02 juillet 2009

Ils sont fous, ces Suédois!

Lars Olofsson, le nouveau grand patron (suédois) de Carrefour, raconte à qui veut l'entendre que son modèle, en matière de distribution, a pour nom IKEA.

Une seule enseigne, un seul assortiment pour le monde entier, c'est évidemment imbattable en matière d'économies d'échelle. En matière d'alimentation, pourtant, j'ai mes doutes.

 

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On n'a sans doute pas besoin d'apprendre aux consommateurs à quoi sert un canapé, ni comment monter une armoire en kit. Mais demander à un Ecossais de manger comme un Catalan, à un Batave de délaisser ses tartines au Gouda pour un casse-croûte au camembert (du vrai, bien sûr, pas de l'aseptisé), c'est une autre paire de manches.

Qu'Olofsson entende rationaliser l'organisation de son groupe en diminuant le nombre de ses enseignes, pourquoi pas, si ça rassure ses actionnaires. C'est d'ailleurs déjà en cours.

Mais inventer une "diète internationale" où les assortiments seraient choisis sans tenir compte des goûts locaux, c'est confondre "économie d'échelle" et "viser à côté de la cible".

Un exemple, un seul: ne proposer aux clients des Carrefour belges que les vins qui plaisent aux Carrefour français, ce serait une fausse bonne idée. Les prix à l'achat seraient peut-être abaissés par un effet de volume, mais les gammes, elles, risqueraient fort de ne pas convenir.

Rappelons que dans ses supermarchés, le Belge bénéficie de toute éternité d'un choix de vins beaucoup plus large que son voisin du Sud - même en matière de vin français. Et quant aux vins non français, les acheteurs de Carrefour France ont encore à nous prouver leur expérience dans ce domaine.

Ce n'est pas tout de savoir acheter à bas prix, il faut encore savoir vendre. D'autant que la crise actuelle a pour effet de pousser le client vers les valeurs sûres. Alors, bouleverser les assortiments, ce n'est sans doute pas le meilleur moment.

A mon sens, M. Olofsson serait mieux inspiré de renforcer les compétences à l'achat dans ses centrales (il ne suffit pas de savoir dire non sur tous les tons pour savoir bien acheter), d'arrêter de faire tourner ses acheteurs dès qu'ils commencent à comprencdre quelque chose au marché, plutôt que d'appliquer la politique du "je ne veux voir qu'une tête".

S'ils sont vraiment fous, ces Suédois, comme dit le slogan d'IKEA, alors qu'ils aient la folie de la qualité, pas du moins-disant commercial!

 

 

10:53 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : carrefour | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

27 juin 2009

IGP

A compter du 1er août 2009, les vins de pays deviendront "Indications Géographiques Protégées" (IGP).  Un label de qualité qui signifie à la fois une protection européenne et une traçabilité du produit. Dans le même temps, les organisations de tutelle deviendront des Organismes de Gestion (ODG), s'appuyant sur des Organismes de Contrôle indépendants (ODC).

 

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On nous dit que les nouvelles procédures de contrôle, toujours en discussion au plan français entre l'INAO (festina lente), les professionnels viticoles et le Ministère de l'Agriculture, devraient garder "l'esprit vin de pays" - c'est à dire, plus de souplesse que pour les AOC/AOP.

On jugera sur pièce lors de la mise en place des décrets.

Il y a actuellement 152 Vins de Pays en France. Ils seront rejoints au sein des IGP par quelques uns des VDQS qui ont choisi ne se pas s'imposer les règles plus strictes de l'AOC, comme le Gros Plant du Pays Nantais, par exemple.

08:15 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |