30 mars 2009

Quand Vitiphère présente la RVF

C'est bien écrit, bien senti aussi. C'est dans Vitisphère, sous la plume de Catherine Bernard. Une présentation ma foi très honnête de la RVF. On en redemande.

La Revue des vins de France, l’aîné droit dans ses bottes

Elle ressemble aussi à son nom, institutionnel. On y parle des trains qui arrivent à l’heure, et de préférence de ceux qui jouissent déjà d’un nom ou d’une renommée. Je ne sais si Martin Bouygues, patron du groupe éponyme qui vient de « réaliser le rêve de son père » en rachetant le château de Montrose à Bordeaux apportera beaucoup au vin, mais l’entretien que lui accorde le magazine dans son numéro d’avril, entretient une certaine idée du vin à la française, fière et orgueilleuse. « Ce n’est pas moi qui suis allé à Montrose, mais ... Montrose qui est venu à moi ». Le portrait de ce mois est consacré à Patrick Maroteaux, baptisé « l’ambassadeur de Saint-Julien », un autre « people » du vin. Magazine prescripteur, la RVF dresse aussi des palmarès -60 vins de Provence dans le numéro d’avril dans les kioques-, et a ouvert ses colonnes à l’oenotourisme, marché prometteur. Les encarts publicitaires emboîtent le pas aux thématiques.

Le coeur du journal se loge dans les pages jaunes, avec les notes de dégustation, toujours positives. S’il y a des larmes à verser, c’est sur « l’ultime sacrifice exigé par le Moloch hygiéniste qui nous surveille », explique Denis Saverot, son rédacteur-en-chef, dans son éditorial.

Les plumes des chroniqueurs, le sommelier Olivier Poussier et le géographe et essayiste Jean-Robert Pitte, sont, à l’instar des interviewés, réputées et incontournables. Parfois légendes et clichés voisinent. « Il faut donc aimer, valoriser, faire vibrer avec talent les bons terroirs reconnus, mais il importe tout autant d’aller au-devant des amateurs éclairés pour continuer à acheter les grands vins dont ils sont issus », conclut Jean-Robert Pitte dans son billet d’humeur.

Catherine Bernard a également consacré 3 autres jolis papiers aux autres magazine du vin en France

Plus d'info: http://www.vitisphere.com/

07:57 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

29 mars 2009

Quand M. Barnier s'érige en défenseur du "vrai rosé"

Communiqué du Ministère français de l'agriculture

"A l’occasion du Forum de Paris sur la Méditerranée à l’Unesco le dimanche 29 mars, Michel Barnier, ministre de l'agriculture et de la pêche, a réaffirmé "son opposition au projet de la Commission européenne" de permettre la fabrication de vin rosé, sans indication géographique, par mélange de vin rouge et de vin blanc, indique un communiqué du ministère.

    Le ministère souligne que "la France a depuis plusieurs mois fait connaître son opposition à un tel projet".
   La Commission "vient de faire une proposition de compromis, en proposant
des règles d'étiquetage distinctif, à la convenance de chaque Etat membre", rappelle le ministère. "La France ne se satisfait pas de cette proposition,  elle est le seul Etat membre à ne pas l'avoir acceptée", poursuit-il.
   M. Barnier affirme que "la seule solution acceptable est un maintien de l'interdiction actuelle de produire des vins de table rosés par coupage de rouge et de blanc" et que "ce point précis n'est pas négociable".
   Le ministre ajoute que "la France fera tout pour que cette interdiction  soit rétablie dans le projet de règlement de la Commission" et qu'"en tout  état de cause, la France continuera à interdire la production sur son  territoire" de vin de table rosé par coupage de vin rouge et de vin blanc.
   M. Barnier  a "rappelé l'attachement de la France aux politiques de qualité  et aux produits agricoles sous indication géographique", ajoute le ministère.

 

Cette prise de position contredit sur plusieurs points les déclarations des producteurs de l'AGEV, que j'ai reproduites voici peu dans ce blog. Ceux-ci affirment en effet que la France a bel et bien accepté le projet lors de sa présentation à Bruxelles  - je dirai même plus, que la question a fait l'objet de négociations au niveau national, y compris avec les représentants de ceux qui s'y opposent aujourd'hui, et avec l'aval du ministère.

Dans des pays plus sourcilleux en matière de vérité en politique, on imaginerait pas un tel revirement de la part d'un gouvernement.

Il est aussi à remarquer que ce projet ne concerne que les vins sans indication géographique; par voie de conséquence, l'argument qui consiste à défendre qualité et l'authenticité des appellations est peu pertinent. En outre, le ministre passe sous silence le cas du Champagne rosé (AOC, donc), qui assemble déjà blanc et rouge.

Faut-il voir dans cette prise de position très médiatique le "baroud" d'honneur d'un ministre appelé à d'autres fonctions dans la perspective des Elections européennes, et qui ne restera pas comme un grand défenseur de la viticulture?

 

20:45 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |