15 juin 2011

Le vin, partie intégrante du patrimoine culturel et gastronomique français

Ce n'est pas moi qui le dit, mais 63 députés français ayant déposé le premier juin dernier sur le Bureau de l'Assemblée la Proposition de loi ci-après. Je leur souhaite bonne chance - leurs homologues espagnols et argentins y sont parvenus bien avant eux... Et j'attire votre attention sur l'exposé des motifs, qui renferme certaines vérités bien oubliées des médias soi-disant grand public...

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PROPOSITION DE LOI

visant à affirmer que le vin fait partie intégrante du patrimoine culturel et gastronomique de notre pays,

(Renvoyée à la commission des affaires économiques, à défaut de constitution d’une commission spéciale dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)

présentée par Mesdames et Messieurs

Jean-Pierre GRAND, Élie ABOUD, Jean-Paul ANCIAUX, Patrick BEAUDOUIN, Marc BERNIER, Jean-Claude BOUCHET, Philippe BRIAND, Pascal BRINDEAU, François CALVET, Bernard CARAYON, Dino CINIERI, Louis COSYNS, Jean-Michel COUVE, Jean-Pierre DECOOL, Bernard DEPIERRE, Nicolas DHUICQ, Jacques DOMERGUE, Raymond DURAND, Paul DURIEU, Daniel FASQUELLE, Alain FERRY, Jean-Claude FLORY, Marie-Louise FORT, Jean-Paul GARRAUD, Jean-Pierre GORGES, Jacques GROSPERRIN, Jacqueline IRLES, Marc JOULAUD, Lionnel LUCA, Philippe Armand MARTIN, Jean-Claude MATHIS, Josette PONS, Jacques REMILLER, Jean ROATTA, Martial SADDIER, Daniel SPAGNOU, Michel TERROT, Jean UEBERSCHLAG, Christian VANNESTE, Isabelle VASSEUR, Philippe VITEL, Gérard VOISIN, Michel VOISIN, Brigitte BARÈGES, Philippe BOËNNEC, Chantal BOURRAGUÉ, Jean-Louis CHRIST, Michel DIEFENBACHER, Jean-Michel FERRAND, Claude GATIGNOL, Yvan LACHAUD, Robert LECOU, Daniel MACH, Hervé MARITON, Patrice MARTIN-LALANDE, Étienne MOURRUT, Alain MOYNE-BRESSAND, Nicolas PERRUCHOT, Francis SAINT-LÉGER, Jean-Marie SERMIER, Fernand SIRÉ, Éric STRAUMANN et Philippe VIGIER,

députés.

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

Cette proposition de loi vise à affirmer que le vin fait partie intégrante du patrimoine culturel et gastronomique de notre pays qu’il convient de protéger.

Une telle reconnaissance a déjà été accordée au foie gras par l’article 74 de la loi n° 2006-11 du 5 janvier 2006 d’orientation agricole, codifié à l’article L. 654-27-1 du code rural et de la pêche maritime.

Concernant le vin, il convient de rappeler les points suivants :

– Le vin est mentionné comme partie intégrante du repas gastronomique des Français lequel est désormais inscrit sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l’humanité, établie par l’UNESCO.

– La culture du vin, partie du patrimoine bimillénaire, culturel, cultuel, paysager et économique français, transmise de génération en génération, a grandement contribué à la renommée de notre pays et tout spécialement de sa gastronomie au yeux du monde.

– Au-delà des arts de la table, légion sont les exemples qui pourraient être cités et démontreraient à quel point unique au monde depuis l’Antiquité, le vin est évoqué dans la production artistique de notre pays, particulièrement dans les domaines de la littérature et de la poésie.

– L’activité viticole française, par ses performances sur le marché mondial, représente un élément essentiel dans la balance commerciale du pays et donc dans son économie, mais aussi des centaines de milliers d’emplois directs ou indirects et qu’elle est pratiquée dans 18 de ses 22 régions métropolitaines.

– La vigne et le vin constituent, en France, une des bases principales du développement touristique, par la qualité reconnue des paysages façonnés, la protection et l’entretien du patrimoine immobilier et monumental qu’elle permet, par la culture de l’accueil développée par les vignerons et par son rôle primordial dans les arts de la table, éléments indiscutables de l’art de vivre à la française.

– Le vin, consommé avec modération, a largement participé à la bonne santé de nos populations et à leur degré de longévité ; il joue un rôle actif de lubrifiant social dans la communauté, et l’éducation à la maîtrise de sa consommation, lorsqu’elle est perpétuée, permet d’éviter les dérives alcooliques.

– Nombre de boissons tendant à se substituer au vin pour accompagner les repas se révèlent beaucoup plus dangereuses, même en cas de limitation, comme le soulignent des rapports scientifiques internationaux majeurs.

– La majorité de la population française, celle de la plupart des médias et des leaders d’opinion souhaitent que soient maintenus et protégés les activités vigneronnes, la production des vins français, la reconnaissance internationale dont elle jouit.

– L’enseignement français des techniques de la viticulture et de vinification dispensé par ses écoles d’agronomie accueillant de nombreux étudiants étrangers, par ses centres de recherche, par son histoire, par ses cépages, par la notoriété de ses vins, est reconnu comme le premier au plan international.

Ces réalités objectives sont trop souvent contestées, entretenant ainsi une confusion entre la nécessaire lutte anti-alcoolique protégeant la santé publique et les apports positifs permis par la consommation modérée de vin, démontrés par la plupart des études récentes.

Il est donc proposé d’inscrire dans la loi que le vin, produit de la vigne, fait partie du patrimoine culturel et gastronomique protégé en France.

PROPOSITION DE LOI

Article unique

Après l’article L. 665-5 du code rural et de la pêche maritime, est inséré un article 665-6 ainsi rédigé :

« Art. L ; 665-6. – Le vin, produit de la vigne, fait partie du patrimoine culturel et gastronomique protégé en France.»

Ah, les braves gens! Il est sans doute dommage qu'il faille recourir à la loi pour rétablir de telles vérités et protéger ainsi notre patrimoine. 

Au fait, dans la grande tradition de la 5ème République, l'essentiel des lois est aujourd'hui d'initiative gouvernementale; mais là, ce sont des députés de base, presque anonymes, et de tous bords politiques, qui se sont emparés du problème. A croire que les stars du Palais Bourbon tremblent devant les prohibitionnistes et leurs puissants relais; à croire qu'ils méprisent la filière vin; à croire qu'ils méconnaissent les effets bénéfiques du vin, produit culturel. On aimerait pourtant bien entendre les Accoyer, les Ayrault, les Vaillant, les Buffet, les Cochet, les Mamère et les Debré sur ce sujet... De quoi ont-ils peur?

Certains sont beaucoup plus bruyants en faveur de la dépénalisation du canabis, par exemple. Hasard de l'actualité: le groupe socialiste vient de déposer une proposition visant à aligner la réglementation encadrant le cannabis à celle du tabac et de l'alcool, et même à organiser une "filière cannabis" (on a la fibre étatique ou on ne l'a pas).

Bref, je regrette qu'une des rares actions de nos élus en faveur de la défense du vin comme élément de culture soit le fait de députés si peu médiatisés, et qu'il ait si peu d'écho dans les Etats-Majors des grands partis. Mais qu'importe: dans ce juste combat, aucun effort, aucune bonne volonté n'est à dédaigner, d'où qu'ils viennent.

00:10 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : france, prohibition, loi, patrimoine, vin, vignoble | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

14 juin 2011

Cambras, version Oc

Il y a deux choses  auxquelles on ne peut échapper sur les radios périphériques françaises, cette semaine: le dernier tube d'Adamo (en duo avec sa fille, c'est émouvant) et la pub des Ormes de Cambras.

Comme ce blog n'a pas vocation à la critique musicale, je me limiterai au second sujet.

Et je vous dirai d'emblée que je suis assez déboussolé.

D'abord, dans cette pub, il y a un type qui parle en Oc. Pas que ça me gêne, non, ça me rappelle un peu les affiches de Jacques Séguéla en catalan pour les VDN du Roussillon, dans les années 90. On n'y comprenait pas grand chose, ça n'incitait pas vraiment à acheter, mais c'était sympa, décalé. Et comme c'était visuel, ça passait encore.

Mais là, en radio, évidemment, c'est plus difficile. Les publicitaires ont dû s'en rendre compte, car ils ont doublé le message en Français. Enfin, quand je dis doublé, c'est plutôt que le Français prend le dessus, au point qu'on n'entend plus rien du texte en Oc.

800px-Occitan_Lenga_Oficiala.jpgPhoto Pere Quintana Seguí

Voila qui n'est vraiment grave pour les non-Occitans, puisqu'on n'y comprenait rien. Oui, mais alors, pourquoi avoir mis de l'Oc? Pour faire terroir? Pour faire "proche des vrais gens"? Ou c'était juste pour avoir à dire quelque chose pendant le briefing au client?

Je vois sur internet que les vins existent aussi en BIB. Est-ce que la com existe aussi en VIPE (Vaguement Intelligible à la Première Ecoute)?

En plus, Cambras, c'est du vin de France! J'ai regardé la liste des cépages: à part du côté du cinsault, je n'ai pas entendu beaucoup l'accent occitan; le cabernet sauvignon, c'est bordelais; le merlot itou; quant au sauvignon, il est ligérien. La communication parle de cépages  "Plein Sud". On n'a sans doute pas la même géographie! Ou alors, l'équipe marketing est de Bergues, et pour elle, le Sud commence non à Cambras, mais à Cambrai. Moi, si j'étais d'Oc, je me sentirais légèrement floué.

De toute façon, si je vous en parle, c'est histoire de causer. Parce que Cambras, c'est pas du vin pour boire ni pour commenter ici; c'est du vin pour vendre dans la Große Große Distribuzion. Celle qui ne parle ni en français ni en  oc mais en dollars.

PS. Ou pour faire plaisir à M. Norbert, qui me fait l'honneur de m'apporter la contradiction: en euros. Quoique je ne sois pas bien sûr que les fonds de pension qui possèdent aujourd'hui une bonne partie du capital des Carrefour, Casino, Cora et consorts ne soient pas américains...

00:13 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |