22 janvier 2010

Comité IGP

En France, on n'a pas de pétrole, mais on des comités. Et on en crée régulièrement. Comme le "Comité National des Indications Géographiques Protégées relatives aux Vins et aux Cidres de l’Institut National de l’Origine et de la Qualité" (je reprends mon souffle), dont les textes ont été publiés le 15 janvier dernier au Journal officiel.

Extrait:

"Les ministres chargés de l’agriculture et de l’économie ont souhaité porter à sa présidence Jacques Gravegeal, président des Vins de pays d’Oc.

(Petite remarque: on règle le problème de la présidence avant même d'expliquer à quoi sert au juste le comité. C'est un peu mettre la charrue avant le tracteur, mais passons).

Ce comité sera chargé de la gestion des vins de pays devenus des IGP depuis le 1er août 2009 conformément à l’organisation commune du marché du vin européenne. Ces vins entrent ainsi dans le champ de compétence de l’INAO qui voit sa palette de signes officiels complétée. La gestion des cidres sous IGP relèvera également désormais de la compétence de ce comité.

Le comité comprend :
- Trente-trois représentants des professionnels des secteurs de la production, de la transformation ou du négoce des produits concernés,
- Sept personnalités qualifiées par leurs activités sur le plan national et sur le plan du commerce d’exportation et de distribution ou par leurs capacités d’expertise et de représentants des consommateurs,
- Cinq représentants des autres comités nationaux et du conseil des agréments et contrôles de l’INAO,
- Cinq représentants de l’administration.

Les membres du comité et son président son nommés pour une durée de deux ans."

Si avec ça, les IGP ne sont pas bien administrées, c'est à désespérer! 

Accessoirement, on espère que les producteurs produiront bon.

PS. Autre débat collatéral: j'aimerais connaître la charge administrative qui pèse sur les producteurs australiens, chiliens et argentins, en comparaison avec leurs collègues français. Je veux parler de la charge financière (cotisations volontaires obligatoires, taxes de tous ordres) et de la charge en temps (obligations douanières, sanitaires, réglementaires, paperasserie)... Si encore les vins de pays français avaient un avantage qualitatif évident, ou si l'IGP constituait pour le client une garantie, qui l'incite à l'acheter de préférence à tout autre. Mais las, les chiffres à l'export nous montrent plutôt le contraire. Alors pourquoi tout cet encadrement - surtout pour des vins qui ne mettent pas en avant un terroir, juste une provenance. Pourquoi ne pas avoir choisi la liberté?

06:40 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

20 janvier 2010

Bonne année, et bon terroir... avec Sève

Voici quelques jours, le président de l'association Sève, Marc Parcé, qui milite pour un renouveau des appellations, adressait ses voeux. J'en extrais ces quelques lignes frappées au coin du bon sens, qui traitent du fameux "lien au terroir":

Parcé
Marc Parcé

 

"Nous avons fait le constat, chacun dans notre appellation, de techniques ou de comportements, à la vigne comme à la cave, qui distendaient, qui amenuisaient ce lien et qui banalisaient, uniformisaient le produit. Une fois de plus nous avons fait le constat qu’il est plus facile de définir ce qui gomme le lien au terroir que d’avancer avec certitude ce qui le crée: j’admet que sur cette parcelle, sur ce terroir je fais des vins différents de ceux que j’élabore à deux cent mètres ou trente kilomètres de là mais je ne puis affirmer du haut de ma superbe pourquoi. C’est un mystère que j’accepte, auquel je me soumet, auquel je participe, auquel j’adhère mais qui reste sans explications rationnelles à ce jour.

Nous touchons là un point délicat de ce dossier parce que certains, dans le doute, s’abstiendront, alors que d’autres iront chercher dans l’irrationnel des explications que la science ne peut leur fournir aujourd’hui ; enfin la majorité déclarera qu’il n’y a aucune raison qu’on vienne les questionner sur ce sujet puisqu’il est établi que depuis cinquante ans leur produit a l’appellation et qu’ils n’ont pas besoin de se justifier!

Cette dernière réaction me semble la plus mauvaise et la plus dangereuse aux yeux du monde viticole qui nous observe - sans parler des consommateurs: continuer de s’autoproclamer en appellation, sans confirmation de la véracité du concept confirmerait, à juste raison, le procès qui nous est fait de l’utilisation à des fins protectionnistes d’un mythe aussi creux qu’inexact".

Plus d'info: http://www.vigneronsdeseve.org/

07:00 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |