02 janvier 2012

Fêtons dignement 200 ans de sucre de betteraves

Le 2 janvier 1812, il y a donc très exactement deux cents ans, Napoléon Ier rend visite à Benjamin Delessert, heureux propriétaire d'une nouvelle sucrerie située près du Champ de Mars, à Paris. Originalité: celle-ci fonctionne, non à partir de canne à sucre, mais de betterave. C'est une des toute premières du genre en France.

L'Empereur des Français reçoit un pain de sucre des mains de Delessert, qu'il décore immédiatement de la Légion d'honneur. C'est qu'il entend marquer l'importance de cette nouvelle industrie métropolitaine illustrant si bien l'indépendance nationale et le génie industriel de la France qui se lève très tôt - mais aussi, de manière un peu moins pompeuse, ses difficultés de communication avec ses colonies, du fait de la suprématie anglaise sur les mers.

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A Benjamin Delessert, la Patrie reconnaissante

 

On sait quel développement a connu cette industrie en France - même si certaines raffineries sont à présent dans des mains étrangères. Ach! Das gross Kapital!

On sait aussi que la viticulture est devenu un client important de ces sucriers. Certains vignobles, comme le Beaujolais, ont même été au delà des possibilités pourtant généreusement offertes par la loi et les dérogations dans ce domaine. L'affaire a fait grand bruit, même si les condamnations ont été assez légères.

Mais chaptaliser, n'est-ce pas un devoir civique, à l'heure du produire français?

Saluons donc l'effort de ceux qui continuent à sucrer leurs moûts malgré le réchauffement climatique!

A votre attention, et pour l'édification des jeunes consommateurs,  j'ai reconstitué le dialogue entre un successeur lointain du Petit Caporal et un viticulteur bien français, lors d'un déplacement en province.

L'Hyperprésident (à qui rien n'est étranger): "Alors, comme ça, mon brave, vous chabala-bala-tisez votre vin?"

Marcel Glucauze-Méjean, vigneron: "Ben oui, qu'est-ce que vous voulez, M'sieur l'Président, un degré d'alcool, ça coûte moins à produire avec du sucre qu'avec du raisin!

L'Hyperprésident: "Mais c'est du sucre français, au moins?"

Marcel Glucauze-Méjean: "Ah ça oui, pour sûr, je l'achète chez Inter."

L'Hyperprésident: "C'est bien, mon brave. Mais dites, au niveau du goût, de l'effet terroir, ce n'est pas moins bien?"

Marcel Glucauze Méjean: Ah bah non, M'sieur l'Président, moi j'suis en AOC. En Appellation d'Origine Chaptalisée. Vous en voulez-t-y une goutte?

L'Hyperprésident: "Non, sans façon, je suis au régime sans sucre..." Mais dites-moi, et si vous produisez trop?

Marcel Glucauze-Méjean: "Ca arrive, ben sûr, mais maintenant, z'ont inventé un truc au poil, les savants, y font du sucre avec le moût. Comme ça, nous autres, les vignerons, on va  pouvoir chaptaliser avec le sucre du raisin des copains. C'est comme qui dirait d'l'autosuffisance. A terme, on d'vient totalement indépendant du marché, on produit pour nous, en cuve close - j'veux dire, en vase clos."

Toute ressemblance avec un hyperprésident, un vigneron, un sucre ou une connerie existant ou ayant pu exister serait totalement fortuite.

Quoi qu'il en soit, pour marquer dignement ce bicentenaire du sucre pas cher, je lance un concours exclusif doté d'un espace rédactionnel gratuit sur ce blog; sera déclaré gagnant le plus gros chaptaliseur de France, en termes de kilos de sucre rapportés à la production. Les bordereaux d'achat de sucre feront foi (j'accepte également les tickets de supermarchés).

J'attends les candidatures!

00:10 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

01 janvier 2012

Les Voeux de l'APV

Michel Bettane, Président de l'Association (française) de la Presse du Vin & des Spiritueux, m'adresse à l'instant ce message:

Chers Amis,

Au nom des membres du bureau de l'Association de la Presse du Vin et des Spiritueux, je souhaite à tous ses adhérents ainsi qu'à tous ceux qui soutiennent leur action et qui permettent au journalisme du vin d'exister, une très heureuse et conviviale année 2012.

Ensemble, faisons le voeu que dans une conjoncture difficile, le vin, produit phare dans la culture et l'économie de notre pays, puisse conserver une place prépondérante et que cette place soit défendue avec conviction, détermination et constance par les pouvoirs publics.


Michel Bettane,
Président de l'APV

08:43 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |