19 avril 2009

Ils ont des vignerons, vivent les Bretons!

De mon excellent confrère Gilles du Pontavice:

"Hier 18 avril se tenait l'assemblée générale annuelle de l'association des vignerons bretons. Elle regroupe des vignerons amateurs qui cultivent des vignes, souvent de très petites surfaces, dans un but non commercial.

Nous avons planté une vigne municipale sur le Mont-Dol qui fait face au Mont-Saint-Michel. Auparavant, nous avons visité un vignoble de 1250 pieds de chenin blanc qui surplombe la Rance (rivière coupée par une usine marémotrice produisant 90% de ce type d'énergie au monde).

Terrain en coteau sur des terrasses monastiques du 15° siècle surplombant un port viking encore existant, forte pente, sous-sol de schistes (la Bretagne est un sol très ancien, une grande partie du Briovérien, avant l'ère primaire). Vignes en gobelet (ils n'aiment pas le fil de fer), porte-greffe Riparia gloire, gestion par une association de copains.

Bon vin en 2008, récolté le 2 novembre, car l'été était mauvais et l'automne beau et sec. Sol acide, PH de 5,5 je crois, amendé à la plantation par du maerl (calcaire fossile) et rien depuis.Non culture, enherbé et fauché régulièrement. Pour ceux qui ont regardé Thalassa sur France 2 vendredi, c'est là.

On parle beaucoup du réchauffement climatique et de la remontée des vignobles de qualité vers le Nord, seul l'avenir dira si c'est pérenne. Les gelées de printemps restent un problème en Bretagne. Mais la reconquête de la Bretagne par la vigne est édifiante. Comme la participation à cette journée de vignerons d'Ile-de-France et d'un ancien vice-président de l'INAO. Bien entendu, cela reste une entreprise amicale, les superficies sont réduites et il n'est pas question de commercialiser les vins. Mais il y a une centaine de petites vignes en Bretagne, résurgences d'un vigoble assez présent an Moyen-Age.
 
Gilles du Pontavice

18:31 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

Mort annoncée des AOC

Journaliste reconverti dans la viticulture, Hervé Bizeul (Le Clos des Fées) annonce la disparition des AOC, victimes selon lui d'une réforme opaque. Alarmiste, notre ancien confrère? Ce qui interpelle, en tout cas, c'est non seulement le manque de communication des "décideurs", mais aussi le manque d'implication de la base. Et les Côtes du Roussillon sont loin d'êtte un exemple isolé...

"Le vigneron qui, le plus souvent, ne s'est pas vraiment battu pour avoir l'AOC (c'était son père ou son grand-père...), qui la considère comme un "dû" avec beaucoup de droits et bien peu de devoirs ne se sent guère plus concerné... Parfaite illustration du "qui ne dit rien consent", il laisse quelques responsables, plus ou moins syndicaux, plus ou moins influents, plus ou moins coopérateurs, faire leur petite cuisine dans leur coin. Ces gens là se gardent bien d'avertir "la base" de ce qui les attend. La preuve ? Le processus de réforme est arrivé à terme dans mon vignoble et je n'ai JAMAIS rien reçu, ni de mon syndicat d'AOC, ni de l'INAO, ni du gouvernement. Je n'aurais rien pu y changer, alors, aucun regrets...

Vous vous souvenez ? On vote en fonction de l'hectolitre vinifié. Avec mes 350 hl de Clos des Fées, personne ne m'entendra crier. Pourquoi aller, la semaine prochaine, élire mes "représentants" puisque la coopération, à 90% en faillite virtuelle, fixera les règles de production de l'AOC que nous partageons en commun ? Inutile."

Pour en savoir plus: http://www.closdesfees.com/blog2/

11:17 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |