29 mars 2009

Quand M. Barnier s'érige en défenseur du "vrai rosé"

Communiqué du Ministère français de l'agriculture

"A l’occasion du Forum de Paris sur la Méditerranée à l’Unesco le dimanche 29 mars, Michel Barnier, ministre de l'agriculture et de la pêche, a réaffirmé "son opposition au projet de la Commission européenne" de permettre la fabrication de vin rosé, sans indication géographique, par mélange de vin rouge et de vin blanc, indique un communiqué du ministère.

    Le ministère souligne que "la France a depuis plusieurs mois fait connaître son opposition à un tel projet".
   La Commission "vient de faire une proposition de compromis, en proposant
des règles d'étiquetage distinctif, à la convenance de chaque Etat membre", rappelle le ministère. "La France ne se satisfait pas de cette proposition,  elle est le seul Etat membre à ne pas l'avoir acceptée", poursuit-il.
   M. Barnier affirme que "la seule solution acceptable est un maintien de l'interdiction actuelle de produire des vins de table rosés par coupage de rouge et de blanc" et que "ce point précis n'est pas négociable".
   Le ministre ajoute que "la France fera tout pour que cette interdiction  soit rétablie dans le projet de règlement de la Commission" et qu'"en tout  état de cause, la France continuera à interdire la production sur son  territoire" de vin de table rosé par coupage de vin rouge et de vin blanc.
   M. Barnier  a "rappelé l'attachement de la France aux politiques de qualité  et aux produits agricoles sous indication géographique", ajoute le ministère.

 

Cette prise de position contredit sur plusieurs points les déclarations des producteurs de l'AGEV, que j'ai reproduites voici peu dans ce blog. Ceux-ci affirment en effet que la France a bel et bien accepté le projet lors de sa présentation à Bruxelles  - je dirai même plus, que la question a fait l'objet de négociations au niveau national, y compris avec les représentants de ceux qui s'y opposent aujourd'hui, et avec l'aval du ministère.

Dans des pays plus sourcilleux en matière de vérité en politique, on imaginerait pas un tel revirement de la part d'un gouvernement.

Il est aussi à remarquer que ce projet ne concerne que les vins sans indication géographique; par voie de conséquence, l'argument qui consiste à défendre qualité et l'authenticité des appellations est peu pertinent. En outre, le ministre passe sous silence le cas du Champagne rosé (AOC, donc), qui assemble déjà blanc et rouge.

Faut-il voir dans cette prise de position très médiatique le "baroud" d'honneur d'un ministre appelé à d'autres fonctions dans la perspective des Elections européennes, et qui ne restera pas comme un grand défenseur de la viticulture?

 

20:45 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

27 mars 2009

Berthomeau allume le Nouvel Obs'

Extrait de l'excellent blog de Jacques Berthomeau - le genre de trucs à montrer dans les écoles de journalisme...

"Le sieur Chiquelin nous pisse une copie dans l’hebdo des exclus (le Nouvel Obs.), sous le  nom affriolant de «La vie en rosé». Un must dans le genre démagogie franchouillardisante matinée d’alter et nouvelle vulgate type Besancenot. Très good dans un magazine où la plus petite babiole exposée affiche au minimum les 3 SMIC, ou «je mange bio mais je n’ai pas jeté mon sac Céline».

Que Chiquelin ait un point de vue sur le sujet, c’est son droit. Même si on s’en bas les c… comme on se bas les c... du mien, d’ailleurs. Mais alors qu’il affiche la couleur: tribune libre.

Non, Chiquelin est journaliste: il exerce le beau métier de nous informer. Alors qu’il s’informe avant de nous tartiner des «conneries»!

Exemples: mélanger du vin blanc et du vin rouge équivaudrait à l’adjonction de graisse végétale dans le chocolat. Que je sache du vin + du vin, quelle que soit sa couleur, ça fait du vin, ça ne change pas la nature du produit. Que ce soit bon ou mauvais, c’est une autre histoire. Il suggère aussi que ce mélange créerait du vin. Que je sache, 1 litre de blanc + ½ litre de rouge = 1,5 litre de rosé ça ne fait pas un cl de plus sur le marché, contrairement à la chaptalisation, qui, dans certains cas crée des volumes.

Je passe sur le couplet de l’industrialisation du vin, ça plaît beaucoup dans les lofts et les maisons de campagne.

Mais, là où je vois rouge, c’est lorsque le Chiquelin, pas gêné, évoque le feuilleton parlementaire de « l’interdiction de la dégustation ». Il arrive après la bataille, le gus. Mais où était-il lorsque ça chauffait ? Qu’a-t-il écrit sur le rapport de l’INCa ? «Oualou», que dalle, planqué, silencieux, pas même un petit signe de soutien au combat contre les prohibitionnistes! Les ouvriers de la 25ième heure me gonflent. Les beaux et bons vins rosés de France méritent un bien meilleur avocat et n’ont rien à gagner de plaidoiries à 2 balles, truffées d’approximations et de couplets qui n’ont rien à voir avec la choucroute..."

Plus d'info:

http://www.berthomeau.com/article-29489156.html

12:03 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |