05 juillet 2009

Intolérance au vin

C'est le journaliste du Figaro Georges Malbrunot qui le rapporte, et notre consoeur Catherine Bernard de Vitisphère qui nous le relate: début mai, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki était en visite officielle en France. Un déjeuner était prévu à l’Elysée. Mais quand al-Maliki a constaté que du vin allait être servi, il a exigé que «l’alcool impie» soit retiré de la table. "Pas question", lui ont répondu les Français - personne ne l'obligeait d'en boire, après tout, et les hôtes, c'étaient eux. Comme Maliki ne voulait pas en démordre (c'est un chi'ite version rigoriste), le déjeuner a été tout simplement annulé.

Le vin, vecteur de tolérance?  Oui, la preuve est là, par l'absurde: non seulement les intolérants le rejetent  pour eux mêmes, mais ils voudraient aussi en dégoûter les autres! Toute ressemblance avec les ligues anti-alcooliques ne sont pas fortuites. Les dirigeants de l'ANPAA seraient-ils chi'ites intégristes?

22:51 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

03 juillet 2009

Les Anglo-Saxons au chevet de la viticulture française

"Dysfonctionnements", "pas assez de marques fortes", "manque de vision marketing"...

Tel est le sombre tableau dressé par le chroniqueur vineux britannique Robert Joseph à propos de la France viticole, lors du dernier Vinexpo. Un pays qu'il connaît bien, puisqu'il lui a consacré plusieurs livres.

Toujours à Vinexpo, le professeur Tony Spawton, venu d'Australie pour participer à la conférence sur la crise viticole française, parle lui "de graves problèmes d'infrastructure". Et notamment à Bordeaux: "que la première région de production au monde soit obligée de recourir à la distillation de crise, c'est déjà mauvais signe". Le professeur a également critiqué la région pour la trop grande importance qu'elle accorde à la notation Parker. C'est surtout valable pour les grands crus, évidemment, car au Château Lapompe, Parker, vous savez... C'est drôle comme l'arbre spéculatif peut parfois cacher la forêt commerciale...

Mais pour en revenir au diagnostic de nos amis Anglo-Saxons, deux remarques.

Primo, c'est gentil à eux de continuer à parler de nos vins pendant la crise. Je suppose que le marché des primeurs de Californie, d'Afrique du Sud ou d'Italie se porte beaucoup mieux, car on n'en parle jamais.

Secundo, la vision de l'expert Australien sur notre crise est à remettre dans son contexte. Sécheresse, surproduction, baisse de la consommation, hausse des coûts de production, indigestion de marketing... les Australiens cumulent toutes les crises en même temps. Il fut pourtant un temps, pas si lointain, où même en France, on disait que les Kangourous avaient tout compris.

Alors, remercions nos amis et concurrents pour leur diagnostic (ou faut-il déjà parler d'autopsie?), mais penchons nous entretemps sur nos atouts.  Si, si, il y en a! Ne serait-ce que la notoriété de nos crus, bien utile en temps de crise, quand le consommateur en revient aux valeurs sûres. Exploitons cette rente de situation au mieux, c'est aussi important que de ressasser nos lacunes.

 

06:48 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |