16 novembre 2015

155ème vente des Hospices de Beaune

La 155e vente des Hospices de Beaune s'est tenue comme prévu ce 15 novembre.

Pour anecdotique que cela paraisse face à l'actualité très lourde, c'est aussi un petit témoignage de résistance face à la peur et à la barbarie. 

La vente s'est d'ailleurs ouverte après une minute de silence et une Marseillaise chantée debout par l'assistance.

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Vue de la vente depuis la tribune de presse (photo (c) H. Lalau

Côté viticole, deux nouveautés pour cette édition: une nouvelle régisseuse, Ludovine Griveau,  et une nouvelle cuvée, un Chablis Premier Cru Côte de Léchet qui portera le nom du généreux donateur de la parcelle, Jean-Marc Brocard.

La vente s'est traduite par une très forte hausse des cours que l'on peut à la fois attribuer à la qualité du millésime 2015 (en rouge comme en blanc), à la production relativement faible et à la générosité des enchérisseurs émus par les attentats, notamment pour ce qui est de la Pièce des Présidents, adjugée à 480.000 euros (frais et taxes en sus), nouveau record.

Le total des ventes dépasse 11 millions d'euros, contre un peu plus de 8 millions en 2014.

00:15 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

10 novembre 2015

Thomas Sotto vote-t-il les lois en France?

Thomas Sotto recevait Emmanuel Macron, ce matin, sur Europe 1.

Evoquant l'amendement des sénateurs assouplissant la loi Evin, voté en septembre et confirmé hier en commission des lois à l'assemblée nationale, l'animateur radio n'a pas eu un seul mot pour soutenir la libéralisation de la promotion oenotouristique.

Il a diffusé un seul avis, celui de M. Evin, défavorable à l'amendement (quelle surprise!).

Il a laissé entendre à plusieurs reprises que les lobbies du vin étaient derrière ce texte (dont il n'a pas détaillé le contenu, ce qui serait pourtant utile si l'on veut en parler en connaissance de cause). Comme si le législateur, dans tous les domaines dont il traite, ne devait jamais tenir compte d'aucun avis extérieur. Comme si le lobby des producteurs de médicaments et des hygiénistes n'existait pas. C'est pourtant ce lobby, soutenu par la Ministre de la Santé, qui avait tenté de supprimer l'amendement précité.

Personne n'a eu l'occasion de venir défendre la position selon laquelle le vin est un produit différent des autres boissons alcooliques, en termes de culture et en termes de dangerosité. Aucun vigneron, aucun buveur, aucun sénateur ou député n'a pu exprimer son opinion. Aucun chercheur n'a pu montrer par les chiffres que le vin n'était pas responsable de l'alcoolisation des masses, et notamment des jeunes. Nul n'a cité le mot de modération.

J'ai eu l'impression que M. Sotto, qui parle d'"un débat qui ne fait que commencer" (alors que le texte est en deuxième lecture) faisait la politique en France, à la place des élus. Qu'il semblait attendre du gouvernement qu'il censure les parlementaires. 

J'ai eu l'impression que la loi Evin et ses arrêtés d'application constituaient un des piliers majeurs de la constitution française. A moins qu'il ne s'agisse de sorte de religion laïque positionnée au dessus des lois, d'une charia sanitaire s'imposant naturellement à tous, et que même la représentation nationale ne pourrait remettre en question.

M. Sotto, en toute camaraderie, puisque vous parlez dans le poste et que moi, j'écris dans la presse, je trouve que vous outrepassez vos fonctions. Vous ne faites pas preuve du plus petit commencement de pluralisme.

Et vous me courez sur le haricot avec votre prêt à penser.

Si vous êtes d'accord avec moi, amis lecteurs, dites-le!

07:24 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |