16 septembre 2011

Du vin et des autres alcools forts

Le dernier plan de rigueur du gouvernement français, qui vise à diminuer le déficit de l'Etat, prévoit l'augmentation de la taxation des alcools de plus de 40°. Cette taxe équivaudrait à quelque 90 centimes par litre.

Le gouvernement a jugé bon de préciser que «le vin, les rhums et les productions régionales ne sont pas concernés par cette mesure». Pour le vin, c'était une précision quelque peu superflue. En effet, le vin ne titre jamais plus de 40°. Et même, plus de 20°. Mais peut-être ce détail n'est-il pas connu de nos dirigeants.

Ceci explique peut-être que les défenseurs du vins aient tant de mal à découpler leur produits des alcools forts en matière d'éducation aux produits alcooliques, de prévention, de communication, de culture: les "experts" croient dur comme fer que le vin titre plus de 40°!

L'allusion aux "produits régionaux" pose un autre problème. Quels produits sont concernés, au juste?

Pour ce qui est du Cognac, on peut avoir des doutes. La part de ce noble breuvage consommée en France est inférieure à 8%. Il s'agit donc plus d'un produit d'exportation.

Restent l'Armagnac, le Calvados, la gentiane, l'Izarra, les eaux de vie d'Alsace, la Chartreuse, le Pousse Rapière, le Génépi, sans oublier la vipère  dans l'alcool, vieille spécialité des Alpes (c'est dans les Bronzés font du ski)...

Et la vodka charentaise?

De toute façon, les experts trancheront certainement plutôt en fonction du revenu fiscal que cela génère. Des aménagements seront peut-être consentis, aussi, en fonction d'accoitances politiques locales.

D'ailleurs, on voit mal pourquoi les productions régionales devraient moins participer au redressement des comptes de la nation que les autres.

Mais s'il y avait une logique dans la taxation, ça se saurait...

00:25 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

15 septembre 2011

Chérie, n'oublie pas de passer prendre du Petrus au Cora...

Vous avez certainement entendu cette pub pour Nissan qui passe à la radio ces derniers temps:

-"Chérie, quand tu vas chercher les enfants, n'oublie pas d'acheter une nouvelle Nissan Micra, ça fera plaisir aux enfants".

-"D'accord, mais il faut que je passe chercher mon chéquier" (ben oui, en France, on en est encore aux chèques).

-"Non, pas la peine, chérie, c'est sans apport".

Petrus.jpgTu es Petrus...

C'est sympa, comme pub. Le but est bien entendu de dédramatiser l'achat de la voiture. Un achat, qui, pour la plupart des familles, reste une grosse dépense, et donc une décision réfléchie. Mais là, non, avec la Micra, ça devient aussi banal que d'acheter une baguette en sortant du boulot.

Bien sûr, en ces temps de crise, avec la menace boursière, les banques qui dégraissent, et même les constructeurs automobiles qui dégraissent, c'est un peu osé. Mais la pub, c'est un autre monde. Un peu de rêve. Un peu d'illusion. La neige en été, plein les narines.

Si je vous en parle, c'est parce que cela m'évoque irrésistiblement les grands vins qu'on trouve à cette période dans les rayons de la Grande Distribution.

-"Chérie, quand tu passes au Cora, ramène-moi une caisse de Petrus". Bon, là, il faudra payer tout de suite. A moins bien sûr que votre Chérie ait la carte de crédit revolving du magasin.

C'est bien, une carte de crédit revolving. Revolving, ça veut dire que ça te revient direct dans la machoire, comme un boomerang. Mais tu as le temps de te faire à l'idée. Tu sais que tu vas payer pas mal d'intérêts, d'accord, mais tu ne vois pas tout de suite ce que tu dépenses. C'est mieux.

C'est comme avec la crise économique, tous les deux-trois ans; on la voit venir, ils en parlent à la télé, entre experts; alors on a le temps de se préparer au pire, on n'est pas licencié tout de suite. Et puis, tout le monde ne passe pas du revolving au revolver.

Et en définitive, tant qu'à devenir endetté chronique, autant que ce soit pour un pinard qui en jette, non? Pensez à la tête de la belle-doche... 

Incidemment, ça m'a fait penser encore à autre chose.

Pas mal de clients qui commandent des grands crus en primeur sur des sites internet se plaignent de ne pas être livrés. Mais si c'était sans apport, comme chez Nissan? Je veux dire, on pourrait peut-être commander et ne payer que par mensualités, et une fois la livraison effectuée.

-"Chérie, tu veux bien aller sur internet me commander une caisse de Cheval Blanc?"

-"Mais Chéri, ce vin n'existe pas encore!"

-"Bien sûr, Chérie, mais notre argent non plus"...

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France, Vins de tous pays | Tags : petrus, grand cru, nissan, marketing, publicité | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |