05 janvier 2011

Château de Rully: le charme discret de la Côte Chalonnaise

Lors des séances de dégustation d'IVV, on goûte, on note, on garde, on regoûte, on écarte. A l'aveugle, bien sûr. Quand on garde, c'est publié. Dans le cas contraire, c'est selon. Soit on laisse la bouteille, de dépit, soit on redéguste chez soi. C'est ce que j'appelle les "re-bus d'IVV".

Le vin que voici, lui, n'a pas passé la barre de la première dégu. Peut-être sera-t-il repêché. Dans le doute, je le repêche moi-même. Il s'agit du Château de Rully, un des domaines d'Antonin Rodet (Groupe Boisset). Un Rully  AOC Premier Cru La Bressande, millésime 2008.

Lors de la première dégustation, je l'avais trouvé plaisant, mais un peu creux. J'ai redégusté la bouteille le lendemain midi, et c'était une toute autre histoire. Je ne vais pas vous refaire le coup de l'aération, vous connaissez. Mais je tiens à défendre ce vin parce que je pense qu'il le mérite.

Château de Rully.jpgChâteau de Rully 2008 "La bressande"

D'abord, c'est un vrai chardonnay, avec ses notes de poire, de fleurs blanches, d'acacia et de fleur d'oranger, au nez; la bouche, délicate, est beaucoup plus marquée par les épices, en définitive, que par le bois que j'avais crû noter la veille. Le tout étant arrondi par un petit côté beurré. Pas vraiment gras, non, mais pas maigre  non plus. Cerise sur ce gâteau aéré, en finale, un soupçon de minéral relance la machine.

Au contraire de la fière bâtisse à laquelle les vignes servent d'écrin (une forteresse médiévale, plutôt carrée), ce vin est tout en dentelle. Fluide, subtil, pas du genre à s'imposer - mais ce n'est pas une raison pour passer à côté.

Mais une raison de plus de redécouvrir le charme discret de la Côte Chalonnaise.

 

00:06 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France | Tags : vin, vignoble, côte chalonnaise, rully, rodet | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

04 janvier 2011

"Post incorrect"... dommages collatéraux

M. Patrick Maclart me fait l'honneur de m'allumer sur le bourgogne-wineblog.com à propos de mon "post incorrect" du 29 décembre dernier. 

Voici le lien.

http://bourgogne-wineblog.com/non-classe/bulletin-dhumeur...

J'aurais bien aimé passer à autre chose. Qu'on ne me réduise plus à ce billet alors que j'en ai posté près de 2.000. Vous pourriez aussi me dire qu'il n'y a que la vérité qui blesse, et que je devrais passer ce genre de commentaires par pertes et profits. Mais à tort ou à raison, je crois utile de mettre quelques points sur les i. Je voudrais surtout que les gens lisent bien les billets qu'ils commentent.

M. Maclart, et vous aussi, amis lecteurs, relisez mon texte, s'il vous plaît. 

Les journalistes, les revues papier, leurs marronniers publicitaires, leurs faux gourous? J'en fais la critique aussi.

Les bons blogs de vin? Je dis qu'il y en a, et d'où qu'ils viennent, vignerons, amateurs, etc. J'en ai même cité beaucoup au fil des semaines, ces trois dernières années. En vérité, parler de ce que j'aime m'intéresse plus que de parler de ce que je n'aime pas, mais ce post du 29 décembre était l'exception qui confirme la règle.

Et non, je ne me cite pas en exemple. Je tombe certainement plus d'une fois dans les travers que je dénonce. Mais pas tout le temps, je pense.

Et quant aux journalistes "qui ne salissent pas leurs mocassins"... C'est vrai qu'il y en a, mais en ce qui me concerne, j'ai passé l'automne à sauter du Palatinat à Sancerre, en Champagne, puis en Alentejo, puis à Montpellier, puis à Jerez, et enfin à Florence et à Sienne - et je vous passe les dégustations organisées en Belgique et celles d'In Vino Veritas. D'autant que tous les vins ne valent pas un commentaire. Et je ne suis pas seul dans mon cas, surtout en cette période d'avant et d'après vendanges. C'est le grand plaisir, la grande fierté et la grande responsabilité de notre métier de journalistes vineux que d'être ainsi très souvent sur le terrain (et aussi une source de problèmes familiaux, mais passons).

Alors oui, je veux bien accepter que mon billet était exagéré. Je me répète: j'ai voulu casser la belle façade d'unanimité de la blogosphère du vin. Je maintiens qu'il y a des blogs de vins vraiment minables - et je suis d'autant plus choqué quand je vois qu'ils gagnent des prix. Vous n'êtes pas choqués, vous, quand un navet gagne le César ou l'Oscar? N'est-ce pas une insulte pour les autres? Au nom de quoi voudriez-vous défendre  ce qui ne sont que des vidéos-à-mateurs, des pochtronades, des délires pseudo-poético-vineux, M. Maclart, vous qui accordez apparement de l'importance au contenu?

Mais jamais, au grand jamais, je ne plaide pour qu'un seul blog disparaisse. Je suis pour la diversité. Je voudrais juste que les bons soient mieux connus, pour que le public puisse y trouver l'information qu'il est en droit de trouver.

Et mon nom, c'est LALAU, pas HACHELLE (HL). Tant qu'à faire de répondre de mes écrits (même si on ne les lit pas bien), je préfère le faire sous mon nom, celui dont je signe, puisque je n'utilise pas de pseudo ni d'avatar. Je considère que débaptiser les gens est une forme élaborée de mépris.

Dernier détail. Ce même M. Maclart, que je ne connais pas, a suscité d'autres commentaires sur un réseau social. Teneur générale: "tel est pris qui croyait prendre, ce Hachelle aurait mieux fait de la fermer". Alors M. Maclart s'est cru obligé d'en rajouter une couche. Voila maintenant qu'il me daube parce que, selon lui, je ferais la promo du vin de Tariquet sur un autre post; ce qui, toujours selon lui, n'est ni un bon choix de vin, ni une belle démonstration de journalisme d'investigation.

Je laisse à M. Maclart son apparente mauvaise opinion de Tariquet. Moi, j'ai dégusté un vin et je l'ai commenté. Point barre. Nulle part il n'est mentionné que c'est là du journalisme d'investigation, je j'ai pas prétendu écrire un guide des vins de Gascogne ou l'article de référence sur Tariquet, juste un "post". Mais je pense avoir fait un commentaire honnête, et certainement pas de la promotion. Je commente les vins qui me tombent sous la main, sans aucun compte à rendre sur mon blog; aujourd'hui c'est Tariquet, demain c'est le Château de la Grille ou l'Hurluberlu, et dans aucun des cas, je ne suis payé pour les poster. Ce blog est libre.

M. Maclart, vous me faites un mauvais procès. Je pensais que vous m'aviez mal lu. Je crois à présent que vous perdez votre temps (et moi le mien) alors que nous pourrions l'employer beaucoup mieux à parler des vins qui nous plaisent et à développer cet esprit d'investigation dont vous semblez si épris.

Vous pouvez mettre en cause beaucoup de choses, y compris la qualité de ce que j'écris, mais je vous saurais gré de croire en mon intégrité et en ma bonne foi.

12:39 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France, Vins de tous pays | Tags : vin, vignoble, blogs, critique | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |