02 août 2009

Il est grand le Marnier!

Ou le retour de notre Eric fédéral, national et communautaire, ze Boschman himself...

Toute référence à quelques nouvelles postées récemment sur ce blog seraient plus amicales que fortuites, alors, merci, Eric...


"Allez les petits éléphants, c’est une belle histoire que l’oncle Riri s’en vient vous compter aujourd’hui. Une histoire de liqueur, profitons en tant que c’est encore en vente libre.

 

Grand Marnier

Si si, le Grand Marnier pousse dans les arbres...


Ben oui, vous avez vu ? En France, je ne sais plus au juste quel institut responsable de la santé publique vient de communiquer que le vin n’était pas forcément cancérogène. Du moins en dessous d’une certaine dose quotidienne absorbée. Ce serait une chouette nouvelle, si une certaine presse généraliste n’avait remis une couche sur le sujet en disant que rien n’était prouvé, certes, mais qu’il valait mieux faire gaffe, hein, car on ne sait jamais.

Ok, ok, ok, l’alcool est un problème, surtout à forte dose, personne n’osera dire le contraire. Dans une sacrée série de cas, c’est même à dose relativement faible. Bref, oui, mais c’est pas toujours un drame, et un verre de temps en temps, c’est pas devenir alcoolo chaque matin. Et pourtant, aujourd’hui il est hyper tendance de crier au loup à chaque bruit de bouchon. Avez-vous vu la dernière campagne sécurité routière en France, sponsorisée par un grand groupe automobile ? Un loufiat en smoking, présentant un (petit) verre de cocktail sur un plateau et comme message "L’accident de monsieur est servi".

Personne ne niera qu’un paquet d’accidents sont provoqués par une conduite en état d’ivresse, mais si on fait les statistiques, ne serait-ce pas plus souvent la vitesse excessive que la consommation d’alcool qui pose problème ? Assez de démagogie, on est dans le monde du totalement n’importe quoi. Il suffit de regarder ce qui se passe avec le tabac pour se rendre compte que la prohibition est la meilleure façon de motiver les consommateurs.

Une consommation raisonnable, des bobs, une tolérance zéro pour les conducteurs, de l’information, de la formation, arrêtons l’infantilisation des consommateurs, voilà la solution. Que les différents acteurs du secteur prennent leurs responsabilités, qu’ils avancent et fassent avancer la sécurité routière et travaillent sur les problèmes de santé publique, mais qu’ils cessent de jouer aux cons avant les élections, c’est réducteur.

Bon, allez, assez rigolé, passons aux choses sérieuses. Il faut que je vous parle du cas complexe de Jean-Baptiste Lapostole. En 1827, le susnommé habite là où, des années plus tard, le tristement connu Ayatollah Khomeini  passera quelques années en exil, à Neauphle-le-Château. C’est dingue, non ? C’est d’ailleurs aussi dingue de se dire que l’alcool est un produit d’origine arabe, comme l’alambic.

Bref, Jean-Baptiste y fonde une distillerie où il produit surtout des liqueurs de fruits. Une grosse cinquantaine d’années plus tard, sa petite fille épouse un Louis-Alexandre Marnier, fils de négociants en vins de Sancerre. C’est César Ritz, l’inventeur de la célèbre salade, qui, lorsqu’il goûta le Curaçao Marnier la première fois, le rebaptisa illico presto Grand Marnier. C’est y pas beau ça ? Bon dans l’histoire faut savoir qu’a cette époque, l’orange était un fruit de luxe, on ne la consommait qu’aux grandes occasions ou dans la grande cuisine. Le canard à l’orange ou la sauce bigarade, du nom de cette belle orange des Caraïbes que l’on retrouve aussi dans la liqueur, étaient des préparations de grande cuisine à l’époque.

Au début du vingtième siècle, la liqueur était considérée comme un véritable produit de luxe, et n’était pas réservée qu’aux crêpes, même si celles-ci étaient signées Escoffier. Bref, il y a un peu d’histoire là derrière. Et de la belle. Je ne veux pas faire plaisir aux superstitieux, mais on a trouvé des bouteilles de Grand Marnier dans l’épave du Titanic. Si on ajoute à ce naufrage les décès de César Ritz et d’Auguste Escoffier, on pourrait être en droit de se poser une question du style de celles qui se sont posées à l’équipe d’Howard Carter - ce produit porterait-t-il l’empreinte de l’Ayatollah ? Mais non, hein, bande de lecteurs adorés, c’est une bête blague à deux balles.

Pour en revenir à notre produit du jour, c’est en 1921 que la société s’installera dans le Cognaçais. C’est d’ailleurs de nos jours, le cinquième plus gros acheteur de Cognac. Dans les années quatre-vingts, le Grand Marnier a pris un petit coup de vieux; mais grâce à la magie des cocktails, des communicants et de la qualité des produits, depuis quelques années, ile vent tourne. 

De nouveaux consommateurs ont rejoint les mamies aux cheveux violets qui en sirotaient en regardant vaguement leur caniche assis sur la chaise d’à côté.

Le Grand Marnier est redevenu un produit hype, il s’en vend une bouteille toutes les deux secondes dans le monde. Avez-vous déjà goûté le B52 ? en dehors d’être un lieu de prestige bruxellois, un bombardier lourd bien connu des cieux indochinois ou un groupe de rock alternatif, c’est un cocktail que l’on sert flambant neuf. Evidemment, comme tous les cocktails, le premier passe bien, le second fatigue un peu, et le troisième…

C’est quand même vachement bon, hein? Et puis, tant que c’est encore en vente libre, faut en profiter !"

Eric Boschman

10:15 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

01 août 2009

"Pas de France sans les vins français"

Les représentants de la filière viticole (FNSEA, AGPV et JA) ont rencontré leur nouveau ministre de tutelle Bruno Lemaire. Il ont souligné la situation critique de bon nombre d'exploitations viticoles et proposé un plan de soutien pour les aider sur le court-terme (memorandum sur les  cotisations sociales, déblocage d'aides à la trésorerie, garanties pour risque de non-paiement à l’export).
Sur le plus long terme, les représentants du secteur entendent participer à la mise en route du fameux Plan de Modernisation de la filière viticole, toujours dans les limbes administratives, et être associés à la future loi de modernisation agricole.

Un des points soulevés est la mise en place d'un indicateur de prix pour les vins sans indication géographique.

Plus globalement, ils demandent que l'image du vin soit préservée au travers des différentes politiques publiques (une pierre dans le jardin du Ministère de la Santé). Il semble que Bruno Lemaire ait été réceptif à cette demande. Il a en tout cas déclaré «Il n’y a pas de France sans vins français».

Ce qui va sans dire, quand on est ministre de l'agriculture et que les vins représentent plus de devises à l'export qu'Airbus et le TGV. Mais cela va tellement mieux en le disant...

 

(retrouvez ce billet - et bien d'autres infos - sur www.vitisphere.com)

07:21 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : vin, france | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |