03 avril 2012

De l'utilité de vrais sommeliers en zone viticole

La scène se passe à Châteauneuf du Pape, ce week-end (en pleine fête du vin).

Le narrateur dîne dans un restaurant de ce phare de la viticulture française (établissement dont nous tairons le nom par charité chrétienne).

Un jeune employé (dont on espère qu'il fait seulement fonction de sommelier) vient apporter le premier vin commandé, un Châteauneuf du Pape blanc du Château de Mont Redon, millésime 2009.

Première tentative de désolidarisation du sommet de la capsule; échec. "Cette lame ne coupe pas", se lamente l'employé. "Il n'y a pas de mauvais outils...", disait pourtant mon grand-père...

Devant cet échec, l'employé laisse sa bouteille et ses clients en plan, et revient avec un deuxième tire-bouchon. Il s'escrime à nouveau sur la capsule, qu'il parvient à éclater. Les morceaux s'éparpillent sur la table. Le bouchon, après avoir joué un moment au yoyo, au risque de se noyer, est enfin extrait.

Arrive le moment du service. Le vin n'est pas à température. L'établissement ne fait manifestement pas de différence entre blanc et rouge, qu'il chambre systématiquement. Le cllent s'en offusque. L'employé ne se démonte pas: "Oui, ça arrive, avoue-t-il, désarmant de naïveté.

Le client demande qu'on mette le vin dans un seau à glace. Ce qui fut fait. Mais au lieu d'attendre que le vin refroidisse, le "sommelier" remplit le verre des convives avec le vin chaud.

Bon, n'allez pas croire que j'ai une dent contre la sommelierie française. C'est plutôt son absence que je réprouve, en l'occurrence. Ou l'absence de formation du personnel qui en tient lieu. Un mininum de connaissances en matière de service dui vin, cela n'est tout de même pas trop demander, surtout en zone viticole.

Le pire, c'est que cette formation est disponible: à Châteauneuf du Pape, la Fédération des producteurs la propose à qui veut bien en profiter... Mais on peut amener son cheval à la mare, on ne peut pas le forcer à boire.

 

00:08 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |

01 avril 2012

Le Crépy Crépytant

C'est un Chasselas. Pas un Chasselas suisse, non, un Chasselas français, Môssieur. Un Crépy. Cela fait des années que je n'en avais pas bu.

Et puis, l'autre jour, au hasard d'un voyage, je retombe dessus.

L'étiquette est inimitable. La croix de Savoie, la mention "Goutte d'Or", la bandelette verticale, tout y est, c'est le domaine Mercier, à Douvaine. La Suisse, c'est en face, de l'autre côté du Léman.

Celui que j'ai dégusté est un 2009.
Crépytant, oui, il l'est. Plus que perlant. Au nez, la poire et la pêche sont mêlées de fruits secs, de noisette.  On discerne un léger début d'oxydation, sans doute, mais qui ajoute au charme de ce vin tout en fraîcheur,  lui donne un petit surcroit de complexité. Comme quoi on peut aussi gagner à attendre ce genre de vins - les vins de soif par excellence. 11,5° - ça nous change de certains chardonnays surmûris et volumineux.

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00:07 Écrit par Hervé Lalau dans France, Savoie | Tags : vin, savoie, crépy | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |