17 février 2009

"Hôpital, patients, santé et territoires"

Le projet de loi  "Hôpital, patients, santé et territoires"  est en discussion en commission parlementaire, en France, ces jours-ci. Et curieusement, vu son titre, il traite beaucoup de vin.

Entre autres joyeusetés, il prévoit l'interdiction des dégustations gratuites sur le lieu de vente. Les producteurs sont atterrés. Les medias français se font mollement l'écho de leur désarroi. Il faut lire la presse flamande, et notamment le Standaard, sous la plume d'Alain Bloeykens, pour trouver une réaction à la mesure du problème!

Pourtant, pour qui veut chercher, il y a matière à de beaux articles. Comment la Ministre de la Santé Roselyne Bachelot peut-elle seulement feindre de croire que le vin est la source des problèmes relevés par l'enquête "alcool et autres drogues", réalisée dans les écoles françaises. Enquête sur laquelle elle dit appuyer son projet de loi. Ce n'est pourtant pas le cabernet ni le pinot qui coule dans les "rave-parties" ni dans les fêtes d'étudiants!

Quelques parlementaires ont osé détricoter un petit pan de son projet de loi (qu'on croirait pondu par un de ces hygiénistes qui préconisent l'abstinence): ils ont voté un amendement permettant à un parent de commander une boisson alcoolisée pour un mineur. La Ministre s'est dit "plus que réservée". 

Les bras m'en tombent. Les parents n'ont-ils pas la charge de leurs enfants, ne doivent-ils pas les éduquer, aux risques comme au reste? Quel est cet Etat totalitaire qu'on nous propose, qui pense pour nous, qui juge de ce que nous devons faire de notre vie et de comment nous devons élever notre progéniture? 

Au Québec, il n'y a pas beaucoup de production de vin, mais il y a Educ'alcool. En France, il y a Margaux, Petrus, La Romanée-Conti, le Rangen de Thann, La Coulée de Serrant, le Clos des Papes... et Bachelot. 

Des terroirs ancrés dans l'histoire, et une ministre mal inspirée, qui risque bien de ne laisser dans l'histoire qu'une image de prohibitionniste gaffeuse, de Marthe Richard du vin. Pour elle, c'est tout ou rien. Elle voudrait que les producteurs capitulent en rase campagne. Comme si la campagne n'était pas déjà assez mal engagée pour eux avec la crise financière.

Mais que font les élus des régions de production, et notamment ceux qui ont accès aux grands médias? Il y a bien Alain Juppé, qui critique en sourdine le projet au nom de ses administrés bordelais, mais combien d'autres se taisent, notamment parmi les grandes pointures? On aimerait connaître l'avis d'Adeline Hazan, Maire de Reims - que serait Reims sans le Champagne, et pourtant nulle mention du Champagne dans ses voeux à la presse, cette année. L'avis d'Arnaud Montebourg, l'élu du Mâconnais. De Ségolène Royal, Présidente de la Région du Cognac et du Pineau. De François Rebsamen, Maire de Dijon, qui soutient les salariés des moutarderies en lutte - et pas le peuple des vignerons? De Jean-Marc Vayssouze, le jeune Maire de Cahors, terre de coopératives sociales...

A priori, ils ne sont même pas du même bord politique que Mme Bachelot. Alors qu'est-ce qui les retient?

Et nos confrères de la "grande" presse, si épris de liberté, d'habitude. Où sont-ils dans ce combat? 

 

11:34 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

08 février 2009

Bravo, Marcel!

Voici quelques années, à Saint Lothain, j'accompagnais mon ami Marc Vanhellemont (Mister Jura chez In Vino Veritas) à la Percée du Vin Jaune. C'est là que j'ai découvert les Crémants du Jura. Une belle surprise. J'aurais pourtant dû m'y attendre: les chardonnays du Jura n'ont rien à envier à ceux de Bougogne ou de Champagne.

Le problème, bien sûr, c'est que les Crémants du Jura sont plutôt difficiles à trouver hors de la région. Aussi quand j'ai vu chez Champion celui de Marcel Cabelier, je n'ai pas hésité.

 

Jura

Enfin si, un petit peu, parce que les vins tranquilles du dit Marcel ne m'ont pas toujours emballé, notamment son Vin Jaune, il y a quelques années (genre pas cher, pas expressif non plus). Mais il paraît que ca s'améliore. Au fait, Cabelier, c'est une sous marque de la Compagnie des Grands Vins du Jura. Si vous allez à Crançot, au siège de la cave, je crains que si vous demandez à voir Marcel, on ne vous rie au nez...

Quoi qu'il en soit, pour ce Crémant, je n'ai pas eu à regretter le petit "risque" pris.

Le millésime proposé est un 2004, c'est la Cuvée Médaille d'Or. Un assemblage de Chardonnay (dont on ne dira jamais assez qu'il est autant jurassien que bourguignon) et de pinot noir (20%). Ce qui me plaît, dans ce vin, c'est son équilibre. Il repose sur une belle fraîcheur acide, le dosage est parfait, la bouche se caractérise par un petit côté toasté, mais très léger, et sous jacent, on trouve une superbe minéralité. Belle longueur. Le vin est à point aujourd'hui.

Le tout, pour un prix tout doux: 8,69 euros. Bravo, Marcel!

 

 

11:06 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : jura, cremant, vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |