26 janvier 2010

Identité

Je lis que l'acteur Jamel Debbouze estime que le débat sur l'identité nationale française est "une insulte".

Je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement avec un autre débat: celui de la typicité des vins.

On apprécie d'un vin qu'il soit "d'ici", qu'il "exprime un terroir". Dans ce cadre, on ne prône guère l'acculturation ni l'amalgame. Le vigneron est fier de ses racines, qu'elles soient bordelaises, bourguignonnes, languedociennes, angevines, tourangelles, berrichonnes, champenoises, bretonnes, charentaises, gasconnes ou alsaciennes. Il en fait même commerce. A tort ou à raison, parfois.

vin_rose_provence

Né quelque part...

 

 

Mais quand on quitte le domaine du vin, pour entrer dans l'arène médiatique, alors s'affirmer comme Français, cela devient, au mieux, ringard, au pire raciste. Moi, je ne siffle pourtant aucun hymne étranger, je ne brule aucun drapeau, mon identité n'est pas faite d'exclusion...

Au risque de vous paraître ringard, j'aime mon pays, et pas seulement ses vins. Et comme j'aime nettement moins les donneurs de leçon, je continuerai d'affirmer mon identité nationale.

Ce n'est pas de la politique (à tort ou à raison, elle ne m'intéresse guère); et puis ce blog n'a pas de vocation politique. C'est juste de l'évidence: nul ne devrait avoir honte d'être de quelque part. Et vivant en Belgique, je suis bien placé pour savoir que l'identité nationale est fragile.

 

10:35 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

24 janvier 2010

Les Vins de Laure

J'aimerais vous recommander un livre qui m'a beaucoup plu. Je l'ai d'ailleurs acheté de mes deniers.

Il s'agit des "Vins de Laure", aux éditions Grasset. Une collection de portraits de vignerons signés Laure Gasparotto, et illustrés par Jean-Marie Perrier - oui, le photographe des stars, dont j'ai appris avec ce livre qu'il est un amateur de vin.

Vins de Laure

Les Vins de Laure

 

Je vous rassure tout de suite, il n'y a aucun copinage dans mon choix. Je ne connais pas Laure, j'avoue à ma très grande honte que je n'en avais même jamais entendu parlé. Si j'ai acheté le livre, c'est pour ses choix des vignerons. Et pour le portrait qu'elle brosse du regretté Didier Dagueneau, qu'elle a interviewé quelques semaines avant sa mort.

Je parlais du choix des vignerons: on trouve notamment Ostertag, Foucault, Dagueneau, Rossi, Berthet-Bondet, Fauconnet, Chardon, Derenoncourt... Des gens que je connais, et parmi eux, certains que j'ai rencontrés.

Des vedettes de la planète vin, mais aussi des gens moins connus. Des artistes, pour la plupart. Et qui se livrent, au travers de leur vin, de leur vie, de leur parcours.

Les notes de Laure à propos de chacun sont empreintes d'humanité. Je ne l'aurais peut-être pas toujours écrit comme elle, mais qu'importe, c'est sa vérité, son ressenti, et c'est très bien comme ça.

Et même quand on s'étonne de la présence de certains noms - comme Alex Heinrich, de la Cave de Pfaffenheim, ou de Laurent Perrier (mais à travers son maître de chais), il suffit de lire pour que le choix soit justifié.

Ce que j'aime aussi, dans ce livre, c'est sa géographie de la France vineuse, très particulière. Pour Laure, Loire et Bourgogne pèsent beaucoup plus que Bordeaux. L'Alsace n'est pas oubliée, pas plus que le Sud-Ouest, le Midi, la Provence ou la Corse. Partout où il y a des vins d'auteur, pourrait-on dire. Cette carte-là est aussi la mienne, en bonne partie.

Et puis, un livre qui ne contient presque pas de notes de dégustation, mais de superbes portraits, au sens photographique comme au sens littéraire, cela nous change.

En vente dans toutes les bonnes librairies.

09:20 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |