23 janvier 2012

Le juge administratif préserve les vignes de Barsac contre un projet municipal

En février 2011, l'Organisme de Gestion de Sauternes-Barsac, le CIVB et la Chambre d'agriculture de la Gironde avaient saisi le tribunal administratif de Bordeaux contre un projet de construction sur l'aire viticole de l'AOC Barsac. Ce tribunal, qui vient de rendre sa décision, a suivi leur argumentation.

Le Tribunal fait observer que les règles de procédure n'ont pas été respecté par le Conseil municipal de Barsac, qui projetait de modifier le plan d'occupation des sols de la commune pour rendre constructible une zone de production viticole.

Plus important, dans ce jugement, le tribunal administratif souligne que ce projet "se serait traduit par un mitage du vignoble», un phénomène que l'on observe dans bon nombre de régions viticoles.

Si cette décision fait jurisprudence, elle pourrait bien et bien mettre un terme à cette urbanisation rampante, qui, villa après villa, résidence après résidence, zone artisananale après zone artisanale, grignote le vignoble français.

00:11 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

22 janvier 2012

Droits de Plantation: j'ai choisi la liberté

Ce n'est pas moi qui revient à la charge, ne m'accusez donc pas d'en remettre une couche.

C'est le ministre français de l'Agriculture Bruno Le Maire, qui se fend d'un nouveau communiqué officiel où il se félicite que «les douze Etats principaux producteurs de vins se sont ralliés à la position française en appelant la Commission européenne à tenir compte de leur opposition à la suppression des droits de plantation».

Hervé Lalau, lui, se félicite que 15 autres Etats d'Europe - les principaux pays consommateurs, alias les payeurs - soient favorables à l'abolition de ces droits de plantation d'un autre âge, de même qu'au remplacement d'une viticulture d'assistés par une viticulture compétitive.

Racontez l'histoire de la PAC, des subventions viticoles, de la distillation européenne et des droits de plantation à un cheval de bois australien et il vous décoche une ruade.

Un vigneron, en Europe ou ailleurs, c'est fait pour produire du vin qui se boit, pas de l'excédent subsidié. Et son succès ne doit pas dépendre d'autorisations administratives, mais de ses qualités professionnelles. Pendant que des jeunes viticulteurs français bien intentionnés tirent la langue faute de bonnes vignes à cultiver et se heurtent au mur d'une paperasserie déshumanisée, (salut, Catherine!) des polycultivateurs installés depuis des lustres continuent à produire de la daube invendable ou à monnayer leurs droits de plantation.

M. Le Maire ne pourrait-il se pencher sur le problème de la qualité des AOC dont il signe les décrets et de l'accès des jeunes au vignoble, plutôt que de flatter les médiocres et leurs organisations de parvenus qui comptent leurs voix et leurs hectos?  Ou compte-t-il déjà, lui aussi, les voix que cela peut rapporter au candidat Sarkozy dans la France rurale, abusée par ses prétendus représentants?

Liberté, égalité, fraternité. Laissons tomber le dernier mot qui ne veut plus rien dire et retenons la liberté des plantations et l'égalité de traitement entre ceux qui ont déjà des vignes et ceux qui n'en ont pas encore.

Imagine-t-on de ne donner le droit de conduire une voiture qu'à ceux qui en possèdent déjà une?

C'est pourtant ce système absurde qui est en vigueur dans la France viticole de 2012.

Lalau dit "stop", M. Le Maire, ce système est à bout de souffle, il n'a pas pu protéger les petites exploitations viticoles qui ne cessent de disparaître, et de toute façon, ce n'est pas un ministère de décider de quel type de concurrence la viticulture française doit se doter - sauf à prôner un nouveau corporatisme, un nouvel encadrement d'Etat qui fait plus penser à l'eau de Vichy qu'au vin de France.

Je n'ai pas les relais de communication d'un ministre ni même d'un syndicat viticole ou d'une coopérative, juste ma bonne foi de buveur et de "cochon de payeur".

D'aucuns m'accusent de néolibéralisme. Je me sens plutôt libertaire, en cette matière: que vient faire l'a puissance  de l'Etat dans cette matière, pourquoi intervient-il dans des affaires commerciales et privées, au nom de quelle compétence et de quelle stratégie? Pourquoi devrais-je cautionner un réglement qui donne plus de droits à ceux qui possèdent qu'à ceux qui accèdent? En serions-nous revenus aux privilèges de l'Ancien Régime?

Pourquoi le peuple de France, et notamment le fameux peuple de gauche, si prompt à dénoncer l'arbitraire, ne dénonce-t-il pas celui-là? Serait-il désinformé?

Et pourquoi dois-je payer, comme contribuable, des excédents de vin que je ne boirai jamais?

14:46 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |