14 décembre 2009

Je suis Franchouillard et je le reste

Je lisais hier matin sur le site du GJE un message dénonçant le côté franchouillard, "amélipoulinesque" du Beaujolais. Mon sang de bourbe n'a fait qu'un tour, et j'ai posté cette réponse cinglante et totalement déplacée.

"Moi j'aime bien le côté franchouillard, à tout prendre, ça me rassure. Je n'ai aucune aspiration à devenir Anglais, Allemand, Belge, Suisse, Chinois, Arabe ou Américain, ni à plaire à un quelconque tribunal des nations progressistes. Notre façon d'être, notre goût immodéré pour une tradition idéalisée, nos vins de plaisir, notre mauvaise foi et nos mauvaises manières font partie de nous. Honni soit qui mal y pense - tiens même les Rosbifs ont une devise française.

Et ce matin, j'ai envie d'être "premier degré". Alors vive le Calva, le Beaujolpif et l'aligoté!"

"Je suis  Rital et je le reste", chantait Barzotti. Et personne ne lui reprochait, que je sache. Moi je suis Franchouillard, ne vous en déplaise...

 

super-dupont

06:59 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

06 décembre 2009

En parlant de ministres...

Pour simplifier, il y a deux types de ministres de l’agriculture.

D'abord, il y a ceux qui trônent. On les devine parfois, en haut de leur nuage, signant quelques écret, tirant quelques ficelles, mais toujours assez discrets pour pouvoir se renier en toute impunité. Pour le reste, ils ont des cabinets. Ah, les cabinets… quelle aisance !

Et puis il y a ceux qui mettent les mains dans le moteur.


Comme ni les uns ni les autres n’ont le premier sou pour financer leurs idées ou celles de leurs sherpas, d’aucuns diront que la distinction est plutôt d’ordre académique.

 

lemaire

Bruno Le Maire, Ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche


Mais tout de même, on peut facilement classer Bruno Le Maire dans la deuxième catégorie. Mieux: malgré son look de premier de la classe, ce ministre-là ose parler du vin, quitte à susciter l’ire des néo-hygiénistes – après tout, il n’est pas ministre de la santé, juste de l’agriculture, et il a la vigne parmi ses attributions.
Il entend même impulser des projets pour la viticulture. Certes, son côté «faites ce que je dis» agace. Enjoindre les vignerons languedociens d’aller vendre du vin de cépage aux Anglais pour sortir de la crise,  ça fait un peu Grand Yaka (d’autant qu’on ne l’a pas attendu).  Réorganiser les interprofessions  sur leur dos, en brandissant l’hypothétique bâton de la suppression d’aides tout aussi hypothétiques, c’est plutôt du Guignol.  Mais le fond est bon. Et puis, c’est le résultat qui compte… Le vieux cheval de la viticulture française a sans doute besoin de quelques coups d’éperons, plus que d’un radiateur dans l’écurie.
A s’exposer ainsi, on ne serait pas surpris, un de ces jours, de voir M. Le Maire glisser sur une peau de banane politico-syndicale…
C’est la rançon de ceux qui font mine de s’attaquer aux problèmes ; «même trop, même mal», comme disait Brel.
Vous avouerai-je qu’avec tous leurs défauts, leurs approximations, leur volontarisme à deux balles, moi qui ne fait pas de politique, je préfère quand même les ministres qui font (ou font au moins semblant) à ceux qui attendent que ça se passe en gérant… leur plan de carrière?

17:10 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |