24 juillet 2011

Vino Camp à Liège?

Retour sur le Vinocamp de Bordeaux, dont je me suis fait l'écho la semaine dernière. Ou plutôt, dont j'ai publié un commentaire.

Cette fois, je ne parlerai pas du contenu, ni des ouï-dire, juste du site www.vinocamp.fr.

C'est que j'y vois deux sponsors, pardon, deux parrains: "Co(r)k" et "Planète Liège".

Je ne peux m'empêcher de faire le rapport avec le fait que Miss Vicky, la co-fondatrice de Vinocamp, incite à planter du chêne liège sur le blog de l'Express (c'est ICI)

C'est son droit le plus strict, bien sûr, de même que de choisir les parrains qu'elle veut.

Comme c'est le mien de dénoncer la désinformation. Car non, le liège n'est pas spécialement bon pour l'environnement, ni pour le vin (je vous renvoie aux excellentes chroniques de David Cobbold à ce sujet, ICI et ICI).

Comme c'est mon droit de trouver un peu courte, sur www.planeteliege.com, la formule de Philippe Guigal, que j'ai connu plus inspiré: "Je vais rarement rêver d'une capsule à vis la nuit". 

Je me fiche pas mal de ce qui occupe les rêves de Philippe Guigal. Mais moi, je n'ai pas besoin de rêver pour sentir le goût de bouchon.

Tiens, en Corse, voici deux semaines, des amis et moi avons fait déboucher au restaurant trois bouteilles du même vin, toutes trois bouchonnées. Je vous narre l'anecdote, juste pour son intérêt statistique...

Nous avons entendu trois fois le superbe "plop" du bouchon qui saute, nous avons observé trois fois le geste auguste de la sommelière qui ôtait l'objet du désir et des soins de toute la bouchonnerie portugaise. Mais croyez-moi si vous voulez, ce merveilleux cérémonial n'a pas suffit à compenser notre déception face au gâchis dans le verre. Faut-il que nous soyons futiles! Bien oui, on n'achetait pas la sommelière, mais le vin. Un vin que nous savions excellent, d'ailleurs, pour l'avoir bu quelques minutes auparavant chez le propriétaire!

Je ne doute pas que les gens qui assistent aux sessions de Vinocamp sachent faire la part des choses. Ce n'est pas parce que l'évènement est sponsorisé par les bouchonniers qu'ils vont en perdre leur esprit critique.

Et je leur souhaite d'apprécier les vins capsulés quand ils en trouvent. En France, ce sera sans doute difficile. Les traditionalistes, la sommellerie, le bel esprit veille. Mais ils peuvent aller en Suisse. En Nouvelle-Zélande. En Australie. En Grande-Bretagne. En Suède. Aux Pays-Bas. Et même à Liège, en cherchant bien. 

Dans le vaste monde, on trouve même de grands vins sous capsules.

Ce n'est pas parce que la France de bouchage vit encore au 19ème siècle qu'on est obligé de fermer les yeux - et le nez - sur les progrès des autres. A priori, le carnet de change de M. Mauroy a été supprimé, les Français peuvent à nouveau voyager.

00:32 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France, Vins de tous pays | Tags : liège, bouchon, vino camp, guigal | Lien permanent | Commentaires (16) | | | |

23 juillet 2011

Les algues vertes, les nitrates, les pesticides, la faute à personne?

Nicolas Sarkozy, de passage en Bretagne, "se refuse à montrer du doigt les agriculteurs" dans le dossier des algues vertes. Il fustige même les "intégristes" (comprenez, ceux des écologistes qui ne pratiquent pas le consensus FNSEA).

Le Monde consacre un article à cette problématique. Le journal donne la parole à un directeur de l'Ifremer - un office public, censé faire profiter l'Etat, et donc le Chef de l'Etat, de ses recherches. Les conclusions de ses travaux sont sans appel: les agriculteurs sont bien à l'origine des algues vertes. Manifestement, ces conclusions-là (qui datent pourtant de 2009), ne sont pas remontées jusqu'au Président.

algues_vertes_20070928-xl.jpgA qui la faute? L'Ifremer le sait, mais pas le président.

Il y aurait-il aussi des algues vertes dans les fibres optiques? Ou bien les élections à venir auraient-elles brouillé le jugement de nos politiques?

Pour plus d'info: ICI
et ICI

Et pour la version ad usum agricolis ICI. Evidemment, ce dernier article, c'est  la version Ouest France. Pas vraiment le relai des 'intégristes" verts. Circulez, il n'y a rien à voir. Et n'empêchez surtout pas les touristes de venir sur nos belles plages bretonnes. Enfin, celles qu'on a eu le temps de nettoyer.

Moi, je ne qualifierais pas d'intégriste, mais j'aimerais bien quand même qu'on dénitrate la Bretagne.

Et aussi l'Alsace. Là, n'en déplaise à M. Sarkozy, ce sont les vignerons qui sont directement "montrés du doigt" par les scientifiques de l'université Louis Pasteur de Strasbourg.

Et puis, pour rester dans les régions viticoles, je voudrais bien aussi qu'on dépesticide la Champagne. Et qu'on désarsenique-nique le Beaujolais.

Bref, qu'on arrête de nous prendre pour des c... - je veux dire, pour des électeurs, et qu'on règle les problèmes quand ils se posent, sans états d'âme.

Au fait, mesdames et messieurs des interprofessions viticoles, merci de mettre une sourdine à  vos bilans carbone et  au "consommer local" - quand Bordeaux envoie ses grands crus à Los Angeles, son "empreinte"  est-elle plus favorable que quand les Australiens ou les Chiliens envoient leurs vins en Europe?

C'est sans doute très intéressant, le carbone; mais le désempoisonnement de vos vignes, et donc, de nos nappes phréatiques me semble beaucoup plus urgent. Allo? Allo?