30 juillet 2010

Une rencontre en Languedoc

Je vous ai déjà entretenu de la Circulade des Terrasses du Larzac. Ce que je ne vous ai pas encore dit, c'est que j'y ai rencontré quelqu'un. "Une grosse pointure", comme on dit dans la chaussure. Jacques Fanet. Ancien directeur-adjoint de l'INAO, ancien directeur du Syndicat de l'AOC Languedoc. Ingénieur Agronome. Consultant. Mais ce n'est pas pour ça que je m'intéresse à lui.

Non, c'est au titre d'auteur du fameux "Terroirs du Vin" '(Hachette Pratique).

Fanet2.jpgJacques Fanet (Photo H. Lalau)

 

Ce livre, c'est ma croix. Mon clou de cercueil. Mes premiers cheveux blancs. A chaque fois que je me plonge dedans, je me dis, ça y est, je vais comprendre la géologie des terres viticoles. Et à chaque fois, je cale. Soyons plus précis: je me ramasse lamentablement.

Ce n'est pas que le livre manque de clarté. Ce n'est pas qu'il soit mal fait - il est au contraire plein de pédagogie, joliment illustré, de surcroît. Bref, amis mieux-comprenants, je vous le conseille.

Mais il y a la chronologie, le trias, le permien, le jurassique, que sais encore. Les glaciations. Les roches qui se délittent, celles qui se poussent, celles qui explosent, celles qui se métamorphosent, j'en passe et des plus originales. Et je mélange tout.

Moi qui voudrais tant arriver à cerner l'apport de la terre dans le vin!

Je lui ai dit, à M. Fanet, tous mes espoirs déçus. Il m'a souri. Je ne dois pas être le seul à ne pas comprendre.

Alors, un jour, c'est sûr, je vais m'y remettre. Maintenant que je connais l'auteur...

00:24 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Tags : géologie, science & vin, languedoc, fanet | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

29 juillet 2010

Où l'on reparle de Pancho Campo

Le Chileno-Espagnol Pancho Campo dirige The Wine Academy of Spain. A ce titre, il a été sous les feux de l'actualité vineuse pour avoir organisé un cycle de conférences sur le réchauffement climatique et le vin (avec l'appui d'Al Gore, plus ou moins actif), ainsi que la conférence Wine Future (starring "Roberr Parket", comme disent nos amis espagnols). Mais il a eu aussi les honneurs de la presse (enfin, de quelques titres), pour avoir été l'objet d'un mandat international d'Interpol.

A l'origine de ce mandat, une vieille affaire datant de ses jeunes années passées à Dubaï, alors qu'il exerçait le métier d'agent d'artistes.

Je ne connais pas le fond de cette affaire - seuls M. Campo et son ex-associée, qui l'accuse de vol, le connaissent vraiment; et cette polémique dépasse le cadre du vin. Je sais seulement qu'il a été condamné pour fraude par un tribunal de Dubaï. Par contumace. A tort ou à raison? Qui suis-je pour en décider?

Si je vous en parle, c'est que je découvre dans la presse vineuse française et anglaise (noramment sur l'excellent blog de Jancis Robinson) des articles reprenant un communiqué des avocats de M. Campo, communiqué précisant que le mandat d'Interpol à son encontre venait d'être levé.

Ce qui me gêne, c'est que nulle part, dans ces articles, des éléments nouveaux ne sont apportés qui justifieraient cette levée, ou qui feraient état d'un arrêt cassant le premier jugement, auquel cas, évidemment, l'honneur de M. Campo serait lavé. Il ne suffit pas pour ça d'émettre des doutes sur l'intégrité de la justice de Dubaï, comme le fait le site "Detained in Dubai", qui a fait de M. Campo un cas d'école.

Comme journaliste, je me dis que des recherches plus approfondies s'imposent: ces recherches, mon confrère Jim Budd les a déjà diligentées, en Grande-Bretagne. Malheureusement, jusqu'à présent, du côté de M. Campo et de ses conseils, il n'a pu obtenir aucune explication. Je fais confiance à Jim pour contourner l'obstacle... mais je m'étonne que le premier intéressé, M. Campo, ne soit pas plus enclin à se justifier alors qu'il a tout à gagner à une révision de son procès, et que les médias indépendants ne peuvent que l'y aider. Sur le site Detained in Dubai, M. Campo se déclare d'ailleurs disponible pour toute interview.

Mais il me semble qu'à part Jim, personne ne s'est vraiment donné la peine de gratter sous la surface des choses.

Surtout pas en Espagne (où M. Campo n'a jamais été inquiété, ni même interrogé par la police, apparemment), et où la presse n'a guère émis de réserves ni sur son honnêteté, ni sur l'extension de ses opérations vineuses alors même qu'il était mis sur la sellette  - je pense à Vinoble, dont l'exploitation lui a été confiée entretemps par la Mairie de Jerez, ce qui est pour le moins audacieux de la part d'un mandataire public.

Ni même sur sa qualité professionnelle: j'ai crû comprendre que M. Campo bénéficiait d'une carte de presse espagnole, alors qu'il se présente lui-même comme chargé de relations publiques.

Quant aux médias français, ils se sont bornés à reproduire son communiqué.

Sans préguger du fond de l'affaire, là encore, ce comportement me déçoit. Le journalisme d'investigation est-il réservé en France à Liliane Bettencourt? Faute d'un minimum d'explications complémentaires, il me semble que la publication de ce communiqué pouvait attendre, ou devait être assortie de beaucoup plus de réserves...

 

 

 

 

 

 

00:29 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, France | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |