04 août 2011

Boire trendy à la plage

Les magazines féminins rivalisent de conseils pour que les femmes soient mode à la plage cet été, "comme de vraies VIP". Le plus souvent, c'est d'un mauvais goût aussi intégral que le pain du même nom; parfois carrément trash, parfois nunuche, rarement joli.

Déjà, l'idée de "jouer les VIP" à la plage, excusez-moi, mais ça me fait rire.

Si pour la presse féminine, le plan "vacances", du Camping des Flots Bleus à l'Hôtel de la Plage en passant par l'Abri Cotier, c'est singer Angelina, Scarlett, Nicolas, Carla, Silvio, Martine ou Ségolène, alors moi je pars sur Mars.

D'ailleurs, je suis déjà parti. Bon, pas tout à fait sur Mars, mais au Nord de la Gascogne, un coin du monde où on compte à peu près 10.000 oies blanches (et grises) pour une starlette au kilomètre carré. Et côté VIP, le Nord de la Gascogne, à part David Cobbold et moi... Y a bien Cabrel, à Astaffort, mais c'est dans le 47, pas vraiment chez nous.. Bref, on ne sent pas la pression.

Mais reprenons le cours de cette digression pour lui donner un tour plus... utile. A lire les titres de ces magazines en vitrine des librairies, je me suis demandé si on ne pouvait pas appliquer cette recherche du Super Tendance... au vin.

Et si je créais pour vous le IT Fashion Wine List, le palmarès des vin trop coooool, le must-have du picrate, "juste for le summer 2011"? Chiche!

Bien sûr, je commencerai par un rosé très pâle, un blanc à peine taché, AOC Potes de Province, par exemple. Bon, si c'est encore trop foncé pour vous, coupez d'un peu d'Eau Ecarlate, mais c'est à manier avec précaution. Ce genre de rosé de coupage, on regarde, mais on ne boit pas. Si c'est pour boire, par contre, demandez la recette de son assemblage 95/5 à David.

Amis de Closer et de Gala, je continue avec un Pet-Nat avec une étiquette marrante. Et un vigneron trendy, joliment terroité. Genre: la révélation de l'an prochain. Vous choississez vous-même dans la Repue des Nains de France ou dans le Guide Machette (les AOC parlent aux AOC). Ils ont les noms. De quoi faire flasher Corinne et Jean-Bertrand, vos voisins du lotissement Férinel. Férinel, vous savez, la boîte du papa de Bernard Arnault. D'immoche à Yquem, toute une vie sous le signe de la réussite.

Ensuite, je préconise un blanc sensiblement ambré. Le jeu est alors de deviner si l'oxydation est volontaire ou pas. Ca peut vous prendre un moment avec vos amis bobos, si vous avez des amis bobos. Ca pourrait même remplacer la belote ou le trivial poursuit cet été entre deux verres de pastaga.

Pour continuer dans la bonne humeur mais dans un certain raffinement, tout de même, je vous propose un Champagne extra brut de grand vigneron, type Sélosse, mais servi avec une bonne rasade de la grenadine de chez Lidl. Mélanger le Sélosse avec du sirop de glucose allemand, éventuellement issu de maïs transgénique américain, va savoir, faut doser, je veux dire, faut oser. En plus, le côté "hard discount chic", c'est hyper-branché.

Et pour le rouge? Là, un simple Grand Cru Classé fera l'affaire, si possible un petit millésime pour montrer qu'on ne vous la fait pas, mais surtout, servi frappé, c'est très important pour faire bien sortir les tannins et les acidités. Ne vous en faites pas pour le nez, dans un grand cru, le nez, c'est "out".

D'accord, vous me direz, c'est peut-être super trendy, tout ça, mais ça n'est pas du tout votre goût.

Alors là, je vous arrête tout de suite: même pas grave! Le ou la VIP, même d'occasion, même de pacotille, même relooké(e) façon Cosmo, ne boit pas pour le goût. Il ou elle boit pour être bu buvant et lancer les modes.

Maintenant, amis fashionistas, à vous de jouer! Mais de grâce, laissez moi la Gascogne!

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

03 août 2011

Eloge du tannat

Olivier Bourdet-Pees (Plaimont Producteurs) était un des intervenants du colloque "Tannat/Madiran-Uruguay", qui s'est tenu lors de Vinexpo 2011. Fort à propos, à mon sens, il a rappelé l'importance de préserver des cépages moins diffusés, comme le tannat, alors qu’aujourd’hui, en France, 20 cépages représentent 86% du vignoble.

"Nous devons les défendre pour faire valoir notre typicité de production. Parler du tannat aujourd’hui, c’est aussi contribuer à la diversité des vins, des goûts et des émotions."

tannat,uruguay,vin,vignoble,madiranGrappe de tannat (photo Pancrat, conservatoire du vignoble charentais)

Pour Bourdet-Pees, paradoxalement, qu’il soit aussi présent en Uruguay permet de porter de message sur le continent américain où prédominent les grands cépages internationaux. Il observe aussi que le tannat est l’ambassadeur des vertus d’une consommation modérée de vin car il présente une grande richesse en polyphénols totaux.

PS. N'oublions pas les quelques AOC et IGP françaises qui proposent également du tannat à leur "assortiment", comme Irouléguy, Côtes du Brulhois, Saint Mont, Saint Sardos, Tursan ou même Cahors...

Plus d'info: Victorine Crispel, l'Agence Vini Fera, v.crispel@lagencevinifera.fr

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Charentes, France, Sud-Ouest, Vins de tous pays | Tags : tannat, uruguay, vin, vignoble, madiran | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |