09 novembre 2008

La France est prête à se tirer une nouvelle balle dans le pied

La chronique dominicale de notre ami Eric Boschman traite aujourd'hui du nouveau projet "vinicide" des pouvoirs publics français...

Si l'actuel projet de loi «Hôpital, patients, santé et territoires» est adopté, en France, ça risque à nouveau de faire de gros dégâts dans le monde du vin! La nouvelle législation vise en effet à interdire, entre autres, l'offre gratuite de produits alcoolisés dans un but promotionnel, et donc notamment la dégustation dans les caveaux ou sur des foires commerciales.

C’est quand même un peu de plus en plus n’importe quoi en matière de protection/répression là-bas. Je ne veux pas me mêler des problèmes des autres, mais là, on commence à jouer avec les choses de la vie des gens. A force de faire du populisme à bon compte sur le dos du pinard, un des plus gros contributeurs du commerce français est en train de se faire mal.

Imaginez simplement que la France reçoit plus ou moins trente huit millions de touristes chaque année, plus de quatre-vingts millions d’arrivées, c’est la première destination mondiale pour les touristes. 834 millions de nuitées et 894.000 emplois générés directement, imaginez que plus de quatre-vingt pour cent de ces visiteurs viennent presque principalement pour boire et manger. Ces gens vont-ils simplement encore venir si l’on continue à diaboliser le vin comme on est en train de le faire en ce moment chez nos voisins.

Le phénomène n’a rien de nouveau, Chaban-Delmas avait déjà fait campagne, il y a quelques décennies en tournant le dos au pinard. Chirac buvait surtout de la Corona à la bouteille et son successeur ne boirait pas, à ce que prétend la rumeur. On prétend même qu’à l’Elysée, on ne servirait plus de vin, ni même de fromage, lors des repas ministériels. Si la chose était avérée, ce serait quand même navrant, non? D’autant que chez nous, même si on ne rigole pas tous les jours, on aurait quand même quelques belles préférences. Notre ex-premier ne faisait pas mystère de son amour pour la Toscane et ses produits, pas un repas, une réunion sans vins de là-bas. Notre actuel premier, est un peu moins disert en la matière, mais quelques cabinets peuvent s’enorgueillir de faire travailler de grands chefs et de proposer quelques beaux crus régulièrement.

Allez, soyez contents mes amis, encore une belle raison d’être heureux de vivre chez nous, le vin est toujours en vente libre, on peut en parler sans risquer de finir au tribunal, je peux même régulièrement faire l’apologie de ce merveilleux produit sans être hors la loi. C’est le bonheur quoi!

Eric Boschman

11:22 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

03 novembre 2008

Les vendanges 2008 en France, région par région

Avertissement extrait drôle, par notre ami Eric Bochman.

Il faut, lecteurs dominicaux, que vous sachiez que chaque année c’est un peu la même chose. Peu après les vendanges, les différentes instances, leurs différents responsables de communications et autres présidents en exercice et en mal de visibilité médiatique, nous assènent les mêmes containers de copeaux de chêne : Certes, le climat était bof, la récolte est moindre- pour ne pas dire faible- mais chez nous c’est plutôt pas mal. On s’en sort bien, grâce à (biffez la mention inutile):


- la superbe météo des quinze derniers jours,
- la pluie qui n’est pas tombée pendant 734 heures d’affilée,
- Nicolas Sarkozy,
- sœur Emmanuelle,
- le vol des corbeaux sur la plaine


Bref, il y a toujours un élément invérifiable qui va sauver la récolte de la région du gars qui cause et vous confiera, off the record, que par contre, chez leurs voisins directs, c’est vraiment la cata totale.
Oui, chers lecteurs, c’est de la communication institutionnelle, c’est comme ça, ça ressemble à la vérité, mais en fait c’est juste une vérité. Pas tout à fait un mensonge, pas tout à fait de la manipulation, il y a un fond de réalité dans le message, mais simplement, c’est un peu plus beau que la vraie vie. Comme la télé-réalité quoi. Malheureusement, il nous est impossible d’être présents partout à la fois pour vérifier la véracité des dires des uns et des autres, et je ne vous parle pas de celle des Huns. Certes, pour recouper vaguement l’info, il nous faut téléphoner encore et encore, à nos camarades dans le vignoble, mais là aussi, la recette à ses limites, le climat de Saint-Emilion est par définition fort différent de celui de Saint-Estèphe. Tout ça pour dire qu’il faut prendre un certain recul par rapport à ce qui est annoncé maintenant. On en saura nettement plus sur la récolte 2008 dans une petite année, quand les vins commenceront à sortir et que les langues seront déliées. En attendant, bonne visite.


Bordeaux : 40 % de moins dans les blancs


Bordeaux, objet de tous les regards, est à la peine. Les blancs ont commencé leurs vendanges le 10 septembre avec une demi-récolte seulement. Les rouges, qui ont une maturité plus difficile, n'ont débuté qu'en fin de septembre et plutôt début octobre pour les meilleures propriétés. Après le difficile millésime 2007 qui avait servi de banc d'essai, les propriétés les plus en pointe s'en sortiront. Mais les autres ? Le raisin peine à mûrir et les acidités sont élevées. La petite récolte qui s'annonce (25 à 30 % de moins dans les rouges, 40% dans les blancs), n'arrange pas les comptes d'exploitation. La qualité risque de ne pas être au rendez-vous. Il faudra s'attendre à des vins à deux vitesses, les uns d'honnête qualité chez ceux qui auront su gérer les impondérables (de lièvre), les autres verts et acides.


Bourgogne: les bons s'en sortiront

Au 20 septembre, il s'est produit un basculement qui favorise les plus patients. Dire que 2008 ne sera pas 2005 est une litote (au minimum). En Bourgogne comme à Bordeaux, les talentueux s'en sortiront, mais il faut s'attendre à une grande hétérogénéité.


Jura: l'optimisme


Habitué des vendanges tardives, le Jura ne s'alarme pas pour vraiment. Un mois de septembre ensoleillé et des journées fraîches, il semblerait que ce soit plutôt bien parti.


En Alsace: pas de panique

Officiellement, le raisin est sain. Il fait beau, personne ne panique. Dans ce type de configuration, le riesling s'en sort toujours pas trop mal car il peut aussi mûrir par températures fraîches.


Languedoc-Roussillon : récolte très faible


La pluie, qui a empoisonné le nord de la France, a épargné le Languedoc et le Roussillon, mais les températures sont restées fraîches. Les mois de juillet et d'août ont été secs, le raisin a pu mûrir convenablement. Toutefois, la récolte sera, une des plus faibles des cinquante dernières années.

 

Provence: vendanges froides et pluvieuses


La région s'en sort moins bien avec une forte sortie de raisins, du mildiou et des vendanges froides et pluvieuses qui ont réduit les quantités.


Rhône: récolte en baisse


La région a souffert: comme partout en France, les raisins ont été cueillis avec deux à quatre semaines de retard et les quantités sont en baisse de 10 à 20%.



Champagne: l'insolence


Face à ces résultats mi-figue mi-raisin, la Champagne affiche une qualité de récolte insolente. La fraîcheur du millésime lui sied à merveille pour l'élégance de ses cuvées. La récolte est certes un peu inférieure en quantité à celle de l'année dernière, mais elle est tout de même assez confortable.
Globalement, la France produira une de ses plus petites récoltes en quantité. Pourvu que les prix soient du même tonneau….

Eric Boschman

06:33 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |