04 janvier 2011

"Post incorrect"... dommages collatéraux

M. Patrick Maclart me fait l'honneur de m'allumer sur le bourgogne-wineblog.com à propos de mon "post incorrect" du 29 décembre dernier. 

Voici le lien.

http://bourgogne-wineblog.com/non-classe/bulletin-dhumeur...

J'aurais bien aimé passer à autre chose. Qu'on ne me réduise plus à ce billet alors que j'en ai posté près de 2.000. Vous pourriez aussi me dire qu'il n'y a que la vérité qui blesse, et que je devrais passer ce genre de commentaires par pertes et profits. Mais à tort ou à raison, je crois utile de mettre quelques points sur les i. Je voudrais surtout que les gens lisent bien les billets qu'ils commentent.

M. Maclart, et vous aussi, amis lecteurs, relisez mon texte, s'il vous plaît. 

Les journalistes, les revues papier, leurs marronniers publicitaires, leurs faux gourous? J'en fais la critique aussi.

Les bons blogs de vin? Je dis qu'il y en a, et d'où qu'ils viennent, vignerons, amateurs, etc. J'en ai même cité beaucoup au fil des semaines, ces trois dernières années. En vérité, parler de ce que j'aime m'intéresse plus que de parler de ce que je n'aime pas, mais ce post du 29 décembre était l'exception qui confirme la règle.

Et non, je ne me cite pas en exemple. Je tombe certainement plus d'une fois dans les travers que je dénonce. Mais pas tout le temps, je pense.

Et quant aux journalistes "qui ne salissent pas leurs mocassins"... C'est vrai qu'il y en a, mais en ce qui me concerne, j'ai passé l'automne à sauter du Palatinat à Sancerre, en Champagne, puis en Alentejo, puis à Montpellier, puis à Jerez, et enfin à Florence et à Sienne - et je vous passe les dégustations organisées en Belgique et celles d'In Vino Veritas. D'autant que tous les vins ne valent pas un commentaire. Et je ne suis pas seul dans mon cas, surtout en cette période d'avant et d'après vendanges. C'est le grand plaisir, la grande fierté et la grande responsabilité de notre métier de journalistes vineux que d'être ainsi très souvent sur le terrain (et aussi une source de problèmes familiaux, mais passons).

Alors oui, je veux bien accepter que mon billet était exagéré. Je me répète: j'ai voulu casser la belle façade d'unanimité de la blogosphère du vin. Je maintiens qu'il y a des blogs de vins vraiment minables - et je suis d'autant plus choqué quand je vois qu'ils gagnent des prix. Vous n'êtes pas choqués, vous, quand un navet gagne le César ou l'Oscar? N'est-ce pas une insulte pour les autres? Au nom de quoi voudriez-vous défendre  ce qui ne sont que des vidéos-à-mateurs, des pochtronades, des délires pseudo-poético-vineux, M. Maclart, vous qui accordez apparement de l'importance au contenu?

Mais jamais, au grand jamais, je ne plaide pour qu'un seul blog disparaisse. Je suis pour la diversité. Je voudrais juste que les bons soient mieux connus, pour que le public puisse y trouver l'information qu'il est en droit de trouver.

Et mon nom, c'est LALAU, pas HACHELLE (HL). Tant qu'à faire de répondre de mes écrits (même si on ne les lit pas bien), je préfère le faire sous mon nom, celui dont je signe, puisque je n'utilise pas de pseudo ni d'avatar. Je considère que débaptiser les gens est une forme élaborée de mépris.

Dernier détail. Ce même M. Maclart, que je ne connais pas, a suscité d'autres commentaires sur un réseau social. Teneur générale: "tel est pris qui croyait prendre, ce Hachelle aurait mieux fait de la fermer". Alors M. Maclart s'est cru obligé d'en rajouter une couche. Voila maintenant qu'il me daube parce que, selon lui, je ferais la promo du vin de Tariquet sur un autre post; ce qui, toujours selon lui, n'est ni un bon choix de vin, ni une belle démonstration de journalisme d'investigation.

Je laisse à M. Maclart son apparente mauvaise opinion de Tariquet. Moi, j'ai dégusté un vin et je l'ai commenté. Point barre. Nulle part il n'est mentionné que c'est là du journalisme d'investigation, je j'ai pas prétendu écrire un guide des vins de Gascogne ou l'article de référence sur Tariquet, juste un "post". Mais je pense avoir fait un commentaire honnête, et certainement pas de la promotion. Je commente les vins qui me tombent sous la main, sans aucun compte à rendre sur mon blog; aujourd'hui c'est Tariquet, demain c'est le Château de la Grille ou l'Hurluberlu, et dans aucun des cas, je ne suis payé pour les poster. Ce blog est libre.

M. Maclart, vous me faites un mauvais procès. Je pensais que vous m'aviez mal lu. Je crois à présent que vous perdez votre temps (et moi le mien) alors que nous pourrions l'employer beaucoup mieux à parler des vins qui nous plaisent et à développer cet esprit d'investigation dont vous semblez si épris.

Vous pouvez mettre en cause beaucoup de choses, y compris la qualité de ce que j'écris, mais je vous saurais gré de croire en mon intégrité et en ma bonne foi.

12:39 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France, Vins de tous pays | Tags : vin, vignoble, blogs, critique | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

Capsule et vice

Au détour d'un billet sur Baudry-Dutour, mon excellent confrère Jim Budd s'interroge sur le bouchage des blancs de Loire. C'est ICI.   

Curieuse coïncidence, les Baudry-Dutour sont les nouveaux propriétaires du Château de la Grille, dont je vous parlais hier. Les grands esprits se rencontrent, Jim!

Mais tel n'est pas mon propos.

Chez Baudry-Dutour, comme vous le lirez dans le billet de Jim, on a choisi la capsule à vis pour l'exportation des chenins blancs; parce que, pour reprendre les paroles de Jean-Martin Dutour, qui est tout de même le mieux placé pour savoir quelle qualité de vin il veut vendre, "c'est le meilleur bouchage pour ce type de blancs". Voila qui ne ravira pas les membres de l'Académie Amorim; mais M. Dutour, qui vient de prendre la présidence d'Interloire, a droit à ses opinions.

Pour la France, pourtant, la Maison en reste au bouchon de liège. Les Français ne pourraient donc pas goûter aux Chinons blancs vins de Baudry-Dutour dans leur meilleure forme? Hélas non! Car comme Papy, les sommeliers français font de la résistance. Ils refusent la capsule au motif que le geste auguste du débouchonneur "fait partie de leur métier", et que la disparition du bon vieux bouchon pourrait sonner... la leur.

A ces tire-bouchonneurs angoissés, on répondra ceci:

-La cavalerie polonaise est passée aux blindés un tantinet trop tard, ce qui lui a valu quelques déboires en 1940. On n'arrête pas le progrès, et encore moins les divisions de panzers avec des chevaux. Aucun rapport avec la capsule à vis? Voire...

-De même que l'habit ne fait pas le moine, le tire-bouchon ne fait pas le sommelier.

-En temps que client, j'attends d'un sommelier qu'il sache m'aider à bien choisir le vin. D'abord parce qu'il l'a amoureusement sélectionné (enfin, si son patron lui en a laissé le loisir); et surtout parce qu'il le connaît bien. Et pourquoi pas un vin capsulé, si c'est le meilleur qu'il a pu trouver pour le plat que je commande? Ce n'est en tout cas pas un critère pour le refuser.

-Si c'est un bon sommelier, il n'aura pas l'outrecuidance de contredire M. Dutour à propos de ses blancs délicats. Ni, d'ailleurs, ses confrères de la sommellerie suisse, qui servent des chasselas capsulés depuis les années 80... 

-Accessoirement, moins de goûts de bouchon, moins de renvois de bouteille, moins de vaines discussions à ce propos avec des clients plus ou moins sincères, ce serait mieux pour tout le monde.

-Il suffirait d'expliquer au client les raisons de ce choix, ce qui, assurément, serait une excellente occasion pour le sommelier de montrer sa compétence.

J'ai beaucoup de tendresse pour les vrais sommeliers, qui font un boulot pas toujours facile, coincés qu'ils sont entre les restaurateurs et les clients. Mais ne sont-ils pas d'abord au service du vin? Comment pourraient-ils justifier de continuer à exclure de nos tables des blancs dont l'expression aromatique aurait été la mieux préservée? Ce serait trahir les producteurs... Une attitude pour le moins indécente. Presque du vice.

Soyons clairs: je me fiche de tout le cérémonial de la sommellerie, du pop, du pschitt et du plops, comme de l'an 40. Au sommelier, je demande du conseil, de la compétence. Ou à défaut, je choisis tout seul.

Suis-je unique en mon genre? Votre avis m'intéresse. Car si vous êtes nombreux dans mon cas, peut-être arriverons-nous à convaincre nos amis sommeliers français de reconsidérer la question...

Cela vous choquerait-il de voir servir à votre table un vin capsulé? La compétence du sommelier qui vous le servirait vous en semblerait-elle amoindrie? Amis blogueurs, j'attends vos commentaires.

 

 

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Suisse, Vins de tous pays | Tags : vin, vignoble, suisse, france, capsule à vis, bouchon, sommelier | Lien permanent | Commentaires (10) | | | |