17 février 2010

Il y a un an, souvenez vous !!!

En qualité de Secrétaire Général de la FIJEV, j'ai reçu hier cette lettre de Jean Clavel, vigneron et écrivain, défenseur passionné et passionnant de la cause vigneronne, et dont j'estime qu'elle a sa place sur ce blog. D'autant qu'elle évoque le rôle important, mais aussi pernicieux, des médias.

"Le 17 février 2009, les vignerons, toute la filière viti-vinicole, les  commerciaux, les connaisseurs et les amateurs de bons vins, les journalistes de la presse professionnelle, recevaient un coup de massue sur la tête.
Une puissante campagne de communication, payée sur le budget de l’Etat, relayée par toute la presse écrite quotidienne et magazine, par toutes les radios, par toutes les télés,  informait le grand public que la consommation du premier verre de vin était cancérigène !!! Et c’était appuyé sur des études scientifiques «incontestables !». Avec la complicité  d’un laboratoire (NACRE) de l’INRA (Institut National de la recherche agronomique). Stupeur et indignation générale.
Nous avions le sentiment que la profession viticole était comme anesthésiée. Jean Charles Tastavy  prit l’initiative d’une réaction énergique, et il a proposé, tout de suite, une réponse judiciaire à l’agression du Ministère de la santé et de ses filiales anti-vin. Pour cela il fallait une organisation structurée et quelques moyens.

Il nous réunit, à quelques uns, qui avions le désir d’agir,  et nous proposa de constituer une association nommée «Honneur du Vin» fixant des objectifs de combat judicaire et de communication, faisant connaître l’action envisagée pour collecter les fonds nécessaires. C’est ce qui a été réalisé, Vitisphère nous a offert l’hébergement du Blog, qui assure le contact permanent avec les adhérents et tous ceux que notre action intéresse. Les détails du déroulement des actions sont sur le blog www.honneurduvin.fr

Le principal résultat  fut le blocage de la distribution par le ministère de la santé et l’INCA (Institut National du Cancer) de la brochure destinée au monde médical et démontrant la «nocivité» du vin. Les actions judicaires se poursuivent, maintenant la pression, mais un autre résultat très important a été obtenu, le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP) a diffusé le 24 juillet 2009 un avis sur l’action de l’INCA, très critique sur le fond et la forme de son action.Le combat n’est pas terminé, nos adversaires sont toujours actifs; la directrice anti-vin du laboratoire NACRE de l’INRA représentait  la France dans une conférence sur l’alcoolisme à Stockholm ou elle a réitéré ses accusations et le directeur de la Santé du Ministère vient d’intégrer un groupe sur la problématique de l’alcool à l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

Après un temps en vient un autre, les médias qui avaient, il y a un an diffusé, sans analyser sa  véracité, le message des anti-vin, ont repris le thème du French Paradox, qui à la suite de nouvelles études internationales, démontre les bienfaits d’une consommation modérée du vin.

Nous ne devons pas relâcher notre vigilance, poursuivre l’action judicaire entreprise, continuer une veille attentive pour prévenir tout nouveau dérapage des  anti-vin. Jean Charles très présent au niveau national, en particulier dans la structure Vin et Société, aide efficacement à la mission d'Honneur du Vin. On peut simplement regretter que les moyens soit si chichement donnés par la filière viticole à notre association qui vit principalement du bénévolat de ses adhérents.
"

Jean Clavel 16/02/2010

 

Merci, Jean de nous rafraîchir ainsi la mémoire. Que ceux qui ont des oreilles entendent, que ceux qui ont des sous les donnent; et que ceux qui ont des plumes, les aiguisent et les trempent dans l'encre de l'information honnête.

22:50 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

15 février 2010

Les Antipesticides gagnent au Tribunal

Dans l'affaire des mesures de pesticides dans le raisin (voir ici, pour ceux qui auraient manqué le début) le Tribunal de Grande Instance de Paris vient de débouter la Fédération Nationale des producteurs de Raisin de table de son action à l'encontre du Mouvement des Générations Futures (MDRGF).

Le Tribunal a estimé que le MDRGF s’est exprimé dans le cadre de son objet social d’intérêt général, "et n’a aucunement abusé de façon fautive de sa liberté d’expression en publiant les résultats d’analyses montrant la présence de résidus de pesticides dans des raisins vendus dans les supermarchés". Le jugement estime même que la méthodologie suivie dans l’étude a été présentée de manière détaillée, et en présentant les résultats sans dénaturation. En outre, ce jugement reconnait le droit à parler de «pesticides et de contamination» pour parler des résidus présents dans les raisins analysés. En conséquence de quoi le tribunal a rejeté les demandes en dommages et intérêts de la FNPRT.

De plus, le jugement estime qu'en intentant cette action, la Fédération Nationale des Producteurs de Raisin de Table a abusé de son droit d’agir en justice (notamment parce que la date de publication de l’étude du MDRGF correspondait à la fin de la saison de distribution du raisin de table). En conséquence de quoi le juge décide que la FNPRT devra verser au MDRGF 1€ au titre de dommages et intérêts pour procédure abusive, ce qui est une décision assez rare dans ce type de procès.


Enfin, la FNPRT a été condamnée à payer au MDRGF la somme de 2.000€ au titre des frais engagés pour sa défense.

Ce jugement est important, non seulement en l'espèce, mais pour le droit à l'information en matière scientifique.

10:19 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |