14 octobre 2011

Les dissidents du CIVB gagnent une manche

Le tribunal d'instance de Libourne a décidé de renvoyer devant la Cour de Cassation la Question Prioritaire de Constitutionnalité déposée par les 5 vignerons bordelais refusant de payer les cotisations du CIVB, et assignés en justice par ce dernier.

Pour le Comité d'action des vignerons bordelais, dont les cinq vignerons sont membres, il s'agit d'une "grande victoire". Ce Comité estime que "les vignerons de Bordeaux et d'ailleurs ont  aujourd'hui de bonnes raisons de suspendre le paiement de cotisations sur la légalité desquelles la justice elle-même s'interroge". Son président, M. Técher, dénonce en outre  une "confiscation du pouvoir par quelques-uns" et une "absence de transparence des comptes" de la part du CIVB.

Reste à voir ce que décidera la Cour de Cassation.

16:24 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

Bientôt autant d'AOC que de jours dans l'année

Grâce au renfort des anciens VDQS (presque tous promus dans la catégorie supérieure), la France compte à présent 357 Appellations d'Origine Contrôlée (et bientôt Protégées).

Comme certaines sont réunies dans un même cahier des charges (à l'image de Poully-Fumé et Pouilly-sur-Loire, il n'y a que le cépage qui change), cela nous donne 303 cahiers des charges à faire homologuer dans le nouveau cadre de la réforme européenne de 2007. On le sait, ces cahiers des charges doivent être validés par l'INAO avant la fin de l'année. 260 ont l'ont déjà été et 60 ont déjà été publiés au Journal Officiel.

Logo_AOC.jpgEncore un petit effort et on arrive à 365...

Mais comme rien ne se perd au pays de Xerox, ces cahiers des charges s'inspirent en tout ou partie des décrets antérieurs; c'est  le cas, par exemple, du Décret n° 2009-1253 du 16 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées "Touraine", "Coteaux du Vendômois", "Montlouis-sur-Loire", "Orléans-Cléry", "Touraine Noble Joué", "Orléans" et "Jasnières".

Il ne semble pas que l'on ait profité de la révision de ces textes pour descendre sensiblement les plafonds de rendement.

Ainsi, pour l'AOC Touraine, on y lit que le rendement maximum de production est de

"85 hectolitres par hectare, pour les vins blancs ;
80 hectolitres par hectare, pour les vins rouges et rosés ;
92 hectolitres par hectare, pour les vins mousseux et pétillants (vins blancs et rosés)".

Les pratiques oenologiques ne semblent pas non plus avoir été vraiment fortement restreintes:

On y lit ainsi que:

"Pour les vins rouges, les techniques soustractives d'enrichissement sont autorisées et le taux maximum de concentration partielle par rapport aux volumes mis en œuvre est fixé à 10%". Pour les néophytes qui ne connaîtraient pas toutes les possibilités de l'oneologie moderne ni son vocabulaire, les "techniques soustractives d'enrichissement" font essentiellement référence à l'osmose inverse, un outil qui permet de pallier, indûment à mon sens, les carences d'une nature ingrate. Car cette nature ne se plie pas à la règle non écrite qui veut qu'un terroir d'AOC valablement homologué doit produire bon tous les ans.

Quant à l'irrigation, elle ne fait pas l'objet "de disposition particulière" (elle est donc autorisée). 

Par contre, et ceci rassurera les consommateurs épris de qualité, "Le nom de l'appellation d'origine contrôlée est inscrit sur les étiquettes en caractères dont les dimensions, aussi bien en hauteur qu'en largeur, ne doivent pas être inférieures à la moitié de celles des caractères de toute autre mention y figurant."

Source: Légifrance

00:17 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |