08 mars 2011

Le Sauvignon en V.O...

Un court extrait d'un dossier écrit à 4 mains avec mon ami Marc Vanhellemont et publié dans le dernier IVV. Le sujet: les blancs du Centre-Loire.

Juste pour vous mettre le silex à la bouche...

sauvignon, loire, sancerre, pouilly, roumet, In Vino VeritasA droite ou à gauche, des vignobles

LES TERROIRS DE SANCERRE ET DE POUILLY

Pourquoi fait-on du Sancerre à Sancerre et pas à Marlborough ? Sans doute un peu à cause des sols. Révisons donc ceux du Sancerrois.

 

• Les Silex: Les "cailloux", comme on les appelle ici, se trouvent surtout en bord de Loire.
Ils accumulent facilement la chaleur et la restitue aux raisins, qui mûrissent plus vite. Les vins issus de ces terroirs sont généralement assez durs et fermés pendant leur première année, mais s’ouvrent ensuite ; ils sont puissants, tranchants et présentent un bon potentiel de vieillissement. Le sauvignon de silex présente souvent des notes épicées et de pierre à fusil.

• Les Terres Blanches: Ces sols mêlant argiles et calcaires sont assez froids et ralentissent la maturation des raisins ; ce qui n’a pas que des inconvénients, car les raisins récoltés plus tard sont généralement très sains. Les vins de terres blanches ont besoin de temps pour s’ouvrir ; ils présentent généralement des nuances florales et végétales au nez, mais des bouches assez rondes. Ils sont élégants. Leur potentiel de garde est important.

• Les Caillotes: Ce sol de pierre calcaire est une couche de surface (40 cm au maximum). Les vins qui en sont issus sont à la fois vifs et fruités, avec une certaine tendresse. Ce sont souvent les premiers prêts à boire.

• Les Marnes Kimméridgiennes: Assez rare à Sancerre (la Côte des Monts Damnés en est un bel exemple), les marnes produisent des vins assez longs à s’ouvrir, mais équilibrés, fruités et suaves.

Et merci à Benoit Roumet pour la matière première...

01:52 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Tags : sauvignon, loire, sancerre, pouilly, roumet, in vino veritas | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

07 mars 2011

En parlant de terroir et d'histoire: Château Margaux

On s'imagine parfois que les grands vins ont toujours été grands, notamment à Bordeaux. Rien de plus faux. Prenez Château Margaux. Avant le 16ème siècle, pas de vigne sur ce qu'on appelle alors "La Motte".

Ce n'est qu'en 1572 qu'un certain Pierre de Lestonnac fait le pari de la viticulture sur une terre où ne pousse alors que des céréales. Le vin qu'on n'y fait n'est qu'un modeste claret, que les Hollandais distillent sans doute comme tous les autres pour mieux l'exporter...

Ce n'est qu'au début du 18ème siècle que Château Margaux émerge vraiment de la masse. Un certain Berlon, régisseur de son état, et qui a oublié d'être sot, décide de vinifier séparément les rouges et les blancs: sacré travail, car les cépages sont complantés, à l’époque.

800px-Château_Margaux.jpgChâteau Margaux, le palais (photo Benjamin Zingg)

Berlon a le sens du détail: il décrète aussi que les raisins doivent être vendangés une fois la rosée du matin évaporée, pour éviter que leur couleur soit «diluée et pâlie par l’excès d’humidité»… Surtout, il établit une carte de ce que l’on n'appelle pas encore le terroir et identifie les meilleures parcelles. Notamment les croupes graveleuses.

Les résultats ne se font pas attendre: dans les années 1730-1740, le Chancelier de L’Echiquier puis Premier Ministre anglais Walpole commande 4 fûts de Margaux par trimestre (qu’il omet parfois de payer); en 1771, Margaux est le premier «claret» à apparaître dans le prestigieux catalogue de Christie’s, à Londres. Cette faveur s’étend même aux Amériques: en 1784, Thomas Jefferson, ambassadeur des Etats-Unis en France, met «Château Margau» en tête de liste des grands Bordeaux de l’époque... et passe un belle commande.

Il y aura encore bien des vicissitudes (notamment la révolution, puis une suite de propriétaires peu au fait de la viticulture). Mais depuis, Margaux a su regagner ses galons.

Pourquoi je vous en parle? Parce que le terroir a bon dos. Il n'est rien sans les hommes.

 

10:52 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Tags : vin, vignoble, château margaux, classique, terroir, bordeaux, grand vin | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |