23 mai 2009

Un Juste

Michel Barnier (qu'on n'a jamais tant entendu que depuis qu'on sait qu'il est partant de son poste de Ministre de l'Agriculture), s'est enfin déclaré. 

Plus précisément, il s'est déclaré... favorable à "un prix juste du lait".

Encore un petit effort, et il pourrait se prononcer pour un prix juste du vin... ou même, soyons fous, pour un traitement juste de la filière vin par les Pouvoirs publics...

09:54 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

21 mai 2009

Heureusement qu'on a l'oenotourisme!

Difficile d’imaginer en France un Parti du Vin, comme en Géorgie. Il est vrai qu’il s’agit du berceau de la vigne. La Géorgie, c’est le pays de Noé, dont l’ivresse est restée célèbre. La France, c’est le pays de Delanoë, qui a vendu le fond de cave de la Mairie de Paris.

Difficile aussi d’imaginer chez nous un Ministre de l’Agriculture aussi interventionniste en matière vineuse que l’Italien Luca Zaia.  Après avoir pris en main l’affaire du Brunello, voici qu’il se saisit de celle du Prosecco : il vient d’installer les nouvelles aires Prosecco DOC et DOCG, et il veut maintenant lutter contre le «piratage» de l’appellation par les Australiens.
Il faut croire que le secteur viticole dispose en Italie de meilleurs relais politiques qu’en France. C’est peut-être aussi grâce à cela que les vins italiens s’exportent si bien ces dernières années. Un pays où le vin fait vraiment encore partie de la culture populaire, et où les ministres ne se cachent pas d’en consommer, cela inspire la confiance des importateurs.

Le «climat» anti-vin n'est pas pour rien dans les déboires de la France viticole - la France qui arrache de la vigne, quand le Chili en plante.  A force de faire passer les vignerons pour des empoisonneurs, des dealers ou des irresponsables, on finira par régler le problème viticole ; la France deviendra le conservatoire des traditions œnologiques, une grande réserve œnotouristique, et même la Ministre de la Santé ne pourra y trouver à redire: les caves ne vendront plus que des T-shirts et des magnets, avec «Terroir» écrit en gros dessus ; peut-être un tire-bouchon, aussi, de temps à autre ; mais sans pointe, pour ne pas blesser. Les petits Français demanderont à leurs parents à quoi ce truc peut bien servir, comme aujourd’hui les ruraux de la Chine profonde.

Je n'ai rien contre l'oenotourisme, bien au contraire. Mais si c'est juste un alibi des anti-vins, alors je dis non.

Au risque de choquer les poètes et les pisse-vinaigre, le vin, au-delà de la culture, c'est fait pour boire.

10:57 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |