16 novembre 2010

Exclusif: Coffe aime le Beaujolais Nouveau

A quelques heures du "déblocage", le Beaujolais Nouveau s'est trouvé un allié inattendu en la personne de Jean-Pierre Coffe - celui là même qui, naguère, disait "pisse que pendre" du BN. Non, pis que ça: le BN, pour Coffe c'était de la merde. Globalement. Inconditionnellement. Indistinctement.

Et voici que M. Coffe change d'avis. Est-ce qu'il "débloque"? Non. C'est juste qu'il a enfin trouvé BN à son goût. Chez Dominique Piron. Et partageur, il en fait profiter tous les clients de Leader Price.

Cet engouement soudain est quelque peu suspect. Transformé en M. Loyal du Hard à la française, M. Coffe (Coffre?) a de plus en plus de mal à nous convaincre de son objectivité. Il découvre un bon Beaujolais Nouveau. Et alors, c'est juste une question de perspective! Il y a toujours eu de bons BN (chez Brun, par exemple, ou chez Piron), mais il fut un temps où M. Coffre gagnait mieux sa vie à dénoncer qu'à promouvoir.

Le Beaujolais aurait tort de se réjouir trop fort. Que le BN se fasse une place dans le hard discount n'est pas vraiment une promotion pour lui (sauf au sens "3+1"). Je connais un peu M. Piron, il préside une association de bons vignerons du Beaujolais, il a du mérite. Je lui souhaite de ne pas regretter de mêler son nom à cette opération.

Quoi qu'il en soit, les problèmes sont loin d'être résolus, en terme de qualité comme en termes de commercialisation. Ici, en Belgique, le Beaujolais Nouveau sortira à nouveau dans la plus grande indifférence, alors qu'il y a 15 ans, c'était l'événement de l'année vineuse. Sauf peut-être dans quelques hypers et autres spécialistes de la récup, où il sera consciencieusement bradé, oublié à peine bu (s'il n'est pas carrément boudé).

Par amour de ce beau vignoble, j'irai en acheter une bouteille, qu'on se rassure... Chez un caviste, tout de même.

11:37 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais, France | Tags : vin, vignoble, beaujolais | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

Une députée défend les droits de plantation

Sans surprise, le rapport remis au Ministre de l'agriculture français par Catherine Vautrin, vice-présidente de l’Assemblée nationale et députée de la Marne au Ministre de l'agriculture, plaide pour le maintient des droits de plantation, remis en question par la nouvelle organisation de marché européenne à partir de la fin 2015.  Pour Mme Vautrin, ceux-ci constituent «un outil éprouvé et moderne de gestion harmonieuse du potentiel viticole européen».


 

Elle propose donc cinq pistes:

maintien d'une interdiction de plantations nouvelles, assortie de cas d'exceptions déclinés par types de vignobles

application de ce régime à l'ensemble des vignobles, y compris aux vins sans indication géographique afin d'organiser l'ensemble du marché

gestion du régime des droits de plantation par les interprofessions

gestion fondée notamment sur des prévisions économiques affinées

mise en place d'une nouvelle gouvernance du vignoble, répartie efficacement entre l'Institut national de l'origine et de la qualité (Inao), l'interprofession nationale et les interprofessions régionales.

Avec tout le respect que je dois à Mme la Vice-Présidente, je lui ferai remarquer que l'"outil de gestion harmonieuse" n'a pas empêché la chûte des cours, dramatique, même dans des zones d'AOC.

Secundo, je me permets d'enfourcher à nouveau mon cheval libéral (ou libertaire?): ce n'est pas à l'état d'organiser ni de "gouvernancer" (osons ce néologisme affreux) une filière comme le vin, qui n'est liée, ni à la défense nationale, ni aux intérêts stratégiques. Ni directement, ni via les interprofessions, qui sont juges et partie, représentant les domaines déjà plantés, et donc, on s'en doute, peu ouverts à l'arrivée de nouveaux concurrents. On appelle ça une rente de situation.

Mme Vautrin, en bonne Champenoise, défend donc les "droits acquis" - ceux-là même auxquels le gouvernement prétend s'attaquer dans bien d'autres domaines. Mais pourquoi faut-il des droits pour planter de la vigne quand il n'en faut pas pour planter des patates ou du blé?

Or, et c'est la mon dernier point, je pense que la concurrence est le meilleur moyen de faire progresser la qualité, en écrémant la production non commercialisable, ces excédents que les interprofessions n'ont jamais su réguler.

Je me doute bien que mon discours ne plaira pas à tout le monde. Mais comment en tiendrais-je un autre? Admettrait-on, pour formuler une comparaison qui vaut ce qu'elle vaut, que les journalistes limitent le droit d'expression aux seuls journalistes?

 

 

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, France | Tags : vin, vignoble, france, europe, rente de situation, droits acquis | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |