02 décembre 2011

Haut-Gléon est à vendre

J'ai visité le Château Haut-Gléon à la fin des années 90, peu après le rachat du domaine par les Duhamel (anciens propriétaires des vêtements K-Way). J'ai même dormi sur place, dans  une de leurs chambres d'hôtes, joliment décorées - à l'époque où l'on parlais pas beaucoup d'oenotourisme, ces gens le pratiquaient, et fort bien.

Le vin était excellent, très Corbières, mais avec une certaine finesse et un élevage bien maîtrisé. La bouteille était originale - un ancien modèle aux larges épaules. J'ai redégusté quelques millésimes plus récemment, au hasard des salons, c'était toujours bien; Haut-Gléon venait même de passer en bio.

J'apprends aujourd'hui que le domaine (34 ha), actuellement en indivision familiale, est à vendre.  Pour des raisons personnelles, comme on dit. Ce qui m'étonne un peu, parce que j'avais cru comprendre que cet investissement avait justement été fait dans l'optique de transmettre le patrimoine. L'exploitant, Léon Duhamel, le fils de l'ancien propriétaire de K-Way, semblait mordu de vin, et épris de son terroir de Corbières. Une affaire à suivre.

 

16:28 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc, Midi | Tags : haut gléon, corbières, vin, vignoble, duhamel, à vendre | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

01 décembre 2011

"Dis Papa, le Champagne, c'est pour les riches?"

On voit mal des publicitaires associer une marque de Champagne et une ambiance misérabiliste. Vous imaginez une campagne mettant en scène un SDF au bord du Canal Saint Martin, un magnum de Krug à la main?

Le glamour, les stars, le sado-maso, le phallique, l'onirique, et même le gay ou le lesbian chic, d'accord, on a donné; mais ça, jamais! Même au pays des neiges éternelles décrit par Begbéder, il y a des limites.

Est-ce une raison pour continuer à nous vendre le Champagne comme un produit élitiste? Ca se discute, surtout en ces temps de crise. Dans cette optique, la dernière campagne de Thiénot m'interpelle.

Un, je n'ai pas le look "gendre idéal" d'un jeune-ambassadeur-de-la-maison. Deux, Je ne me balade pas sur les aérodromes avec mon étui de roteux (à moins que ce soit un parachute, on voit mal). Trois, quand je mets un costume, je n'enlève pas ma cravate pour faire plus décontracté. Quatre, je ne me prends pas pour James Bond. Cinq, je n'ai pas de Piper - je parle de l'avion privé, pas du Champagne. Regardez bien, on voit son hélice dans le coin de l'annonce...

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Moi, je ne suis ni "exclusif", ni "sélect", et je ne "rayonne" pas, comme dit la pub. Bref, je ne me reconnais pas dans les valeurs de la marque.

Je crois que je vais plutôt me servir un verre de Jacquart. C'est une coopérative, d'accord; mais ses Champagnes sont bons, et accessibles. Même les "entrées de gamme", les Cuvées Mosaïque (BSA blanc et rosé) sont étonnantes d'équilibre - je vous en reparlerai. En plus, j'ai rencontré l'oenologue, Floriane Eznack, la semaine dernière; elle est non seulement compétente, mais en plus, elle ne se prend pas pour une icone de la jet set.

Ma fille me demandait l'autre jour "Dis Papa, le Champagne, c'est une boisson de riches?". J'ai envie de lui répondre: "Ca dépend de la marque".

00:41 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |