27 septembre 2008

Vin de Merde

Jean-Marc Speziale est restaurateur à Aniane, en Languedoc. Il vient de lancer une cuvée nommée "Vin de Merde", qui fait grand bruit dans le microcosme du vin français.

Il paraît que c'est pour la bonne cause. Qu'il faut le prendre au second degré. Parce que le vin, produit à raison de 5000 bouteilles, est une cuvée plutôt qualitative.

D'ailleurs, Speziale a reçu la caution de South of France (mais est-ce une vraie caution?).

Habituellement, j'aime les iconoclastes. Mais là, curieusement, je bloque. Il y a tellement de vins de merde, en France ou ailleurs, qu'il est totalement inutile de leur faire concurrence.

La faute aux AOC de merde? Aux contrôles de merde? Aux producteurs de merde? Aux circuits de distribution de merde? Aux consommateurs de merde? Bon, j'arrête, je deviens grossier.

 

 

Vin de merde

 

12:17 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

26 septembre 2008

Le vrai Lepetit n'est plus

L'usine Lepetit à Saint Maclou (Calvados) va fermer ses portes.

Le berceau historique de la marque normande est la victime expiatoire de la mévente des camemberts. Mévente imputée à la hausse du prix des matières premières, qui oblige les Camemberts à passer la barre psychologique des 2 euros dans une période ou le pouvoir d'achat a tendance à couler - genre vieille pâte très molle.

Mais l'usine est aussi et surtout victime de la décision prise par Lactalis, son propriétaire, d'arrêter la production de fromage au lait cru, et donc de sortir de l'AOC Camembert de Normandie. Non sans avoir essayé auparavant d'en changer les règles.

Inutile, dans ces conditions, de rester à Saint Maclou, autant rationaliser l'outil et le process, comme on dit chez les technico-marketeers.

Au risque de me répéter, le lait cru n'est pas dangereux. Au contraire, les bactéries naturelles du fromage au lait cru le défendent contre les pathogènes, ce que le fromage thermisé ne peut pas faire.

Mais le gros désavantage du lait cru, pour des producteurs à l'optique 100% industrielle comme Lactalis, c'est qu'il demande une très grande rigueur dans la production, et ne permet pas les mélanges de gros volumes de lait de plusieurs journées. Toujours dans l'optique mercantile, il a même le défaut de ses qualités: son goût. Les produits typés n'ont pas toujours la cote dans les gondoles. Le Category manager de grande surface préfère le banal, car s'il ne plaît pas forcément au plus grand nombre, il ne déplaît ni aux handicapés des papilles ni aux aculturés du goût - la masse du troupeau, en somme.

Finalement, la fermeture de Saint Maclou est sans doute un moindre mal: pour autant qu'ils l'apprennent, elle permettra peut-être aux consommateurs de prendre conscience qu'ils ne mangent plus le même fromage.

Quoi qu'il en soit, je garderai un souvenir ému des vieilles pubs de Lepetit, avec la vache qui meuglait "C'est normal, c'est normand". A chacun sa madeleine, Marcel, la mienne, c'était un Calendos, un vrai.

 

Normande

17:57 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : fromage, cheese | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |