02 septembre 2010

C'est la saison des guides de vin!

Il y en a qui croient encore que septembre est le mois des vendanges. "Vendémiaire", qu'ils disaient, les Révolutionnaires.

C'est bien sûr une grossière erreur de perspective. Car avant d'être le mois des vendanges, ou de la rentrée des classes, ou de quoi que ce soit d'autre, septembre est le mois de la sortie des guides de vin. Guidémiaire, si vous préférez. J'en veux pour preuve que les Foires aux Vins sont aussi calées sur cette sortie - comment M. Toutlemonde pourrait-il vendanger dans les rayons des supermarchés sans avoir le Hachette ou le BD à la main?

Je n'irai pas jusqu'à dire que les vignerons récoltent aussi en fonction de ce calendrier éditorial, car on m'apprend qu'il y a par-ci par-là quelques aléas climatiques et de vinification qui peuvent intervenir. Mais ne nous trompons pas de priorité: le vin, aujourd'hui, n'est plus fait pour boire, il est fait pour com-mu-ni-quer.

J'attends d'ailleurs avec impatience les com-mu-ni-qués de victoire des grandes régions de production pour me prononcer sur la qualité du millésime 2010 - j'ai juste un petit problème à classer les millésimes du siècle entre eux, ces dernières années.

Gribouille.jpgGribouille Tuléar de la Romanée, chien-pas-guide

Mais revenons à l'essentiel, c'est à dire aux guides.

Un jour, dans un moment de doux délire, je me suis demandé si je n'écrirais pas un guide. Juste des coups de coeur, des découvertes, des trucs qu'on aime à partager, vous voyez le genre. Mais au-delà de l'aspect financier de la chose (car mes amis écrivains me disent tous que "le livre, ça eut payé"), j'ai vite renoncé.

Question de santé: Bettane et Desseauve dégustent 50.000 vins! A raison de 365 jours par an (allez, 366, les grandes années), cela fait 139 bouteilles par jour (et je ne compte pas les bouchonnées). Et en admettant que j'en retienne une sur 5 (c'est la moyenne des vins intéressants dans la plupart des dégustations auxquelles je participe), cela voudrait dire 25 commentaires de vins par jour. Pour ça, il me faudrait un vocabulaire beaucoup plus vaste que je n'en possède, même avec un bon dictionnaire des synonymes. Et abandonner toute vie hors du vin. Même plus le temps de boire un vrai coup. Même plus le temps de promener Gribouille - c'est mon chien. Et je respecte trop les animaux pour ça (ainsi que mes revêtements de sol).

Bon, je persifle, bien sûr; car le Guide Hachette, le B&D et consorts sont des oeuvres collectives. Ce qui diminue les risques de répétition, sans parler des risques d'ennui, de surmenage, d'erreur sur les vins, et presque aussi grave, d'alcoolisation. Voila une maladie professionnelle plus rare chez nous que chez les cafetiers (boire son fond, c'est tentant), ou même chez les commerciaux stressés par le chiffre à atteindre (je ne parle pas du chiffre de bouteilles à descendre); mais tout de même, on vit une époque formidable: celle du principe de précaution. Alors répartir la charge de travail sur le collectif, c'est plus sûr.

Oui, mais qui dit collectif dit compromis, jeux de pouvoir, etc. Mais je suis rédac chef adjoint d'un magazine de vin, secrétaire général d'une association de journalistes de vin, je suis marié, et j'ai trois enfants. Alors les compromis et les jeux de pouvoir, merci, je suis servi.

Bref, vous pouvez être rassurés, je n'ajouterai pas ma production à la vendange des guides 2010.

 

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Gastronomie, Pour rire | Tags : guides de vins, chiens, vin, vignoble, humour | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

01 septembre 2010

La robe et le vin

Sous l'égide de l'Institut des sciences de la vigne et du vin, les deux centres de recherche de l'université Montesquieu-Bordeaux IV, le Centre aquitain d'histoire du droit et le Centre d'étude et de recherche en droit des affaires et des contrats consacrent un ouvrage au droit viticole, sous le joli titre "La Robe et le Vin".

Couv Robe & Vin.jpgLa robe et le vin

La première partie nous entraîne au cœur des politiques de régulation du marché, sous leurs aspects historiques, mais également sous le prisme des réformes les plus récentes. Sont traités successivement: l’arrachage, de Domitien au droit contemporain; les parlementaires, le mouillage et le vinage des vins; la nouvelle régulation communautaire du marché vitivinicole.
La seconde partie est consacrée à la sélection et l’identification des vins. Des sujets essentiels pour toute entreprise vitivinicole sont présentés comme les aspects juridiques de la dégustation d’agrément des vins à indication géographique, les heurs et malheurs des classements en Bordelais (de 1855 au classement de Saint-Émilion), la nouvelle classification et l’étiquetage des vins, et enfin l’actualité des marques viticoles.
La dernière partie concerne l’entreprise viticole. Dans un esprit dynamique sont traités les modes d’exploitation en viticulture, la transmission de l’entreprise vitivinicole, et sur fond de crise, le traitement des difficultés des entreprises de la filière.
Les professionnels du secteur vitivinicole trouveront ainsi dans cet ouvrage les informations les plus pertinentes, fruits des recherches les plus récentes en matière de droit.

 

Aux Editions Féret

07:17 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Tags : droit, vin, vignoble | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |