29 juillet 2009

Vin, cancer... et journalisme

Je reviens sur la communication du Haut Conseil Français de Santé Publique que j'évoquais hier et qui, à ma grande satisfaction, se refuse à proner l'abstinence totale, comme l'y incitaient les prohibitionnistes de l'Institut National contre le Cancer. Les efforts de l'association "Honneur du Vin" ont sans doute contribué à ce revirement. Saluons-les au passage.

La partie est loin d'être gagnée, cependant. Le plus désolant, dans cette  histoire, c'est l'analyse qu'en font certains de nos confrères qui, manifestement, prennent leurs marottes pour des réalités. Ainsi de Sandrine Blanchard, dans le Monde du 28/07: celle-ci continue à dire que l'alcool est cancérogène à n'importe quelle dose, comme si c'était une vérité révélée, s'appuyant toujours sur la pseudo-enquête WCRF. Elle ne met pas en doute les objectifs de l'INCa, juste sa méthode.

Le lecteur en ressort même avec la désagréable impression que le Haut Conseil de la Santé Publique a basé sa décision sur des raisons tactiques plutôt que sur une analyse de fond des dangers réels.

Et c'est un verre de vin qui est mis en support visuel de l'article du Monde, comme si le vin était le catalyseur de tous les excès. Ce qui est à côté de la plaque.

Chers confrères français, il est urgent d'engager un dialogue avec nos collègues de la presse généraliste, de leur faire connaître nos arguments statistiques et scientifiques, de refuter les thèses catastrophistes qu'ils sont trop enclins à relayer - en un mot, de les "retourner". Nous avons la connaissance, mais c'est eux qui ont l'audience.

Aujourd'hui, c'est comme si la "grande presse" française avait honte du vin. C'est elle qui nous fait honte, parfois, dans son manque d'objectivité. Elle contribue à diaboliser le vin au moins autant que les hygiénistes institutionnels: "Si c'est dans le Monde..."

Et ce n'est pas qu'un phénomène français. Le principe de précaution frappe aussi dans les gazettes anglaises, allemandes, espagnoles, même sur la BBC...

Il faut changer cet état de fait. Toutes vos suggestions sont les bienvenues, amis blogueurs.

00:36 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

28 juillet 2009

Le Haut Conseil de la Santé Publique ne prône pas l'abstinence

Dans un avis rendu le premier juillet, et publié voici quelques jours, le Haut conseil français de la santé publique (HCSP) estime qu'il n'y a pas lieu de substituer aux recommandations actuelles de consommation d'alcool celle d'une abstinence totale.

"Considérant

1. que les données scientifiques objectivent un risque de cancer associé à la consommation d'alcool sans effet seuil ;
2. que les données analysées ne permettent pas d'estimer avec précision les risques attribuables aux consommations d'alcool à faible dose ;
3. qu'une recommandation nutritionnelle destinée au grand public doit tenir compte de l'ensemble des effets et impacts potentiels et ne pas se baser sur une morbi-mortalité spécifique ;

Le Haut Conseil de la santé publique recommande de conserver le principe actuel de recommandations basées sur des repères de consommation".

Et pour les prohibitionnistes de l'INCa, la même chose...

18:47 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |