24 janvier 2010

Les Vins de Laure

J'aimerais vous recommander un livre qui m'a beaucoup plu. Je l'ai d'ailleurs acheté de mes deniers.

Il s'agit des "Vins de Laure", aux éditions Grasset. Une collection de portraits de vignerons signés Laure Gasparotto, et illustrés par Jean-Marie Perrier - oui, le photographe des stars, dont j'ai appris avec ce livre qu'il est un amateur de vin.

Vins de Laure

Les Vins de Laure

 

Je vous rassure tout de suite, il n'y a aucun copinage dans mon choix. Je ne connais pas Laure, j'avoue à ma très grande honte que je n'en avais même jamais entendu parlé. Si j'ai acheté le livre, c'est pour ses choix des vignerons. Et pour le portrait qu'elle brosse du regretté Didier Dagueneau, qu'elle a interviewé quelques semaines avant sa mort.

Je parlais du choix des vignerons: on trouve notamment Ostertag, Foucault, Dagueneau, Rossi, Berthet-Bondet, Fauconnet, Chardon, Derenoncourt... Des gens que je connais, et parmi eux, certains que j'ai rencontrés.

Des vedettes de la planète vin, mais aussi des gens moins connus. Des artistes, pour la plupart. Et qui se livrent, au travers de leur vin, de leur vie, de leur parcours.

Les notes de Laure à propos de chacun sont empreintes d'humanité. Je ne l'aurais peut-être pas toujours écrit comme elle, mais qu'importe, c'est sa vérité, son ressenti, et c'est très bien comme ça.

Et même quand on s'étonne de la présence de certains noms - comme Alex Heinrich, de la Cave de Pfaffenheim, ou de Laurent Perrier (mais à travers son maître de chais), il suffit de lire pour que le choix soit justifié.

Ce que j'aime aussi, dans ce livre, c'est sa géographie de la France vineuse, très particulière. Pour Laure, Loire et Bourgogne pèsent beaucoup plus que Bordeaux. L'Alsace n'est pas oubliée, pas plus que le Sud-Ouest, le Midi, la Provence ou la Corse. Partout où il y a des vins d'auteur, pourrait-on dire. Cette carte-là est aussi la mienne, en bonne partie.

Et puis, un livre qui ne contient presque pas de notes de dégustation, mais de superbes portraits, au sens photographique comme au sens littéraire, cela nous change.

En vente dans toutes les bonnes librairies.

09:20 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

22 janvier 2010

Comité IGP

En France, on n'a pas de pétrole, mais on des comités. Et on en crée régulièrement. Comme le "Comité National des Indications Géographiques Protégées relatives aux Vins et aux Cidres de l’Institut National de l’Origine et de la Qualité" (je reprends mon souffle), dont les textes ont été publiés le 15 janvier dernier au Journal officiel.

Extrait:

"Les ministres chargés de l’agriculture et de l’économie ont souhaité porter à sa présidence Jacques Gravegeal, président des Vins de pays d’Oc.

(Petite remarque: on règle le problème de la présidence avant même d'expliquer à quoi sert au juste le comité. C'est un peu mettre la charrue avant le tracteur, mais passons).

Ce comité sera chargé de la gestion des vins de pays devenus des IGP depuis le 1er août 2009 conformément à l’organisation commune du marché du vin européenne. Ces vins entrent ainsi dans le champ de compétence de l’INAO qui voit sa palette de signes officiels complétée. La gestion des cidres sous IGP relèvera également désormais de la compétence de ce comité.

Le comité comprend :
- Trente-trois représentants des professionnels des secteurs de la production, de la transformation ou du négoce des produits concernés,
- Sept personnalités qualifiées par leurs activités sur le plan national et sur le plan du commerce d’exportation et de distribution ou par leurs capacités d’expertise et de représentants des consommateurs,
- Cinq représentants des autres comités nationaux et du conseil des agréments et contrôles de l’INAO,
- Cinq représentants de l’administration.

Les membres du comité et son président son nommés pour une durée de deux ans."

Si avec ça, les IGP ne sont pas bien administrées, c'est à désespérer! 

Accessoirement, on espère que les producteurs produiront bon.

PS. Autre débat collatéral: j'aimerais connaître la charge administrative qui pèse sur les producteurs australiens, chiliens et argentins, en comparaison avec leurs collègues français. Je veux parler de la charge financière (cotisations volontaires obligatoires, taxes de tous ordres) et de la charge en temps (obligations douanières, sanitaires, réglementaires, paperasserie)... Si encore les vins de pays français avaient un avantage qualitatif évident, ou si l'IGP constituait pour le client une garantie, qui l'incite à l'acheter de préférence à tout autre. Mais las, les chiffres à l'export nous montrent plutôt le contraire. Alors pourquoi tout cet encadrement - surtout pour des vins qui ne mettent pas en avant un terroir, juste une provenance. Pourquoi ne pas avoir choisi la liberté?

06:40 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |