23 juillet 2011

Les algues vertes, les nitrates, les pesticides, la faute à personne?

Nicolas Sarkozy, de passage en Bretagne, "se refuse à montrer du doigt les agriculteurs" dans le dossier des algues vertes. Il fustige même les "intégristes" (comprenez, ceux des écologistes qui ne pratiquent pas le consensus FNSEA).

Le Monde consacre un article à cette problématique. Le journal donne la parole à un directeur de l'Ifremer - un office public, censé faire profiter l'Etat, et donc le Chef de l'Etat, de ses recherches. Les conclusions de ses travaux sont sans appel: les agriculteurs sont bien à l'origine des algues vertes. Manifestement, ces conclusions-là (qui datent pourtant de 2009), ne sont pas remontées jusqu'au Président.

algues_vertes_20070928-xl.jpgA qui la faute? L'Ifremer le sait, mais pas le président.

Il y aurait-il aussi des algues vertes dans les fibres optiques? Ou bien les élections à venir auraient-elles brouillé le jugement de nos politiques?

Pour plus d'info: ICI
et ICI

Et pour la version ad usum agricolis ICI. Evidemment, ce dernier article, c'est  la version Ouest France. Pas vraiment le relai des 'intégristes" verts. Circulez, il n'y a rien à voir. Et n'empêchez surtout pas les touristes de venir sur nos belles plages bretonnes. Enfin, celles qu'on a eu le temps de nettoyer.

Moi, je ne qualifierais pas d'intégriste, mais j'aimerais bien quand même qu'on dénitrate la Bretagne.

Et aussi l'Alsace. Là, n'en déplaise à M. Sarkozy, ce sont les vignerons qui sont directement "montrés du doigt" par les scientifiques de l'université Louis Pasteur de Strasbourg.

Et puis, pour rester dans les régions viticoles, je voudrais bien aussi qu'on dépesticide la Champagne. Et qu'on désarsenique-nique le Beaujolais.

Bref, qu'on arrête de nous prendre pour des c... - je veux dire, pour des électeurs, et qu'on règle les problèmes quand ils se posent, sans états d'âme.

Au fait, mesdames et messieurs des interprofessions viticoles, merci de mettre une sourdine à  vos bilans carbone et  au "consommer local" - quand Bordeaux envoie ses grands crus à Los Angeles, son "empreinte"  est-elle plus favorable que quand les Australiens ou les Chiliens envoient leurs vins en Europe?

C'est sans doute très intéressant, le carbone; mais le désempoisonnement de vos vignes, et donc, de nos nappes phréatiques me semble beaucoup plus urgent. Allo? Allo?

Dernières nouvelles d'Alsace

Sans aucune vergogne, je profite d'un petit mail d'un ami alsacien, Philippe Durst (Dopff Au Moulin) pour vous donner quelques nouvelles d'Alsace.

"Ici, la pluie ça va, tout est vert (c'est sûr, même si on annonçait du précoce, cela n'aura rien à voir avec le caniculaire millésime 2003). Et puis il fait frais donc on ne risque pas l'explosive combinaison de 2006: châleur + pluie = pourriture grise...

Merci, Philippe. Voila qui nous rappelle fort à propos que les communiqués "définitifs" à propos de la précocité des millésimes... ne devraient pas s'écrire en mai.

DSCN9380.JPG

Vert, le vignoble alsacien en ce mois de juillet (photo Ph. Durst)

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, France | Tags : alsace, vin, vignoble, précocité, millésime | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |