02 mars 2010

Le Serment de l'oenologue

Mon copain Jim Budd me transmet le Sarment - pardon, le Serment de l'Oenologue, tel que  rédigé par l'Union des Oenologues de France.
Ce code de déontologie prend une actualité particulière après l'affaire du pinot noir. Fraude qui aurait été impossible si tous ces commandements avaient été respectés à la lettre.

En fin de document, il est d'ailleurs précisé que les oenologues répondront de leurs actes devant la profession. Une affaire à suivre, donc...

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11:17 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

19 février 2010

De père en fils, en Corse et à Chablis

Pas facile de se faire une place au soleil quand on est fils d'un grand vigneron reconnu. Même au pays du soleil.

Prenez Marc Imbert, du domaine de Torraccia, à Lecci. Christian, son paternel, est une des institutions du vignoble corse, dont il a été un des accoucheurs, dans les années 70. Et le domaine (43 ha au Nord de Porto Vecchio) est un de ses fleurons.

Torraccia

Marc Imbert

Marc a bien cru un moment qu'il ferait sa vie ailleurs, dans la finance américaine. Car si vinifier était sa passion, partager les commandes avec papa, c'était comme ateler deux lions à une charrette. Finalement, Christian a cédé la place. Et le plus drôle, c''est que le fiston s'inscrit aujourd'hui complètement dans la ligne du père. Il cherche l'authenticité, l'élégance, l'âme corse, tout ce que le paternel avait toujours préconisé. Marc en rajoute même une couche, en s'efforçant de mieux isoler ses micro-terroirs.

Et le vin préféré de Marc, c'est toujours le Torraccia Cuvée Oriu, dont il sort les vieilles bouteilles avec respect, et dont il essaie de retrouver les racines dans ses nouvelles vinifications.

Chez les Brocard, à Chablis, c'est un peu la même histoire, avec des nuances.

Jean-Marc le père, a dû tout construire ou presque du domaine et du négoce familial.

En arrivant à Préhy, dans les années 70, il n'avait pour tout viatique qu'un hectare de vignes et les encouragments de la famille. Aujourd'hui, le domaine compte 120 ha, dans tous les terroirs de Chablis, ainsi qu'en Côtes d'Auxerre et à Saint Bris. Et c'est Julien, le deuxième fils, qui est aux commandes du vignoble. Passage de témoin naturel? Oui et non: quand Julien a voulu se lancer dans la biodynamie, Papa était loin d'être enthousiaste. Il faut dire qu'à l'époque, nombreux étaient ceux qui voyaient dans les biodynamistes une bande de joyeux illuminés, ou pire, de mauvais viticulteurs incapables d'entretenir leurs terres.

BrocardBrocard père et fils

Alors Jean-Marc, qui est un pragmatique, a coupé la poire en deux: Julien a pu faire ses classes biodynamiques, mais sous son propre nom et sur un vignoble particulier, la Boissonneuse.

Et là, surprise, le fils a épaté le père, les vins de la Boissonneuse parlent de leurs terroirs, de leur minéralité, comme peu à Chablis. Jean-Marc, qui en connaît pourtant un bout en terroirs, le reconnaît avec fierté. Essayez donc La Boissonnière 2008: nez de pêche de vigne,  un peu d’anis, miel d'acacia; belle structure, minéralité, et surtout quelle longueur! Le vin finit sur le bitter, il est encore encore très jeune.

Torraccia, Brocard, les deux domaines méritent une visite, et si vous avez la chance, comme moi, de tomber sur les propriétaires, ne vous privez pas du plaisir d'écouter leur histoire de famille, car c'est aussi l'histoire d'une aventure humaine sur cette terre.

 

 

09:59 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |