20 janvier 2012

Wijnvoordeel, Chineur du Vin

Vendre du vin sur internet, cela semble une évidence, aujourd'hui - sauf quand les vins mettent trop longtemps à arriver, ce qui pose une question de confiance. Mais tout le monde ne s'appelle pas 1855. A ce propos, vous êtes nombreux à déposer sur ce blog vos doléances, et croyez bien que je compatis.

Un des grands pionniers, sur ce créneau, c'est le Néerlandais Wijnvoordeel, fondé en 1999 par un certain René Tulner, à destination du marché batave. Comme son nom, "Avantage Vin", l'indique, son positionnement de prix agressif était d'emblée au coeur du concept.

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Le Coffret panaché "Prestige": vous m'en mettrez pour à 39,95 euros...

Le succès est rapide, exponentiel, même: on passe de 1000 bouteilles à 150.000 bouteilles de ventes annuelles en quelques années, rien que pour les Pays-Bas.

Mais des Belges s'intéressent assez vite au concept. D'où la création, au bout de quelques années, de  deux sites jumeaux, www.wijnvoordeel.be et www.chineurduvin.be. Notez que la raison sociale frnacophone fait plus référence à la curiositré qu'au prix, mais l'un n'exclue pas l'autre, c'est juste une de ces subtilités culturelles dont la Belgique a le secret.

Ensuite, avec l'appui du groupe Baarsma; l'expansion se poursuit sur l'Allemagne, le Danemark, le Royaume-Uni et même un gros pays producteur, la France, avec www.chineurduvin.fr

Au départ, pourtant, dans ce dernier pays, l'accueil est mitigé, les prix étant jugés... trop bas.  Mais notre Chineur  persévère et ses ventes en France frisent maintenant les 165.000 bouteilles.

La politique de "packs", la mise en vente de coffrets de 6 vins panachés, est un des outils marketing utilisés par la maison, avec succès, semble-t-il.

Et le contact? Pouvoir toucher le vin? Parler au caviste? Tout ça ne manque pas trop aux clients? Apparemment, pas plus qu'à ceux qui, depuis déjà pas mal d'années, commandent leurs vacances sur internet, sans jamais passer la porte d'une agence.

Le caviste "physique", avec magasin, devra sans doute se réinventer, mettre l'accent sur le service, le conseil, la disponibilité. Mais c'est une autre histoire...

00:01 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

19 janvier 2012

Tu parles d'une Bonne Nouvelle!

Je suis tombé par hasard, hier soir, sur une bouteille de "Bonne Nouvelle". Ne dites pas "vin désalcoolisé" - il ne s'agit pas de vin, mais d'une boisson à base de vin rouge français désalcoolisé, législation oblige.

Elle est quand même rangée au rayon vin du supermarché que j'ai visité (je ne vous dis pas l'enseigne, on ne me paie pas pour faire la pub des grands distributeurs, désalcoolisés ou pas).

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Je n'ai pas acheté - j'ai assez de vrai vin dans ma cave pour ne pas en acheter du faux; déjà, pour le foie gras, je préfère l'original à la copie, même "sentimentalement correcte".

Mais même si j'en avais eu l'intention, je crois que la contre-étiquette m'en aurait dissuadé.

Imaginez que pour faire cette boisson à base de vin, l'UCCOAR, puisque qu'il s'agit d'elle, a été obligée d'utiliser, non seulement du bon vin du Midi, mais d'y ajouter du glycérol, et puis des arômes naturels (tiens, les raisins du Midi n'en n'ont pas assez?) et un édulcorant, le "rébodioxyde A, extrait de Stévia" -je n'aurais jamais cru qu'on puisse mettre du cactus dans du vin. Vous l'avez rêvé, UCCOAR l'a fait!

Pour le reste, c'est plus classique, gomme arabique et SO2, on en trouve également dans le vin... Souvent trop, même.

IMG_0723.jpgBon, les consommateurs lisent rarement les contre-étiquettes, alors tout ça n'a sans doute aucune importante, achèteront qui le veulent.

Les gros groupements de coopératives comme UCCOAR ont bien raison de se diversifier, les vrais vins que j'ai dégustés sur leur stand à Vinisud il y a deux ans ne m'ont pas convaincu, mais je ne suis sans doute pas dans la cible, des producteurs de volume n'ont besoin que de consommateurs de volume, et tout ira bien dans le meilleur des mondes tant qu'il en restera.

D'ailleurs, selon Uccoar, Bonne Nouvelle a vu ses ventes augmenter de +25% l'an dernier, pour atteindre 2,5 millions de bouteilles.

Voila au moins une Bonne Nouvelle pour les producteurs de cactus...

 

00:27 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc, Midi | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |