20 décembre 2009

De retour du "Millésime"

Chaque année, vers la fin octobre, se construit sur la place Victor Hugo, en plein centre de Grenoble, un curieux campement. Disposées en cercle, les tentes ouvertes évoquent le bivouac des westerns ou les grands rassemblements tsiganes. Mais ici, ce sont la musique, les vins et comestibles qui se déversent à satiété. Et ces agapes qui mobilisent tous les sens ont des vertus pédagogiques.

 

Millésime Grenoble 059

Vin et musique, un mariage tout en culture

Spectateur


Chacun peut y entrer, gratuitement, seul le verre à dégustation s’achète. (6  petits euros) A l"intérieur, des vignerons proposent leur production. Les dégustations-ventes permet d'emplir sa cave en connaissance de cause. Ces minis salons se ponctuent d’ateliers où selon le thème de l’année, orateurs, producteurs, sommeliers, journalistes et autres intervenants expliquent à un public empressé les atours, les parcours et les discours des vins et appellations incriminés. L'oenophiles peut même y pratiquer (en amateur) l'art difficile de l'assemblage des cépages et des parcelles, avec la Maison des Vins de Blaye, dont les vignerons, avec quelques bénévoles, furent à l'origine du Festival.
Le tout sur un air de musique life diffusé depuis le chapiteau central. Quintet, orchestre et cantatrice ont célébré Joseph Haydn et ses contemporains cette année.

Acteur


Me voilà en scène. Le Millésime 2008 m’avait vu commentant une verticale de Châteauneuf-du-Pape blanc (vous connaissez mes affinités avec les Côtes du Rhône), du Nord comme du Sud). L'édition 2009, elle, m'a vu aborder les Viognier de Condrieu. C'est que l'invité d'honneur de cette année eétait la région Rhône-Alpes, qui, vineusement, englobe Beaujolais, Bugey, Savoie, Diois, Côtes Roannaise, et une partie des Côtes du Rhône. 

Mais, le plus remarquable, à mon sens, n’est pas l’intervention des experts, mais l’engouement du public. Un public vraiment mixte, qui mêle jeunes et vieux, femmes et hommes, locaux et lointains, tous réunis autour du vin. L’intérêt que ce public lui porte, histoire, aussi bien en ce qui concerne les terroirs, les cépages, et la technique, que les accords gourmands, démontre leur taux de culture, leur envie de plaisir et de partage. Pour ceux qui  comme moi, sont un peu gênés quand il s’agit de parler en public, Grenoble reste une exception. On s’y sent à l’aise et l’envie de communiquer. La raison est simple: la qualité de l’auditoire.

 

 

Millésime Grenoble 010

En vedette cette année, Bernard Pivot

L’antériorité


Le Millésime en est à sa quinzième édition; dans un cadre urbain, il offre un accès démocratique tant au vin qu’à la musique: on vient ici pour apprendre plus que pour consommer. La musique offerte n'a rien d'élitiste; la façon d'aborder le vin non plus. Les oenophiles se décourent mélomanes, et vice et versa. A Grenoble, la culture est souraiante, accessible et ne connaît pas de chapelles. Quelques vedettes passent au Millésime; ainsi, cette année, Bernard Pivot, défenseur de la bonne chère s'il en est,  est venu signer quelques autographes et parler du vin le plus cher à son cœur, le Beaujolais. On y a entrevu également Philippe Faure Brac.

Millésime Grenoble 049
La fête du vin en plein coeur de Grenoble


L'événement est maintenant bien installé, il a d'ailleurs été primé l'an dernier par le Prix René Renou, qui, à l'initiative de la FIJEV (Fédération Internationale des journalistes du vin) et de l'Association des Elus de la Vigne et du Vin) récompense les initiatives des collectivités locales en matière d'oenotourisme. Il faut dire que pour une ville ne produisant elle-même pas de vin, Grenoble a fait très fort avec ce festival! Compte tenu des bâtons dans les roues que l'on met en France à la communication vineuse, ce genre de succès fait plaisir à voir pour ceux qui, comme moi, s'irritent de voir la France officielle tomber dans un hygiénisme infantilisant.

Et puis, comme l’affirme le directeur de Millésime, Alain Gatheron, il fait toujours bon à Grenoble en fin de saison. Alors, venez nombreux l’an prochain!

Plus d'info: www.lemillesime.fr

Marc Vanhellemont

11:09 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

15 décembre 2009

Sévère, Monsieur Septime, avec la RVF...

"Monsieur Septime" (www.mistelle.fr) allume le dernier numéro de la RVF et son dossier "Pesticides", jugé peu représentatif:

"La Revue du Vin de France dans sa dernière livrée (numéro de décembre «spécial Champagne») nous propose un dossier sur les pesticides dans le vin. L'article repose sur l'analyse de 4 vins. C'est tellement consensuel que cela prête à sourire. En effet les quatre vins sélectionnés ne sont pas les vins du tout venant; le prix moyen à la bouteille avoisinant les 35€.

RVF

Le numéro en question

 

Les vins retenus :

- Château Pibarnon (Bandol) 2004: 25/30 €,
- Domaine Zind Humbrecht (Alsace GC Gewurztraminer Goldert) 2004: 35€,
- Bouchard Père & Fils (Volnay 1er Cru Les Caillerets) 2004: 35/40 €,
- Château Canon (St Emilion GC) 2004: 50€.

La conclusion de l'étude n'étonnera personne: le domaine Zind Humbrecht en biodynamie est qualifié de "pur" et les autres domaines, à l'exception de Château Canon, ont des traces raisonnables de pesticides. Château Canon a connu une année difficile en 2004, d'où une surutilisation des fongicides.

Au prix des bouteilles, on ne sera pas trop surpris des résultats de l'analyse. A plus de 30€ la bouteille on peut raisonnablement penser qu'il y a du travail à la vigne limitant de fait l'utilisation des pesticides.

La grande distribution représente 80% du marché du vin et les 4 cuvées analysées sont introuvables dans ce circuit. La pertinence aurait été peut être de faire des analyses sur le Champagne à 10€ qui défraie la chronique actuellement ou le Bordeaux 2007 d'un grand distributeur à 3€30 la bouteille, par exemple. Au moins, on aurait su si la présence de pesticides était inversement proportionnel au prix.

On notera tout de même : «Le taux de phtalimide dans le Château Canon est 3600 fois supérieur à la concentration maximale admissible de produits phytosanitaires dans l'eau du robinet.» et «phtalimide, une molécule provenant du Folpel. Employé pour lutter contre le mildiou, ce puissant fongicide est considéré comme cancérigène ».

La Revue du Vin de France (n°537), 180p pour 5€90."

On comprend après ça l'irritation de certains médias papier envers les blogueurs... Ces sacrés internautes ont le chic de gratter là où ça fait mal!

Plus d'info: http://www.mistelle.fr

00:06 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |