour le lait, pour la laitue, pour les pâtes? A peu de choses près, ce sont pourtant les mêmes principes de mass-marketing qui s'appliquent pour tous les produits d'un hyper.

Bon nombre de producteurs sont plus otages que fournisseurs de la GD: certains n'ont même pas de rapports directs avec les enseignes, qui passent par des négociants ou rachètent des lots invendus à l'étranger. D'autres,  financièrement aux abois, acceptent des conditions de vente qui ne font que retarder l'échéance de leur dépôt de bilan - mais tirent les prix vers le bas pour tout le monde. Et c'est d'autant plus grave que la visibilité des offres de la GD n'a rien de comparable avec celle d'un petit destockage local. Et le client s'habitue très facilement au Cahors à 2 euros. Le low cost, ce n'est pas qu'une question d'avion, c'est la maladie des temps modernes: je paie moins, tu gagnes moins, donc tu me paies moins, donc je gagne moins, donc je paie moins...

Promotionnellement, les grandes enseignes se battent sur quelques grands noms, arbres de notoriété qui cachent la forêt silencieuse. Yquem, Latour, Figeac, Mouton, La Côte Blonde, la Romanée, Clos Vougeot... quelques bouteilles discountées sont jetées en pâture à des consommateurs crédules qui, émerveillés par la compétence et la puissance d'achat des grandes enseignes, se pressent dans les magasins... pour acheter un jaja à peine meilleur que d'habitude, mais avec la conscience tranquille d'avoir choisi le bon endroit.

Mais ce n'est jamais le bon endroit. Car les grands noms n'ont pas besoin de la GD pour bien se vendre. Et les autres ne peuvent guère compter sur la GD pour rentabiliser leur travail.

Les achats en parallèle déstabilisent parfois les marchés des grands vins, mais n'ont qu'un effet marginal dans les bonnes années. Le pire, ce sont les petites années; là, la GD devient le marché prioritaire, le recours pour écouler ce dont les importateurs traditionnels ne veulent plus.

A vous de choisir 

Bon, malgré tous ces défauts, la grande distribution est une fenêtre sur les vins - de toute façon, il faut se rendre à l'évidence, les consommateurs achètent en grande surface. Et puis, il y a quelques acheteurs vraiment passionnés - parfois eux-mêmes otages du système. "A l'insu de leur plein gré". J'ai de bons amis dans ce milieu, des gens plus que respectables dont l'idéal est de faire partager leur enthousiasme pour un produit au plus grand nombre. Ce n'est que lorque l'on parle du prix que cela peut se gâter. Le système n'a pas d'états d'âme, lui.

Je n'ai donc pas la prétention de vous dissuader d'acheter dans les Foires aux Vins - d'autant que je le fais moi-même. Juste de vous conseiller de plus visiter les régions viticoles, d'acheter sur place, ou de vous intéresser un peu plus au caviste au coin de votre rue. 

Je ne peux vous garantir que le vin sera toujours meilleur que dans votre hyper. Mais vous pourrez parler avec quelqu'un qui fait du vin, ou dont c'est le métier.

Vous comprendrez peut-être mieux ce que vous aimez, et pourquoi vous l'aimez. 

Dans le contexte, le prix prendra aussi une autre raisonnance. Et puis, n'oubliez pas, les "affaires" que vous faites en GD, quelqu'un doit bien les payer. 

 

 

09:58 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |