13 avril 2011

Le vin dans l'histoire: ce que buvait le Pape Clément en 1343

En 1343, le Pape Clément VI réside en Avignon, comme ses trois prédécesseurs. Il est d'origine française (du Limousin, pour être précis). Il ne doit pas être confondu avec Clément V, "le Pape vigneron", celui qui a donné son nom au Château Pape Clément. Mais lui non plus ne dédaignait pas les bonnes choses de la vie terrestre, et donc, le vin.

280px-01_Clément_VI_(Fresque_de_la_chapelle_Saint-Martial_du_palais_des_papes).jpgClément VI

Bien que le Comtat Venaissin lui appartienne en propre, avec ses crus, il ne boit pas que du vin de la région (notamment le Châteauneuf). J'en veux pour preuve ce commentaire d'un banquet décrit par un auteur florentin dont le nom s'est perdu: "Après le cinquième service, on apporta une fontaine surmontée d'une tour et une colonne d'où s'échappaient cinq espèce de vins. Les margelles de cette fontaine étaient garnies de paons, de faisans, de perdrix, de grues et de divers autres volatiles... Les vins venaient de Provence, de La Rochelle, de Beaune, de Saint-Pourçain et du Rhin... Lorsque le pape fut retiré dans ses appartements, on apporta du vin et des épices."

Ceci donne une idée de la variété et de la notoriété de crus disponibles à l'époque chez les grands de ce monde; en effet, le Saint-Père, qui sera surnommé Clément le Magnifique, ne regardait pas au prix pour ses banquets et veillait à une certaine variété pour contenter ses hôtes venus de contrées parfois lointaines.

On notera l'absence des vins de Bordeaux et de Loire, sans doute jugés de moindre qualité à l'époque. La Loire devient vraiment recherchée qu'à partir du 16ème siècle - les séjours de la Cour de Roi de France dans la région - et Bordeaux, quant à lui, doit attendre le 18ème siècle pour vraiment sortir de l'anonymat, surtout grâce à l'exportation, aux marchands de Londres et d'Amsterdam. Brillent également par leur absence, les vins d'Italie (même Français, Clément reste Evêque de Rome).

L'histoire ne dit pas quels épices le Pape ajoutait à ses vins une fois rentré dans ses appartements. Il s'agissait en général de cannelle, de clou de girofle et de miel. L'hypocras, ou vin aux épices, était très prisé au Moyen-âge. Pour son goût, mais aussi pour sa longue conservation. Saint Pourçain, notamment, a conservé cette tradition.

Source: La table provençale. Boire et manger en Provence à la fin du Moyen Âge, Louis Stouff, éd. Alain Barthélemy, Avignon, 1996.

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : vin, histoire, clément vi, pape | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

11 avril 2011

Euro Wine

J'ai le plaisir de vous annoncer la naissance d'Euro Wine, le nouveau magazine édité par Vitisphère.

Un magazine destiné aux professionnels, édité en deux langues, le français et l'anglais. 

Cette diversification d'un groupe née sur internet démontre bien les complémentarités possibles. Elle illustre une stratégie simple, que développe le DG de Vitisphère, Michel Rémondat: «apporter une information pertinente (parfois impertinente) et des services innovants, économes, rapides, en utilisant toutes les formes de médias.»

Le plaisir est double, pour moi, car Michel m'a demandé de rejoindre son "pool" de collaborateurs. Dès le prochain numéro, j'y publierai donc un article sur le chenin d'Afrique du Sud. Les voyages forment la jeunesse. Ils forment aussi les journalistes.

J'y serai en bonne compagnie, car j'apprends que mon copain David Cobbold, lui, s'est fendu d'un article sur les Primeurs de Bordeaux. Connaissant ses réserves à propos de ce système, ça risque d'être éducatif...

Plus d'info: http://www.eurowine.fr/

22:54 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |