18 décembre 2011

A Cahors, et nulle part ailleurs

Si vous passez à Cahors ou dans la région le 5 janvier prochain, ne manquez pas cette occasion de vous cultiver, de découvrir les Malbecs du monde, et de vous amuser...

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00:10 Écrit par Hervé Lalau dans Argentine, Chili, France, Sud-Ouest | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

17 décembre 2011

Buvons français!

Vous le savez si vous suivez un tant soit peu l'actualité politique hexagonale, la mode est au Made in France. En anglais dans le texte. Ce qui tend à prouver que la préférence nationale se s'étend pas encore au vocabulaire.

Sur le papier, c'est séduisant. Face à la crise, acheter national, c'est rassurant; c'est garantir l'emploi dans les usines françaises, c'est aussi flatter les producteurs français toujours en quête de reconnaissance; c'est même dans la tendance écologique: produire près du lieu de consommation, c'est toujours mieux pour le bilan carbone.

Dans le vin, on peut dire que le programme est déjà bien appliqué.

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Made in Fransse profonnde

On ne saura jamais vraiment si le Français préfère le Beaujolais et le Bordeaux au Rioja et au Chianti. Il n'a pas l'occasion de tester. Les seuls vins étrangers admis sur le marché français sont les Portos, quelques vins du Maghreb (tradition historique), des Madères de cuisine et puis, bien sûr, les gros volumes de vins de la Mancha ou des Pouilles qui viennent grossir en toute discrétion nos vins de table ou nos effervescents sans indication de provenance.  Mais là, ce ne sont pas des vins pour communiquer, ce sont des vins pour faire du business et à défaut d'être totalement casher, c'est un peu caché.

Vous voyez donc: le consommer français, ça marche, ça marche même très bien, à condition que la distribution suive le mouvement et ferme les vannes à l'achat. Si ça marchait aussi bien dans les alcools que dans les vins, on boirait peut être plus de Cognac que de whisky en France - allez savoir pourquoi, ce n'est pas le cas. Boire du vin chilien, ça fait cosmopolite, limite 5ème colonne, alors que boire du whiskard, c'est très français.

Et le pastaga? Quoi, le pastaga! C'est bien français, le pastaga! Oui, enfin, si on veut. Parce que la badiane, l'anis étoilé, c'est d'Asie qu'elle vient. Alors faut-t-il la remplacer par du fenouil bien de chez nous? Ou du serpolet?

Oui, ça risque de changer le goût. Mais on ne peut pas tout avoir, le goût et l'indépendance nationale. A propos, il va falloir apprendre aussi à se passer de poivre. De café. De thé. De fruits exotiques; à moins qu'on en plante beaucoup plus dans les DOM-TOM...

Il y a quand même un petit grain de poussière dans le raisonnement. C'est le monde qui nous entoure. Le reste de cette planète idiote où certains ont l'extravagance de ne pas être Français.

Si les politiciens frenchies en font trop avec leur préférence nationale, ça risque d'inspirer ceux qui les écoutent hors frontières. J'entends ça et là des voix qui dénoncent les importations massives de produits chinois qui concurrencent les PME françaises; le Président Sarkozy vient de visiter dans les Alpes une entreprise qui, après avoir délocalisé la fabrication de skis dans le Su-Est asiatique, vient de la relocaliser en Savoie. Et chacun d'applaudir.

Oui, mais qu'en pensent nos amis, je veux dire, nos clients chinois? On les dit susceptibles. Vont-ils continuer à acheter du vin à des gens qui ne les aiment pas? Ou bien eux aussi vont-ils pratiquer la préférence nationale.

Pas besoin d'aller si loin, d'ailleurs. Prenez le cas de la Belgique. La part des vins français, qui reste importante (un peu plus de la moitié des ventes en volume) n'a cessé de baisser ces 25 dernières années.

Si demain, la France ferme ses frontières aux chocolats, aux bières et aux légumes belges (saviez-vous que la Belgique, avec son beau climat, et surtout ses belles serres, est le premier fournisseur de tomates de la France?), bref, si la France prône une stricte préférence nationale, nos amis belges pourraient bien décider, non pas de se mettre à la vigne (certains le font, remarquez, et pas si mal), mais de se tourner encore un peu plus vers  d'autres provenances. L'Australie, le Chili, avec leurs grosses marques. Et ne me dites pas que leurs vins sont tous moins bons...

Alors, Saint-Emilion est-il prêt à perdre son plus gros client? Et la Champagne? Et l'Alsace?

Le problème, quand on élève un mur, si qu'il fait barrage dans les deux sens. Peut-être qu'il faudrait aussi empêcher les ondes radios de franchir les frontières, pour être sûr que les étrangers n'entendent pas les discours de nos tribuns - après tout, ce sont des discours à usage interne...

Et l'Europe, dans tout ça? Ah, l'Europe! Amis Français, venez un peu la vivre ici, à 1h20 de Paris... Vous n'êtes même pas obligés de rester dormir, vous pouvez faire l'aller-retour dans la journée... Profitez-en, tant que les frontières sont ouvertes. Vous n'avez même plus besoin du carnet de change.

Souvenez-vous, c'était M. Mauroy qui l'avait inventé... On ne pouvait emporter plus de 2.000 francs à l'étranger (moins de 300 euros). C'était en 1983. Il y a une éternité...

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |