08 mars 2009

Vin & cancer: un autre son de cloche

Tous les chercheurs et tous les médécins sont loin de parager l'avis des hygiénistes de l'INCa ou de l'ANPAA. Voici à titre d'exemple un extrait d'un communiqué de la Société française de Santé Publque, qui m'a été aimablement transmis par Pierre Leclerc. Il date du 15 janvier 2009. Et s'il n'a pas eu l'écho dans la presse que la "méta-étude" publiée par l'INCa, c'est peut-être parce qu'une certaine presse préfère le sensationnalisme?

Il s'agit de l'extrait qui concerne la prévention contre les cancers, et plus précisément la problématique de l'alcool.

"Dans le domaine des luttes contre les consommations excessives d’alcool, il conviendrait de développer une prévention globale, humaine et raisonnée évitant toute position manichéenne. En effet, pour légitimer le discours sur le risque et la mesure, il faut éviter de se laisser enfermer dans un néo-hygiénisme basé sur des interdictions strictes et savoir parler du plaisir, de la convivialité que procurent des consommations d’alcool. Les politiques publiques de lutte contre les consommations excessives d’alcool mériteraient donc d’être
accentuées mais aussi s’adjoindre de nouveaux axes.


Il conviendrait de :
- tenir compte dans les campagnes de prévention de la distribution sociale des consommations d’alcool, de la fréquence accrue des multi-consommations
- accentuer
o le recours à la notion de "situation à risque", par exemple au cours de la grossesse, lors de certaines activités, en certains lieux et à certains moments : conduite automobile, travail (et retraite !), loisirs et vacances, manifestations sportives..., ce qui est un moyen de toucher l’ensemble de la population à tous les âges de la vie ;
o les stratégies dites d’intervention précoce en sensibilisant les personnes qui s’exposent à des risques (usages à risques, usages problématiques ou abus) et qui, à ce moment de leur trajectoire où la dépendance n'est pas installée, n’ont pas forcément besoin d’une intervention intensive ou d’un traitement mais qui peuvent modifier leur comportement avant qu’il ne devienne chronique ou grave.
- trouver le juste équilibre sur l’encadrement de la publicité. Lever toute interdiction de publicité ne peut qu’amener à une augmentation à terme de la consommation
d’alcool ;
- adjoindre aux approches de prévention universelle (campagnes générales d’information qu’il s’agisse de tabac ou d’alcool) :
o une prévention de proximité pour relayer directement auprès de la population, à tous les âges de la vie et en tous lieux, les mesures et actions relevant de la prévention universelle ;
o des actions visant à accroître les capacités de changements d’attitudes et de comportements afin de diminuer les conséquences nocives des consommations"

C'est bon à savoir, non? Alors n'hésitons pas à le faire savoir autour de nous.

09:25 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

07 mars 2009

Projet Bachelot: le combat continue

Suite du feuilleton parlementaire français (mes excuses aux lecteurs non français, mais cette polémique me paraît d'autant plus importante qu'elle pourrait inspirer les législations d'autres pays).

Après la petite victoire de l'amendement Ollier, qui préserve les dégustations gratuites, les élus favorables au vin devront à nouveau bataiiler ferme contre un amendement défendu par le député UMP Yves Bur (Bas-Rhin) et le député socialiste Jean-Marie Le Guen (Paris). Retenez bien ces noms, leur alliance est étonnante, et l'on espère pour eux qu'ils ne se présenteront pas un jour dans une circonscription viticole.

Leur amendement vise à limiter la publicité pour les boissons alcoolisées sur Internet aux seuls sites des professionnels du secteur, producteurs ou négociants (rappelons qu'actuellement, vu le vide juridique, toute publicité est interdite).

Il fait sortir de ses gonds la présidente de Vin & Société, Marie-Chritine Tardy: « Cet amendement est inacceptable ! S'il était voté, on ne pourrait plus évoquer le vin sur les sites touristiques, sur les sites de presse ou sur les moteurs de recherche. »

Aussi, la filière soutient un autre amendement, déposé par le député UMP de l'Hérault Jacques Domergue, qui demande que la loi Evin s'applique pour Internet, à l'exclusion des sites dédiés à la jeunesse, les sites d'associations sportives et des publicités  «intrusives» («pop-ups »).

08:37 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |