02 décembre 2010

David Vincent les a vus - et moi aussi!

La presse frétille d'impatience, le monde retient son souffle alors que la NASA annonce la tenue d'une conférence de presse, ce jeudi, où pourraient être rendues publiques des preuves de la vie extraterrestre. Tout internet bruisse déjà de rumeurs et l'on s'interroge sur la gueule de nos amis venus d'ailleurs. Petits gris de Roswell, vaisseaux-ruches ou lichen spatial, bactéries martiennes, faites vos jeux...

Foutaises que tout ça! Chroniques Vineuses a déjà la preuve depuis longtemps de la vie extraterrestre. Hervé Lalau les a vus. Pas à Roswell, mais dans des dégustions de vins.

Comment expliquer autrement le comportement de certains confrères? Leur exaltation, leur endurance, leur capacité à analyser les vins les plus faiblards, la richesse de leur vocabulaire appliquée à des produits évoquant pour moi le vide intersidéral, la variété des expressions qu'ils donnent aux différents terroirs, au nanogramme près... Tout cela défie l'entendement humain, sans parler des lois de la pensanteur (car ces aliens ont parfois un style assez lourdingue).

alien23.jpgCertains aliens sont dotés de capteurs sensoriels d'une grande efficacité, mais le paient parfois par une allure dégingandée et une haleine fédide.

 

Soyons clairs: Robert Parker nous vient de la planète Wooda, dans la Galaxie de Tar-Ansod.

Jancis Robinson est une Slurpin-Viinas de la planète Rulebrit. Cette race étrange possède sous la frange frontale un nez de rechange, directement relié au cerveau reptilien.

Steven Spurrier est un Drysec de la Constellation des Hock-Bizniks (ceux-ci dégustent à distance, à l'aide de filaments invisibles à l'oeil nu, les reefers de Baalbek).

James Suckling est un Jahvvà de Naz-Prutt, dont les fosses nasales et sceptiques sont capables d'identifier l'arôme du Supertoscan à des années-lumière à la ronde.

Michel Bettane, quant à lui, est un Franchlar Noir de Bourgatrønche, un des peuples de la Confédération Plonkienne de Täst, qui essaime à présent dans bon nombre de dégustations. Il est doté de capteurs plurisensoriels gyrostatiques à incandescence luminique au zinc, ce qui explique, non seulement ses performances, mais également son don d'ubiquité. Il est partout à la fois et inversement.

Tous ces attributs sont généralement cachés à la vue des humains par des boucliers pulso-ioniques, mais les performances de ces extra-trerrestres, elles, nous ont permis de les identifier.

Quelques Terriens mènent depuis des années une lutte secrète contre ces aliens, mais ces derniers ont pris le contrôle des mass-medias. Chroniques Vineuses n'a pas encore pris partie dans ce combat, la blogosphère ayant été déclarée sanctuaire intergalactique. Mais le moment viendra bientôt de choisir son camp...

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis, Europe, France, Pour rire, Vins de tous pays | Tags : aliens, vin, vignoble | Lien permanent | Commentaires (7) | | | |

01 décembre 2010

Berrysiens et Parichons, ou quand le mot compte plus que la chose

Depuis que j'ai visité ses charmantes bourgades de Sancerre et de Menetou-Salon, je m'intéresse de plus près à l'actualité berrichonne.  Et voici que j'apprends par la presse que les Berrichons ont bien failli perdre... leur  nom. Deux cabinets spécialisés en communication, CRP Consulting et DDB, mis à contribution par les édiles locaux, et chargés de "vendre" cette destination touristique, ont rendu la recommandation suivante: ne parlons plus de Berrichons mais de... Berrysiens.

Les habitants de la Berrysie n'ont guère apprécié la reco des Parichons, s'il faut en croire les commentaires dans la presse locale. Pourquoi changer ce que l'histoire et la langue ont consacré? Pourquoi remplacer une identité par un concept? Vouloir développer le tourisme, c'est bien, mais faut-il le faire malgré les habitants? Berrichon c'est pourtant "Berry nice", ou "Berry schön", comme diraient nos amis Allemands...

220px-Blason_duche_fr_Berry_(moderne).svg.png

Le Berry (ou Berri) est la plus vieille province de France après l'ile de France. Le Duché de Berry était d'ailleurs l'apanage du fils ou de la fille du Roi.

 

On touche là aux limites du marketing, de l'emballage verbal, de l'euphémisme érigé en mode de gouvernement. Il n'y a plus d'aveugles, seulement des mal-voyants. Plus de Romanichels, mais des gens du voyage. Plus de clochards, mais des SDF. A force de ne plus appeller les choses par leur nom, on en oublie non seulement le vrai sens, mais l'existence. Ne parle t-on pas de "non-vie", dans les assurances? Drôle de monde, tout de même, où les mots comptent plus que la réalité. Toute ressemblance avec Orwell et le Newtalk n'est pas vraiment fortuite.

Quoi qu'il en soit, au vu de la réaction des indigènes (tiens, encore un mot désuet), il y a peu de chances que les élus donnent suite, malgré le prix payé aux deux agences. On parle de 500.000 euros, mais pour une étude plus large. Pour ce prix, j'aurais fait mieux: j'aurais proposé de délocaliser le ministère de la Culture à Bourges, par exemple. Les petits marquis du parisianisme seraient devenus... Berruriers. On nagerait en plein San Antonio.

Tiens, au fait, on n'apprend cette recommandation qu'aujourd'hui, alors que l'info date de début novembre. La galaxie Gutenberg, c'est bien beau, mais les nouvelles circulent mal sur les départementales de l'information.

Alphonse Allais l'a dit bien avant moi: il faudrait mettre les villes à la campagne.


00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire, Pour rire | Tags : berri, berry, euphémisme | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |