31 octobre 2008

La récolte 2008 en France, victime de la crise... météorologique

Notre ami Eric Boschman nous revient en pleine forme, même si sa chemise à feuilles caduques annonce déjà un automne frileux. Aujourd'hui, Eric nous dit le temps qu'il a fait cette année. Prévisions rétroactives qu'il accompagne de quelques menus commentaires de son joli petit cru. Millésime jaloux, maladies cryptogamiques, réchauffement climatique, logique économique... les thèmes ne manquent pas, traités avec sa verve coutumière.

Mais trève de barvardage glaciaire, de périphrases aqueuses et autres circonvolutions du bois. Les intros les plus courtes sont les meilleures, comme disait De Grote Lulu.

I give you... Eric Météo Boschman. Merci, l'ami!

 

Eric

Eric "Météo" Boschman


Votre légendaire sagacité n’aura certainement pas été prise en défaut cette année, il ne vous aura pas échappé que l’été fut, pour le moins merdique au niveau du ciel. Ajoutez-y un printemps humide et un début d’automne pas forcément chaud chaud, et vous aurez réuni les ingrédients parfait pour constituer ce que l’on nomme pudiquement une année « jalouse ». En d’autres termes, on dit aussi qu’il s’agit d’une année de vignerons. Comme si les autres étaient des années de gougnafiers ou que sais-je encore.

Certes, les millésimes plus «difficiles» demandent plus de doigté que les autres, mais une année dite grande n’est pas pour autant une partie de rigolade. L’adage voudrait que l’on s’offre de «grandes» étiquettes dans les «petites» années, et des vins plus normaux dans les «grandes» . Il est effectivement plausible de voir les choses sous cet angle-là, en se disant que le talent des faiseurs d’étiquette se démentant rarement, ils seraient plus à même de tirer la quintessence des conditions délicates. Certes, certes. Pour ma part, je suis nettement plus fidèle aux vignerons qu’aux millésimes.

Un type qui a du talent est capable de faire «sortir» son terroir dont le climat n’est qu’un des composants. Dans les vignes, les excès de chaleur du millésime 2003 ne sont déjà plus qu'un lointain souvenir. Les trois derniers millésimes ont cruellement manqué de chaleur. 2006 a vu un juillet cafardeux, sauvé par un beau mois d'août. En 2007, c'était encore plus moche, juillet et d'août furent toussinesques, le beau temps s'installa à partir du 30 août et permit de vaguement sauver les meubles. En 2008, le beau temps n'est arrivé qu'à la mi-septembre après un été frais et humide, mais avec une luminosité tout à fait normale. Cette luminosité donne de jolis degrés alcooliques qui peuvent faire illusion, mais les acidités sont vives. Pour faire bref, pluies, grêles, humidité, mildiou, oïdium... rien n'a été épargné aux vignobles hexagonaux. Conséquence de ces mauvaises conditions climatiques et sanitaires, la récolte qui se termine doucement s'annonce comme la plus faible depuis au moins 2000, inférieure de 10 % à la moyenne des cinq dernières années, selon les dernières prévisions. Elle est estimée à quelque 46 millions d'hectolitres, un volume légèrement inférieur au déjà faible niveau de 2007.
L’air de rien, on commence à sentir conséquences du réchauffement climatique. Même si les étés sont régulièrement «pourris», le réchauffement global se marque aussi par des saisons de moins en moins marquées. A titre d’exemple, cette année, l'hiver, pas assez rigoureux n'a pas offert un bon repos végétatif aux ceps. Le gel du 7/4 a endommagé de nombreux vignobles, en particulier dans le Val-de-Loire, la récolte devrait y être inférieure de 26 % à la moyenne des dernières années. Avril et mai, humides, ont bien profité au mildiou et à l'oïdium, compromettant la sortie de grappes.

Dans pas mal de zones, les caprices du printemps ont aggravé la coulure diminuant fortement les récoltes potentielles. Le climat de juillet a été déterminant. Selon les régions, il a propagé ces maladies cryptogamiques à la faveur de pluies abondantes ou contribué à assainir les vignobles grâce à un peu d’ensoleillement. Ces facteurs cumulés ont ralenti la maturation des vignes, qui présentaient à la fin de mois un retard d'environ dix jours dans le quart Sud-Est. Août ne changera à la situation, vu son déficit en degrés. Début septembre ne dérogera pas à la tradition, et il faudra attendre la seconde moitié pour que le temps veuille bien se mettre au beau et permettre une fin de cycle qui mènera les maturités à plus ou moins bon terme. Dans certaines régions, les vendanges ne sont pas encore tout à fait terminées. Dans le Bordelais, elles se terminent à peine.

Dans le détail des chiffres prévisionnels, la récolte des vins d'appellation produirait cette année 23,1 millions d'hectolitres, soit autant qu'en 2007 et que la moyenne des cinq dernières années. Par contre, la production de vins de pays reculerait de 3 % par rapport à 2007 et de 8 % comparé à la moyenne. Plus sinistrée, mais il y va aussi là d’une certaine logique économique et d’un changement de marché, la catégorie regroupant les autres vins, jus et moûts serait à  8 % de moins en glissement annuel et 41 % par rapport aux cinq ans passés. Si vous êtes bien sages, la semaine prochaine, c’est promis, je vous ferai un petit tour d’horizon des échos, région, par région de France, des vendanges. Sachant que comme toujours, même si c’est pas forcément terrible, ce sera quand même vachement bon. L’espoir nous fait vivre !

Eric Boschman

15:44 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

30 octobre 2008

Saint Emilion n'existe plus!

Les actions "viticulture morte" destinées à attirer l'attention des Français sur la diabolisation du vin sont nombreuses, en ce jeudi, journée de protestation nationale.

Ainsi, à Saint-Emilion, des vignerons ont camouflé la pancarte d'entrée dans la ville.

"Puisque les vins n'auront bientôt plus le droit de communiquer, autant supprimer les noms des villages qui y font référence", expliquait un manifestant.

 

Saint Emillion Barré

14:33 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : vin, vin | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |