23 décembre 2009

OGM: non, mais oui, peut-être

Pas de rapport direct avec la vigne (quoique), mais les habitués de ce blog connaissent mes préoccupations en matière d'écologie, alors ils apprécieront peut-être cette info.

Un avis du Haut conseil (français) des biotechnologies, rendu public ces derniers jours, stipule que la culture du maïs OGM MON 810, de Monsanto, "présente plus d'inconvénients que d'avantages". Ce Haut Conseil avait été saisi par le gouvernement français d'une demande concernant l'éventuelle autorisation de ce maïs transgénique. Maïs qui, pour ceux qui l'auraient oublié,  est sous le coup d'une interdiction de culture en France depuis 2008 ,de même qu'en Allemagne, en Autriche, en Grèce, en Hongrie et au Luxembourg. Mais Monsanto ne se décourage jamais.

Le détail de l'avis du Haut Conseil est intéressant: une majorité de membres de son Comité économique, éthique et social (une de ses deux composantes) a considéré que les inconvénients globaux d'une mise en culture du MON 810 l'emportaient sur ses avantages. Mais son Comité scientifique - son autre composante - a noté  que certaines questions posées à l'Autorité européenne de sécurité des  aliments (Aesa) n'avaient pas obtenu de réponse, "du fait de l'absence d'effets majeurs et/ou faute de données suffisantes, que seule l'expérimentation en champ ou en laboratoire permettrait d'obtenir".

Cette dernière analyse laisse donc clairement une porte ouverte à l'expérimentation. Le Haut Conseil semble donc divisé, entre d'une part, des réprésentants de la société civile, plutôt inquiets, et des scientifiques qui le sont moins. Le débat n'est pas nouveau, les arguments sont connus. Mais il trouve là une saisissante illustration.

Pas sûr, donc, que ce genre d'avis constitue une aide pour les décideurs politiques qui sont, de plus, soumis à des pressions énormes. Triste monde où l'appât du gain, les prébendes politiques et les financements plus ou moins occultes de la recherche ne sont contrebalancés que par la seule crainte de pertes de voix aux élections à venir.

Ou bien, si vous êtes du bord de Monsanto, triste monde où le principe de précaution primerait sur toute possibilité de progrès.

C'est là que j'en reviens au vin. Au nom du même principe de précaution, des hygiénistes voudraient nous convaincre que le premier verre de vin nous empoisonne.

On le voit, les voies de l'enfer sont pavées de bonnes intentions.

Sur ce, je bois à la notre santé, tant que ce n'est pas interdit.

 

00:23 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

20 décembre 2009

De retour du "Millésime"

Chaque année, vers la fin octobre, se construit sur la place Victor Hugo, en plein centre de Grenoble, un curieux campement. Disposées en cercle, les tentes ouvertes évoquent le bivouac des westerns ou les grands rassemblements tsiganes. Mais ici, ce sont la musique, les vins et comestibles qui se déversent à satiété. Et ces agapes qui mobilisent tous les sens ont des vertus pédagogiques.

 

Millésime Grenoble 059

Vin et musique, un mariage tout en culture

Spectateur


Chacun peut y entrer, gratuitement, seul le verre à dégustation s’achète. (6  petits euros) A l"intérieur, des vignerons proposent leur production. Les dégustations-ventes permet d'emplir sa cave en connaissance de cause. Ces minis salons se ponctuent d’ateliers où selon le thème de l’année, orateurs, producteurs, sommeliers, journalistes et autres intervenants expliquent à un public empressé les atours, les parcours et les discours des vins et appellations incriminés. L'oenophiles peut même y pratiquer (en amateur) l'art difficile de l'assemblage des cépages et des parcelles, avec la Maison des Vins de Blaye, dont les vignerons, avec quelques bénévoles, furent à l'origine du Festival.
Le tout sur un air de musique life diffusé depuis le chapiteau central. Quintet, orchestre et cantatrice ont célébré Joseph Haydn et ses contemporains cette année.

Acteur


Me voilà en scène. Le Millésime 2008 m’avait vu commentant une verticale de Châteauneuf-du-Pape blanc (vous connaissez mes affinités avec les Côtes du Rhône), du Nord comme du Sud). L'édition 2009, elle, m'a vu aborder les Viognier de Condrieu. C'est que l'invité d'honneur de cette année eétait la région Rhône-Alpes, qui, vineusement, englobe Beaujolais, Bugey, Savoie, Diois, Côtes Roannaise, et une partie des Côtes du Rhône. 

Mais, le plus remarquable, à mon sens, n’est pas l’intervention des experts, mais l’engouement du public. Un public vraiment mixte, qui mêle jeunes et vieux, femmes et hommes, locaux et lointains, tous réunis autour du vin. L’intérêt que ce public lui porte, histoire, aussi bien en ce qui concerne les terroirs, les cépages, et la technique, que les accords gourmands, démontre leur taux de culture, leur envie de plaisir et de partage. Pour ceux qui  comme moi, sont un peu gênés quand il s’agit de parler en public, Grenoble reste une exception. On s’y sent à l’aise et l’envie de communiquer. La raison est simple: la qualité de l’auditoire.

 

 

Millésime Grenoble 010

En vedette cette année, Bernard Pivot

L’antériorité


Le Millésime en est à sa quinzième édition; dans un cadre urbain, il offre un accès démocratique tant au vin qu’à la musique: on vient ici pour apprendre plus que pour consommer. La musique offerte n'a rien d'élitiste; la façon d'aborder le vin non plus. Les oenophiles se décourent mélomanes, et vice et versa. A Grenoble, la culture est souraiante, accessible et ne connaît pas de chapelles. Quelques vedettes passent au Millésime; ainsi, cette année, Bernard Pivot, défenseur de la bonne chère s'il en est,  est venu signer quelques autographes et parler du vin le plus cher à son cœur, le Beaujolais. On y a entrevu également Philippe Faure Brac.

Millésime Grenoble 049
La fête du vin en plein coeur de Grenoble


L'événement est maintenant bien installé, il a d'ailleurs été primé l'an dernier par le Prix René Renou, qui, à l'initiative de la FIJEV (Fédération Internationale des journalistes du vin) et de l'Association des Elus de la Vigne et du Vin) récompense les initiatives des collectivités locales en matière d'oenotourisme. Il faut dire que pour une ville ne produisant elle-même pas de vin, Grenoble a fait très fort avec ce festival! Compte tenu des bâtons dans les roues que l'on met en France à la communication vineuse, ce genre de succès fait plaisir à voir pour ceux qui, comme moi, s'irritent de voir la France officielle tomber dans un hygiénisme infantilisant.

Et puis, comme l’affirme le directeur de Millésime, Alain Gatheron, il fait toujours bon à Grenoble en fin de saison. Alors, venez nombreux l’an prochain!

Plus d'info: www.lemillesime.fr

Marc Vanhellemont

11:09 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |