30 juin 2010

Un pur esprit

J'aime les gens qui ont un idéal. Les gens qui ne vivent pas pour l'argent, qui ne s'encombrent pas de contigences matérielles. Un grand journal régional français consacre justement un article à un de ces purs esprits, Me X, avocat d'affaires;  je préfère préserver son anonymat, pour que sa modestie ne souffre pas. C'est qu'il a bien du mérite, compte tenu de son métier.

Maître X. a été le conseil d'une grande firme du secteur vin convaincue de fraude. Mais un conflit l'oppose à son ancien client. Passons sur les détails, mais au détour de l'enquête, telle qu'exposée par la presse, on apprend que Me X., en plus des honoraires perçus de son client, se serait fait construire une piscine en bonne partie financée par ce même client. Devant ses détracteurs, l'avocat ne nie pas, il dit simplement "n'avoir jamais prêté attention à ces travaux, n'ayant pas le moindre intérêt pour les choses matérielles".

A ce niveau de désintéressement, on touche au sublime.

Moi, j'aimerai bien que ça m'arrive. Si une société de vin souhaite venir construire une piscine dans mon jardin, je ne la découragerai pas. Je lui demanderai seulement de s'annoncer à l'avance, car si, comme Me X., je suis distrait et peu au fait des choses matérielles, j'ai certainement un plus petit jardin, et j'aimerai pouvoir continuer à accéder à ma maison.

 

00:45 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

26 juin 2010

Le cépage, nouveau cheval de bataille des gros exportateurs français?

René Moreno, le président de l'Anivin de France, entend miser sur le cépage pour l'exportation des vin sans indication géographique, ce que permet la nouvelle réglementation européenne: "Le nom du cépage est devenu un référent incontournable". 

L'Anivin, qui regroupe un bon millier de producteurs, dont de très gros opérateurs, pense que la France a perdu des parts de marché en se focalisant sur ses vins d'AOC, sa tradition, ses terroirs, toutes choses difficiles à expliquer aux néophytes.

Vaste débat. Faut-il fournir au consommateur ce qu'il est capable d'apprécier spontanément ou bien faut-il l'éduquer? Les deux sans doute. D'ailleurs, il n'y a pas qu'un seul type de consommateur.

Attention, cependant, à ne pas déshabiller Paul pour habiller Pierre, les efforts louables des gros opérateurs pour vendre des vins de cépages à bas prix seront tout bénéfice s'ils permettent de débarrasser les AOC de vins qui ne méritent pas cette mention. Ce serait le meilleur des deux mondes.

Mais il faudra veiller à ce que l'image de la  Maison France ne soit pas ramenée à son plus petit dénominateur commun, que les vins de France ne soient pas réduits à la mention "Vin de France", celle de vins simples, concurrentiels, certes, mais sans caractère affirmé, puisqu'ils doivent plaire au plus grand nombre et aux non initiés...

09:43 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |