24 février 2012

La presse qui marche, la presse qui vend

Mais où sont donc partis tous les lecteurs de la presse écrite?

Quels sont aujourd'hui les supports papier qui comptent dans le PEF? (Paysage Editorial Français).

Le Monde? Le Figaro? Libé? L'Huma? Vous n'y êtes pas.

Le Courier International? Valeurs Actuelles? L'Express? Le Point? Capital? Que nenni!

Art & Décoration? La Revue du Vin de France? Pas du tout!

Le premier titre de la presse écrite, en France, c'est TV Mag, avec quelque 6 millions de lecteurs.

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Bientôt dans la Pléiade?

 

Le Français s'intéresse donc plus aux programmes de la télévision qu'à n'importe quel magazine d'opinion ou spéclalisé.

Je dois faire attention: à 50 ans bientôt, le spectre de la ringardise se dresse devant moi, je n'ai pas envie qu'on me dise que je vis dans le passé. Mais tout de même, un magazine télé au premier rang de la presse de France. Le pays des belles lettres, de Voltaire, de Racine, de Rabelais, d'Hugo!

A la télé ce soir

En attendant, il faut vivre avec son temps. Je m'en vais donc vous donner le programme de votre soirée télévisée.

19H30: "Questions pour un Vigneron", émission jeu présentée par Julien La Perce.

20h00: Journal télévisé (en direct de la Romanée Conti).

20h30: Les Dossiers de la Treille. Le thème de ce soir: ' Le vin et l'Islam', illustré par le film "Indigènes Cépages", avec Jamel Gamay De Bouze.

22H30: Le Débat. "Faut-il interdire le vin de messe?"

23h00: Joly-Coeur (divertissement): Nicolas Joly reçoit ses amis musiciens bio.

23h: Le Journal du Hard, présenté en direct du Château Marg-O.

Ah, j'oubliais. Ma chaîne émet depuis Guernesey, Llivia, Neuchâtel, Couvin, Chicoutimi, Bobodioulasso, mais pas du territoire français; la compétence du CSA ne s'y exerce donc pas.

Dans l'Hexagone, en effet, on produit du vin, on en boit (de moins en moins), mais on ne peut pas en déguster à la télé. En parler, un tout petit peu, mais sans jamais le montrer.

C'était un peu pareil pour les nichons dans les films des années 50. On savait que ça existait, mais plutôt par ouï dire.

 

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (13) | | | |

23 février 2012

Les "Printemps Arabes", le vin... et plein d'autres choses

L'arrivée au pouvoir de partis islamistes dans les pays du Maghreb - en Tunisie, au Maroc et peut-être bientôt en Algérie - pourrait-elle menacer la production viticole de ces pays, et donc leur exportation?

C'est une des nombreuses questions que l'on se pose, un an après ce qu'il est convenu d'appeler les Printemps Arabes. Si je la pose ici, c'est que ce blog traite de vin. Mais il y a tellement plus à dire! Et même si cela sort de ma sphère de compétence, vous comprendrez, j'espère, mon intérêt de Français pour des pays qui partagent non seulement une histoire commune avec le mien, mais plus important, je crois, un avenir.

Hier soir, justement, se tenait dans l'enceinte de l'Université Catholique de Louvain (bel exemple de l'acception grecque de catholique, à savoir "universel") un colloque intiltulé "Les Révolutions du Printemps Arabe: un premier bilan, un an après". Organisé par les étudiants de l'Arabikap, il réunissait les ambassadeurs des trois pays cités, MM. Amar Bendjama (Algérie), Farhat Ridha (Tunisie) et Samir Addhare (Maroc), ainsi que le Professeur Erwan Lannon, du Collège de l'Europe, le professeur Vincent Legrand, de l'UCL, et le représentant du Ministère belge des Affaires Etrangères, François de Kerchove.

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A l'UCL, hier, avec l'Arabikap

Ces personnalités de premier plan et très bien informées ont insisté sur le caractère spontané et social des mouvements révolutionnaires, sur les différences d'approche dans les trois pays, mais aussi, sur la grande soif de liberté de leurs peuples.

Cette soif, selon eux, n'est pas synonyme de radicalité, mais d'impatience. Il faut rapidement la traduire en termes politiques.  Les attentes économiques, politiques, et sociales, sont grandes, mais pas toujours concrètes ni objectivables. Parmi les problèmes les plus urgents à régler, il y a la corruption, et les partis islamiques, qui bénéficient dans ces pays d'une certaine image de virginité, pour n'avoir jamais été aux affaires - sauf en Algérie, partiellement - font figure de recours.

Mais ils ne sont pas seuls au pouvoir, et pour prendre l'exemple tunisien, la récession économique constatée depuis la Révolution du Jasmin ne devrait pas les inciter à priver le pays d'une source d'emploi et de devises importantes comme la viticulture, mais plutôt, à tout faire pour remettre l'économie sur les rails, et au premier chef, le tourisme.

Cela passe évidement par le rétablissement de l'image de "pays ami", de pays ouvert que la Tunisie avait su se construire. Idem au Maroc, où de nombreux Européens se sont installés, qui apportent beaucoup à l'économie.

La réaction de l'Europe sera également déterminante: respecter le résultat des urnes, dialoguer avec ceux que les Tunisiens et les Marocains ont désignés, c'est la meilleure façon pour les Européens de précher pour la démocratie par l'exemple. Plutôt que d'ostraciser, de stigmatiser, il faut parler, convaincre, échanger et commercer. La rue arabe ne comprendrait pas, en effet, que l'on traite plus durement, notamment dans les relations économiques, la démocratie d'aujourd'hui que la dictature passée.

Par ailleurs, j'ai noté dans la bouche de l'Ambassadeur de Tunisie un autre élément encourageant: les événements récents ont relancé le processus de rapprochement des économies de la région au sein de l'Union du Maghreb Arabe, une communauté économique dont l'idée est dans l'air depuis les années 70, mais que les dictateurs se sont bien gardés de faire avancer. Cette idée est pourtant on ne peut plus d'actualité: le coût de la non-intégration maghrébine est de l'ordre de deux points de croissance par an...

J'en saurai plus dans quelques jours à Paris, où j'en parlerai avec le directeur des Caves de Carthage, mon ami Belgacem D'Khili.

17:27 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe, France, Maroc, Tunisie | Tags : vin, printemps arabe, révolution | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |