17 mai 2011

Mort du Professeur Ribéreau-Gayon

C'est un grand homme du vin, le professeur Pascal Ribéreau-Gayon, qui est décédé hier à Bordeaux, à l'âge de 80 ans.
Héritier d'une véritable dynastie vineuse, il a été à la base de la création la première faculté d’œnologie de France, à partir de l'institut créé par son père Jean. Il fut aussi l'auteur, avecDenis Dubourdieu, du fameux Traité d’œnologie, dont l'influence a dépassé de loin les frontères de la Gironde.
Homme de science, c'était aussi un homme affable et sensible, l'illustration parfaite de la formule: "Une tête bien faite autant qu'une tête bien pleine".
S'il était fier de l'apport de l'oenologie dans le vin moderne, il en connaissait aussi les limites: "le métier d'oenologue commence là où le métier de vigneron s'arrête. La qualité du vin est en fonction de celle du raisin. Notre but est d'exprimer la grandeur du raisin."

Toutes mes condoléances à la famille et aux proches.

09:30 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France, Vins de tous pays | Tags : vin, oenologie, bordeaux, ribéreau-gayon | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

DSK : une question de survie

A son corps défendant,  DSK fait la une de l’actualité. Son étoile pâlit. Certains commentateurs vont jusqu’à écrire qu’il lutte pour sa survie politique.

Dans le domaine du vin aussi, DSK est en sursis.

-D pour Durif (un cépage du Dauphiné virtuellement disparu de France, mais qui existe encore en Californie sous le nom de Petite Syrah). A se demander si la France a la mémoire de son histoire viticole.

-S pour Sauvignon Gris (ou Fié gris), un cépage encore présent ça et là en Loire, à Saint Bris et à Bordeaux (mais pas toujours bien séparé du Sauvignon Blanc alors qu’il confère aux vins un corps et un gras très particuliers).

-Et K pour Klevener (ou Savagnin Rose), qui subsiste seulement dans le coquet village alsacien de Heiligenstein.


Ces beaux cépages presqu’oubliés (et il y en a tant d'autres) ne font pas le poids face au rouleau-compresseur des plants internationaux pris en otages par les gros faiseurs de la vigne. Et pourtant, ils sont les garants de la diversité du vin. Ils ne survivront que si la demande existe. Que si les consommateurs acceptent de « prendre le risque » de l’authenticité, de la différence.

Pensez-y quand vous aurez à élire votre prochaine bouteille.
Pensez-y quand vous entendrez à nouveau parler de DSK.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Vins de tous pays | Tags : dsk, vin, vignoble, diversité | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |