07 août 2008

Le lobby anti-vin français toujours plus ridicule

Pas très gai, le communiqué de Vin & Société, au sortir d'un nouvelle réunion stérile avec les pouvoirs publics français au sujet du vin, d'internet et de la publicité. On aimerait pouvoir rire de la parano du lobby anti-vin en France, si ce n'était si grave. Mais lisez vous- mêmes...

 

"Depuis plusieurs mois, la filière vitivinicole alerte les pouvoirs publics sur la nécessité de sortir d’une situation absurde : l’absence d’internet de la liste des supports de publicité autorisés par la loi Evin et le flou juridique existant autour de la définition même de la publicité. Ces deux éléments conduisent petit à petit à une exclusion médiatique du vin. Le gouvernement, qui s’était engagé à traiter ces deux sujets à l’occasion du plan de modernisation de la filière vin, n’a toujours pas apporté de réponse aux attentes de la filière. Une situation qui inquiète les professionnels du vin et les incite à renforcer leur mobilisation.

Favorable à la concertation, les professionnels du vin ont accepté de participer au groupe de travail interministériel mis en place autour de la question de la publicité pour les boissons alcoolisées sur internet. Le 4 juillet dernier, l’association Vin & Société a ainsi transmis au président du groupe de travail une proposition commune à toutes les filières concernées par cette question. Cette proposition proposait d’instaurer un encadrement strict de la publicité sur internet, à l’instar de ce qui existe déjà pour les autres supports.

A l’issue de la dernière réunion du groupe de travail, ce matin, aucun consensus n’a pu être trouvé sur une proposition législative tenant compte des intérêts des différents acteurs. Les ministères de la Santé et de l’Agriculture s’étaient pourtant engagés à ce qu’une proposition consensuelle soit trouvée fin juillet. Dans la perspective de la discussion parlementaire autour du projet de loi de santé publique qui aura lieu à l’automne, la filière se mobilisera fortement.

C’est donc une nouvelle période de doute et d’incertitude qui s’ouvre aujourd’hui pour la filière vin, renforcée par le refus exprimé par le ministère de la Santé d’établir une
définition juridique de la publicité. Rappelons que de récentes décisions de justice, concernant des articles parus dans la presse, ont confirmé l’interprétation de la Cour de Cassation établissant que toute évocation, quelle que soit sa forme, du nom d’une boisson alcoolisée, peut être considérée comme une publicité. Ainsi, même si la finalité n’est pas commerciale, le simple fait de rappeler la boisson alcoolisée est considéré comme un acte publicitaire. Outre la presse, dont la liberté d’expression se trouve ainsi remise en cause, l’application stricte de la loi pourrait s’appliquer à tout acte créatif évoquant le vin : livre, film, chanson, peinture, etc. ! Cette situation absurde est inadmissible pour la filière vin.

« Si la France souhaite conserver un secteur vitivinicole dynamique, résistant à la concurrence étrangère, le gouvernement doit avoir le courage d’établir un cadre juridique favorable à son développement, rappelle Marie-Christine Tarby, présidente de Vin & Société. Dans le cas contraire, c’est l’avenir de toute une filière économique, primordiale pour la balance commerciale de la France, son image et son attractivité, qui serait compromis. »

 

Une petite remarque en passant: s'il faut s'en remettre au ministère de la Santé pour définir ce que c'est qu'une publicité, si c'est la technostructure médicale qui a la haute main sur le sujet, alors, autant demander aux publicitaire d'exercer la médecine. Qui sait,  Séguela et consorts feraient peut-être économiser pas mal de sous à la Sécu? A moins bien, sûr, qu'ils n'aient partie liée au labos pharmaceutiques, comme c'est le cas de tant de "mandarins"...

20:08 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

25 juillet 2008

Cognac La Menècle

Si vous êtes un jour, comme moi, en vacances dans le Périgord Vert, l’envie vous prendra sans doute d’aller explorer le Cognaçais voisin. Et comme je vous connais, vous voudrez ramener quelque souvenir liquide de cette belle contrée.

Deux possibilités : la voie royale qui mène à Cognac et ses grandes maisons. C’est sûr, la ville et ses vieilles pierres valent le détour, les musées des fabricants aussi. Rien à redire.


Mais vous pouvez aussi choisir la route buissonnière, celle qui passe par Aubeterre.
Aubeterre-sur-Dronne, joli bourg angoumois ; sa colline, ses remparts, ses loueurs de kayaks, son église monolithique souterraine, son musée de la poupée, son marché du dimanche... Comme je n’ai pas l’ambition de monter un Office du Tourisme, je m’arrêterai là. Ou plutôt, je poursuivrai ma balade en direction de Chalais. Là, passé Saint Romain, vous arrivez à Rouffiac. Un peu avant l’entrée du bourg, un panneau annonce fièrement «Domaine de La Menècle, Cognac, Pineau des Charentes». Alors vous vous dîtes que c’est gagné; pas du tout, le paradis se mérite, et c’est en pleine cambrousse charentaise, après quelques détours, que vous apparaîtra le Graal. La Menècle, c’est ce qu’on appelle un écart, en jargon toponymique. D'ailleurs, c'était une commune à part entière jusqu'au milieu du 19ème siècle.

 

La Menècle02

La Menècle vous attend (photo H.Lalau)

 

Commune ou pas, le jeudi midi, La Menècle, c’est assez calme. Sauf que deux chiens menacent de mordre vos roues, et que vous hésitez à descendre pour sonner et annoncer votre arrivée. Heureusement, une gentille dame vous sauve la vie et rentre les chiens (sympathiques, au demeurant, mais on ne pouvait pas savoir).

Comme je demande à faire la visite des installations, la dame me présente à M. des Courtils, Bernard de son prénom. C’est son fils Jean qui s’occupe aujourd’hui des vinifs. Mais le paternel connaît encore très bien son affaire.
D’emblée, il me tend deux petits verres et prends les rènes de la dégustation : «Je ne vous fais pas goûter mon trois étoiles, pas que j’en ai honte, mais c’est plutôt pour les cocktails». Alors la mise en bouche se fait avec le VSOP.

Il est à peine midi, alors j’accroche solidement mes papilles; mais j’ai tort, on a beau être au bout du bout du Cognaçais, ici, on ne fait pas dans le tord boyaux. Le nez, très expressif (écorces d’agrumes, cannelle) vous mène vers une bouche onctueuse, plutôt civilisée.
Puis le maître de céans débouche une bouteille de Vieille Réserve. Et là, c’est l’illumination.
C’est comme un escalier. Imaginez le produit précédent, mais tout un cran au-dessus.
Le nez est encore plus complexe – aux écorces d’oranges se marient les épices orientales (cardamome, curry), la badiane… en bouche, l’élevage plus long se traduit, non pas par des notes plus boisées, mais par une matière plus fondue encore, avec de notes de poire et de prune. Aucune trace de ce caramel qui séduit les cuistres. Et quelle longueur... Le beau Cognac authentique, quoi ) à l'image de M. Descourtils, qui à mon départ, exhibe un superbe T-shirt "fier d'être fermier".

 

La Menècle01

Bernard Des Courtils (Photo H. Lalau) 

 

Bon, ce n’est sans doute pas cette ce genre de produits qui fera grimper au rideau les vieux Chinois. Et je doute qu’un rappeur de Philadelphie y consacre un jour une chanson. Hennessy et Les Courtils ont beau orner leurs flacons de la même AOC, ils ne jouent pas dans la même pièce. Mais dans le verre, je me prends à douter. Les Cognacs de Menècle sont le fruit d’un seul terroir – l’extrême sud des Fins bois – l’outil de production (alambic, barriques) est correct, mais sans fioritures. Rien à voir avec les superbes chais des grandes marques, et je ne vous parle pas des approvisionnements.

Me revient en tête tout ce qu'on m'a raconté des crus de Cognac, sur la complémentarité de la Grande Champagne et des Borderies, et j'ai soudain comme un doute. Il me faudrait aller vérifier sur place...

Si vous n’avez pas le temps de passer par la Menècle, vous pouvez aussi acheter les produits du domaine sur la place d’Aubeterre. Mis à part les Cognacs décrits ci-dessus, on y découvrira une jolie  gamme de pineau (j’ai flashé pour le blanc Vieux), ainsi que des VP Charentais.

Domaine de La Menècle, F-16210 Rouffiac, 00 33 5 45 98 10 97

20:38 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |