06 août 2010

Un drôle de spécialiste

Sur le blog de Jacques Berthomeau, mon collègue des Cinq du vin, je lis une charge - justifiée - contre l'inénarrable Périco Légasse. Justifée, disais-je, parce que le trublion de la gastronomie a encore sévi. Avec Eric Conan, il publie un guide de vins; et l'édito, qu'il signe, est déjà tout un programme. Il s'intitule: "Qui veut tuer le vin en France"?

Berthomeau lui reproche surtout son manque de fond. Il s'en offusque d'autant plus que Légasse se fait ainsi "le mauvais avocat d'une juste cause". A savoir, ici, les vins français. Cette indignation, on la retrouve chez un autre bloggeur de qualité, Nicolas de Rouyn, qui réprouve, lui, les imprécations, les diktats et la propension à l'invective du sieur Légasse. L'insulte n'a plus valeur de preuve, pourtant, depuis la mort de Staline - ou bien j'ai loupé un épisode?

Voici un passage parmi d'autres de sa prose excitée, pour vous édifier: «En assassinant la vérité du vin, on assassine ses auteurs et on banalise la France. Voilà le traitement que réserve l’Europe à l’un de nos précieux patrimoines. Une saloperie de plus que nous ne devons pas laisser passer.» Voila Bruxelles habillée pour l'hiver. Et voila une accusation bien gratuite. Pas tant que ça, puisqu'il vous en coûtera 6 euros pour connaître les choix de vin de ce nouveau Saint-Just.

Le problème, c'est que Légasse fait de l'audience. Ses outrances plaisent, au moins à un certain public, un peu comme celles d'un Coffe, dans sa période pré-discountaire. Leur gouaille est stimulante, leur enthousiasme est communicatif, leurs causes en paraissent plus justes. Par ailleurs, Légasse n'a pas toujours tort: dans le cas du fromage au lait cru, par exemple, sa croisade était plus que bienvenue. On a pu également l'apprécier dans le film "Nos enfants nous accuseront". Bref, ses campagnes anti-chimiques rallient les suffrages (sauf peut-être les tenants du tout-productivisme), alors on n'est pas trop regardant sur les détails de l'argumentation. C'est sans doute ce qui explique qu'un Olif, du blog d'Olif, recommande son guide.

Là où cela devient gênant, c'est quand M. Périco, journaliste encarté, se pose en spécialiste de matières qu'il ne maîtrise pas.

De grâce, ne voyez pas là la rancœur d'un collègue envieux. Je n'ai aucunement l'ambition de monter sur les plateaux de télé. Je connais mes limites. N'y voyez pas non plus la morgue d'un plumitif aux prétentions d'intello: il m'arrive aussi de ne pas savoir, plus souvent qu'à mon tour... L'oenologie, je la pratique en amateur peu éclairé: la chimie n'a jamais été mon fort. Et puis, c'est sûr, il m'arrive de verser dans l'amalgame et d'être (un peu) de parti pris.

Bon, d'accord, pas au point, comme Légasse, de traiter Bettane de "débile" et Parker d'"épouvantable", ou d'asséner comme vérité première que tout est la faute de Bruxelles et du lobby agro-industriel. On a sa fierté, tout de même.

Les approximations et les outrances de ce confrère me seraient plus supportables s'il n'était pas justement mon confrère.
Comment pourrais-je défendre ma corporation des journalistes vineux quand des gens comme lui font preuve d'aussi peu de qualités journalistiques? Je veux parler, comme Berthomeau, de la maîtrise des dossiers qu'on aborde, mais aussi de l'objectivité qu'on y met (ou au moins, d'un effort en ce sens). Ce n'est pas parce qu'on travaille à Marianne qu'on peut s'en affranchir.

Dans son guide, en effet, M. Légasse prend fréquemment des vessies pour des lanternes, des bio-opportunistes pour de vrais convaincus - et nous les fait prendre avec lui. Son enthousiasme sent souvent la mode. Ses jugements de valeur sont pour le moins subjectifs, son passéisme est très discutable (surtout pour un fidèle de Marianne), de même que ses élans du coeur pour certains vins ou certains producteurs. Et je ne parle pas de ses classements: mettre le vin de paille dans les VDN, c'est osé! Mais M. Lagasse n'est pas un technicien; quand il parle de soufre, il mélange le SO2 libre et le total, par exemple. Ou alors, les seuils qu'il énonce sont fantaisistes. Cela ne prêterait pas à conséquence, s'il ne se basait pas sur eux pour séparer le bon grain de l'ivraie entre conventionnels, bio et naturistes... On ne peut pas à la fois interpréter Cassandre, le fou du roi et le donneur de leçons.

Bref, Périco Légasse (j'allais écrire Lagaffe) n'est pas le sauveur du journalisme vineux, et encore moins celui du vin français. Ne l'ayant jamais rencontré, je lui laisserai le bénéfice du doute quant à sa sincérité. Je lui conseillerai cependant, à défaut d'un repentir chrétien qui ne semble pas dans sa manière, un retour sur lui-même et pas mal d'heures en bibliothèque pour mieux connaître "de quoi qu'il cause".

Ah, au fait, ce n'est pas Bruxelles qui risque de tuer le vin en France, mais le désintérêt. La baisse de la consommation de vin, certes encore  trop faible pour les hygiénistes qui prônent l'abstinence, est réelle.

Voila un autre débat, sur lequel on entend un peu moins les Légasse, les Coffe et consorts; comme si la Loi Evin avait eu raison de leur fibre iconoclaste... Pour le coup,  leur outrance nous fait défaut...

01:49 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : critique vineuse, marianne, légasse, berthomeau, france, vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

02 août 2010

Sacrés Français!

En bonne abeille, je fais mon miel de ce savoureux articulet publié sur www.honneurduvin.com, que je salue à nouveau au passage pour la qualité de leur travail, et, ce qui ne gâte rien, un humour que l'on serait bien en peine de retrouver chez nos "amis" pisse-vinaigre de la coordination hygiéniste subventionnée...

 

Les français ne sont pas faits comme les autres !

Voici quelque chose de tout à fait cohérent ! On savait déjà que les français avaient, selon la Direction Générale de la Santé (française) presque 8 fois plus de chance de mourir pour cause d'usage de l'alcool que les citoyens des autres pays les plus développés. En moyenne (voir blog du 12/02/10).
Il est donc tout à fait normal, compte tenu de leur constitution particulière, que, quand on ne retranscrit pas trop mal le rapport du WCRF (en "oubliant" quand même de parler des fast-foods), des recommandations spéciales leur soient réservées.
Il est normal aussi, du fait de cette singularité qui les rend, par contre, beaucoup plus résistants à l'abus de sucre, qu'on les oriente vers un document qui ne cite pas les boissons sucrées comme à éviter, contrairement à ce qui est recommandé à leurs semblables (?) humains.

Confer: http://www.inra.fr/reseau-nacre/sci-memb/corpet/recofr.html


Quel plaisir de vivre dans un pays aussi respectueux de la logique ! N'oublions pas qu'il s'agit de la patrie de Descartes!
Et ne doutons pas que l'INRA-NACRe soit en mesure de produire une abondante documentation sur cette particularité génétique...

Détail amusant : le document auquel on accède par le lien ci-dessus est destiné à la formation de Master en Nutriton. La coordinatrice du réseau NACRe est Mme Paule Martel dont on nous refuse depuis plus d'un an toute transmission concernant le parcours universitaire et professionnel qui lui a permis d'acquérir toute compétence en la matière...
Qui a formé la formatrice ?

 

Honneur du Vin

00:26 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : france, vin, consommation, alcoolisme, hygiénisme | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |