27 octobre 2011

Au Trinquefougasse et nulle part ailleurs

C'est une institution à Montpellier, improbable croisement entre un wine bar, un bar à tapas et un club de jazz, cela s'appelle le Trinquefougasse.
On y trinque, en effet, et on y mange - entre autres, une excellente fougasse. On peut y choisir sa bouteille ou son verre parmi un très grand choix de vins, principalement languedociens, et sélectionnés avec goût.

C'est là que j'ai passé la dernière soirée de mon périple en Pic Saint Loup.

Et comme Pascal Vallet, notre hôte de la Communauté des Communes du Grand Pic Saint Loup, est tout sauf sectaire, il nous a fait ouvrir quelques bonnes bouteilles venues du reste de l'Hérault. Outre un bon Montpeyroux de Sylvain Fadat, dont j'ai déjà eu le plaisir de vous entretenir, nous avons ainsi pu déguster un Saint Chinian Berlou de derrière les fagots, le 2005 du domaine Rimbert.
Dès le premier nez, c'est une explosion de fruit rouge, framboise Pie-Qui-Chante, d'épices douces, aussi; en bouche, c'est très enlevé, très solaire, mais avec le côté sérieux des vins de schistes; un méridional avec de la conversation, et du fond.

IMG_0641.jpgJ'ai la Berlou, ou quoi?

Et puis nous passons en Minervois La Livinière, avec la Cuvée La Féline, de la Borie de Maurel 2009
Grosse présence au nez, du fruit noir bien mûr (mais pas compoté), du cuir; ça se confirme en bouche, on a affaire à un beau bébé, robuste, genre pilier de rugueby, ça déménage un peu du côté des tannins, mais l'athlète en maillot grenat ne manque pas d'élégance et vous décoche le sourire d'une finale gagnante, une belle corbeille de fruits noirs qui vous reste longtemps au palais... des sports.

IMG_0642.jpg

La Féline: le fauve est lâché


Trinquefougasse, 1581 route de Mende F-34090 Montpellier

Tél +33 4 99 23 27 00

00:23 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc, Midi | Tags : languedoc, montpellier | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

25 octobre 2011

Gevrey, le tractopelle et la journaliste... ne tirez pas sur le pianiste!

Au détour de mon billet sur mes belles rencontres savoyardes, la semaine dernière, je vous ai indiqué un texte de ma consoeur Florence Kennel sur le concassage d'un premier cru à Gevrey-Chambertin.

Je vous le redonne aujourd'hui, c'est ICI

Moins pour l'article, dont je suppose que vous avez déjà pris connaissance (Olif en a parlé aussi sur son blog, hier), que pour les commentaires.

Et plus précisément deux.

Celui de Dominique Rézette, d'une part; celui-ci, si je le décrypte bien, va intervenir auprès de Denis Saverot pour faire modifier (ou interdire?) le dossier à paraître dans la RVF sur ce thème; il évoque même une action au pénal... Je ne connais pas ses motivations, mais c'est pour le moins un acte fort.

florence kennel,gevrey-chambertin

Florence n"hésite pas à mettre les pieds dans les vignes - ici, en Savoie (Photo H. Lalau).

Celui d'un anonyme, de l'autre, répondant au pseudo de "timeisrunningout". Ce dernier nous livre une argumentation discutable, mais parfaitement recevable, sur les bienfaits du pelletage; ce qui me gêne beaucoup plus, c'est qu'il se croit obligé de décrédibiliser la pauvre Florence, en des termes infamants; passe encore qu'il mette en doute sa compétence (je peux pourtant témoigner qu'elle sait ce qu'est un pied de vigne, tout comme Jean-Michel Deiss), il met aussi en doute son honnêteté, ce qui est plus grave. Et il se permet encore de l'insulter en des termes quasi-orduriers: "les vieilles vous diraient que si la pilule avait existé de leur temps, vous ne seriez pas là pour écrire de telles inepties".

On se croirait revenu aux purges staliniennes! Salissez, salissez, il en restera toujours quelque chose.

Pour moi, ce genre d'attaques "ad hominem", (ou plutôt, ici, ad feminam), ne servent vraiment pas la cause de ce qu'elles veulent défendre. Elles la disqualifient plutôt. Je pense que le vin, produit convivial, mérite mieux. Que l'on peut exposer ses divergences d'opinion sans agiter du papier bleu, ni recourir à l'invective.

J'en appelle donc à plus de mesure. Ne tirez pas sur le pianiste! Florence ne fait que dire ce qu'elle a vu, que pointer ce qui la choque, et c'est la mission d'une journaliste.

Mais sans doute faut-il en revenir aux textes de loi.

La viticulture française est soigneusement encadrée, on le sait, et notamment Gevrey-Chambertin. Dans le décret 2009-1207 relatif aux AOC «Gevrey-Chambertin», «Irancy», «Ladoix», «Maranges», «Marsannay», «Meursault», «Monthélie», «Pernand-Vergelesses» et «Pommard», on lit le texte suivant (chapitre II, paragraphe 2, alinea b):

"Seuls sont autorisés les aménagements ou travaux avant plantation de vignes qui n'entraînent pas de modification substantielle de la topographie, du sous-sol, de la couche arable ou des éléments structurant le paysage d'une parcelle de l'aire délimitée".

C'est ICI

Ceci répondra peut-être au commentaire de Mme Plessis, une vigneronne angevine qui a elle-même eu recours au tractopelle à Savennières. Gevrey-Chambertin a sa propre réglementation qu'il convient de respecter, sauf à faire passer ses opinions avant la loi.

Florence dénonce, avec raison, une irrégularité, et tout le reste, les commentaires, le rappel des mânes cisterciennes, les exemples de concassages passés, restera hors-sujet tant que les vignerons, qui sont à l'origine de cette réglementation, la tiendront pour leur.

00:37 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France | Tags : florence kennel, gevrey-chambertin | Lien permanent | Commentaires (8) | | | |