07 octobre 2010

Decanter pète les plombs

Sur le site de Decanter, on annonce un dossier signé Andrew Jefford où l'auteur affirme que le Chardonnay est le meilleur cépage d'Australie. So far so good.

Là où je tique, c'est quand Jeffords nous dit (ou bien est-ce le rédacteur final de Decanter?) que ce même Chardonnay australien "peut sans effort surpasser le meilleur Bourgogne" ("can outperform 'effortlessly' top level Burgundy").

Je sais bien qu'il faut vendre du papier, et qu'une bonne polémique de ce genre peut attirer quelques lecteurs, outre-Manche, en caressant dans le sens du poil de tweed leur francophobie congénitale.

Sans oublier que l'Australie abrite des marques d'une autre dimension que la Bourgogne, et que pour un magazine comme Decanter, c'est une source de revenus importants.

 

P1010053.JPGN'ayant pas d'illustration des grands terroirs australiens sous la main, j'ai pris une simple image de Montrachet (photo H. Lalau)

 

Mais restons sérieux. Chez In Vino Veritas, nous dégustons régulièrement des vins de tous horizons, et notamment des Chardonnays australiens, mais aussi bourguignons. A l'aveugle. Et s'il n'est pas rare qu'un Chablis, un Mâcon, un Montagny ou un Meursault soit sélectionné par notre panel, les Chardonnays des Antipodes, eux, ne sont JAMAIS sélectionnés.

Et ce n'est pas faute d'avoir essayé!

Bien sûr, comment savoir si ce sont les meilleurs et les plus représentatifs des Chardonnays de la Grande Ile? Aussi, nous ne nous permettrons jamais d'en déduire que TOUS les Chardonnays d'Australie sont facilement surpassés par les Bourguignons. Nous laissons ce genre d'anathèmes et d'amalgames à la presse britannique.

Amis des grands terroirs à blanc de la Bourgogne, et plus fondamentalement, amis défenseurs d'une certaine idée du convenable en matière de critique vineuse, j'attends vos commentaires avec impatience.

06 octobre 2010

L'oenotourisme institutionnel, miroir aux alouettes?

Mon excellent confrère André Deyrieux (www.winetourisminfrance.com) annonce la fermeture probable de la Cité de la Vigne et du Vin de Gruissan. Un constat d'échec qui devrait alerter les responsables du futur Centre Culturel et Touristique de Bordeaux Bacalan, et au-delà, dans la sphère publique, tous ceux qui veulent le bien du vigneron malgré lui. D'une part, l'engagement des seuls pouvoirs publics et des institutionnels ne suffit pas à faire vivre de telles structures. De l'autre, un seul lieu centralisant les offres oenotouristiques, et draînant le public, ce n'est sans doute pas la meilleure formule pour les adeptes du terroir profond. Bref, c'est dans le vignoble que ça se passe... ou que ça ne se passe pas.

Echec pour l'oenotourisme

"La Cité de la vigne et du vin (CVV) de Gruissan, qui dépend de l'INRA de Pech Rouge, va fermer ses portes. En tout cas, depuis le 30 septembre, elle n'a plus de soutien financier.
Preuve que la vague (lente) de l'oenotourisme ne suffit pas à garder à flot cette structure alliant (comme le dit justement le communiqué du personnel) "la connaissance, la culture, y compris scientifique, et des lieux d'échanges éducatifs". La Cité recevait 20 000 visiteurs par an et assurait des formations pour les professionnels.
Les facteurs de cet échec dans la première région viticole du monde ?
Plus que l'absence d'implication publique, l'absence de vision oenotouristique du territoire.
Plus que l'absence de rentabilité d'une structure isolée, l'absence de mise en oeuvre et de valorisation d'un réseau des richesses oenotouristiques (les domaines, les paysages de la vigne, les initiatives "wine friendly" en sentiers découverte, en restauration et en hébergement...).
Ajoutons-y la focalisation sur une rente touristique littorale, plutôt que l'ouverture à une offre alternative - touristique et culturelle - autour des patrimoines vitivinicoles millénaires de la région.
Et si plutôt que de "rechercher une solution" (objectif du comité de pilotage-sauvetage qui vient d'être créé), on inventait un projet territorial ?
Gageons - parce que nous ne voulons pas croire à "l'indifférence générale" que le sujet sera abordé aux prochaines Assises du Tourisme à Narbonne le 18 octobre."

André Deyrieux

13:51 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |